CONCLUSION
Tel est l’ensemble du tableau économique du Cambodge. Toutes les richesses qu'il renferme ont été inventoriées. Les faiblesses des habitants ont été signalées, le danger de linvasion étrangère a été exposé et la bienfaisante influence du protectorat français a été démontrée. j
Pour nous résumer et conclure, nous avons fait voir que les richesses de la terre, aussi bien aquatiques que terrestres, sont en abondance dans Île pays. Les habitants ne sont pas encore réveillés de leur léthargie économique qui les a frappés depuis les temps déjà lointains des invasions. C’est à grand?peine et moyennant des mesures de protection de pius en plns sévères que legouvernement du protectorat dégage, progressivement, pour que le remède ne soit pas plus nuisible au pays que le mal lui-même, les indigènes du flot des immigrants asiatiques,
Nous avons aussi montré que le protectorat protégeait aussi contre les destructions irraisonnées Îles arbres et les animaux; qu'il faisait tous ses efforts
pour encourager l’émulation chez les indigènes.
Les mesures administratives en vue de faciliter les échanges, par la multiplication des voies de communication, on été mises en valeur.
Nous avons aussiindiqué les progrès encore désirables : la rareté des capitaux, l'intérêt qu'il y aurait à faciliter le crédit en rassurant l’oscillation du taux de la monnaie.
Ces dernières années les améliorations ont été assez remarquables au Cambodge au point de vue économique. L'importance et la durée de la crue du Mékong notamment en 1907, ont permis delivrer une étendue plus considérable à la culture du coton dont la récolte satisfaisante a apporté un élément d’affaires appréciable dans la colonie. On étudie en ce moment un projet de construction de voie ferrée entre Phnôm- Penh et Baitambang. Il y aurait un intérêt majeur à faire cesser l'isolement dans lequel se trouvent pendant la saison sèche les provinces nouvellement acquises au Cambodge.
C’est précisément la difficulté des communications qui a permis aux bandes de pirates, à l’abri d’une répression immédiate, de jeler le trouble dans une partie de la province de Battambang au cours de l'année 1908.
On voit donc que l’on ne peul que regretter seulement la lenteur des progrès accomplis et souhaiter que les colons deviennent plus nombreux au
Cambodge, où les richesses s'offrent pour ainsi dire
d’elles-mêmes à l’activité qui voudrait les recueillir.
Maiheureusement, les résidents de province, qui ont entre les mains un pouvoir pour ainsi dire absolu, n’en usent pas toujours pour le plus grand bien de leurs administrés ; parfois ils ne comprennent pas la mentalité indigène et nous pensons que l’on aeu tort, après avoir détruit le mandarinat cambodgien, de le remplacer par un mandarinat blanc.
Il est regrettable que les résidents ne soient pas soumis à un contrôle plus étroit et queles missions d’inspecteurs des colonies négligent de vérifier l’imputation des crédits alloués aux budgets résidentiels. On éviterait ainsi bien des dépenses irrégulièrement faites.
Il n’est pas douteux que les abus encore si nombreux et les négligences administratives encore si évidentes dont souffre, il faut bien le dire, la prospérité du Cambodge, sous un gouvernement clairvoyant disparaîtront à bref délai et accélèreront encore les heureux progrès que notre pays de protectorat nous a montrés au cours de celle étude.