PORT
Assistance médicale indigène. — Un arrêté du 2 décembre 1916 réglementait le service médical et l'assistance indigène.
Tous les médecins devaient concourir à l'assistance médicale et un dispensaire devait être créé là où se trouvait un médecin, où se donnaient des consultations et où des indigènes pouvaient être hospitalisés.
Mais la pénurie de personnel médical entrava longtemps l'effort et la bonne volonté du gouvernement local. Il n'avait été jusque là fait appel qu’au corps de santé des troupes coloniales épuisé par la guerre et dont au surplus le recrutement était en partie tari.
Aussi le gouvernement a, pour parer à cette crise, décidé d'attirer au Cameroun de jeunes médecïns civils désireux de se créer une situation aux colonies et la création de 22 postes a été prévue.
Il y a eu de la part de l'administration locale un très gros cffort fait afin de faire bénéficier les indigènes des bienfaits de la médecine et de la science des Européens.
Il n'a été entravé que par le manque de médicaments, l'affluence des malades ayant de beaucoup dépassé les prévisions faites. En 1919, les postes médicaux ont fourni 55.783 consultations pour 186.696 en 1920.
L'autorité française n’a pas non plus négligé la prophylaxie des maladies contagieuses telles que la. variole et la lèpre qui sont très répandues. Le nombre des vaccinations a été de 22.934 en 1918, 43.200 en 1919 et 50.746 en 1920.
Deux léproseries ont été rétablies dans la région de Yaoundé et deux autres dans la région d'Ebolowa. En outre, deux villages agricoles de lépreux ont été reconstitués dans la région d'Ebolowa.
La maladie du sommeil existe à l’état épidémique dans la région du Haut Nyong. Une lutte énergigue a été entreprise et un centre d'hypnoserie a été ouvert à Ayos dès 1920. TN est
CEE à
en mème temps un centre d'instruction pour le personne] médical.
Législation sociale. — Une des premières mesures prises dès l'occupation des troupes alliées fut l'interdiction de la vente et de l'échange de toute boisson alcoolique ou fermentée aux indigènes. L'arrèté du 20 décembre 1916 a maintenu ces dispositions et interditde se servir d’intermédiairesindigènes pour la vente des boissons alcooliques. En outre. l'arrêté du 7 décembre 1920 portant à 800 francs par hectolitre les droits à percevoir par hectolitre d'alcool pur distillé et l'arrêté du 15 décembre 1920 qui a élevé les droits de consommation à 1 fr. par litre d'alcool pur ont eu pour but, en dehors de ressources budgétaires appréciables, d'interdire aux indigènes la consommation de l'alcool.
La culture et la consommation du chanvre, autre toxique plus répandu chez les indigènes, ont été interdits par l'arrêté du {8 août 1917.
L'arrêté du 18 août 1917 à interdit la mise en gage des personnes indigènes du sexe féminin. La mise en gage de la femme, avait en général pour origine une perte au jeu éprouvée par le mari et ces pratiques avaient en fait tous les caractères de l'esclavage.
L'antropophagie est peu répandue. Cantonnée dans certains districts forestiers du centre et de l’est,elle est très difficile à déceler.
L'émigration des indigènes est soumise à l'autorisation préalable de l'administration. Cette mesure édictée par l'arrêté du 30 juin 1917 a été déclarée applicable aux femmes originaires du Cameroun que pouvaient épouser des indigènes originaires des colonies françaises.
Tels sont brièvement résumés les cadres de la nouvelle organisation française au Cameroun. Sans doute l'œuvre n'est pas parfaite, mais un gros effort d'adaptation a été fait ainsi qu'il est possible de Je constater par ce simple exposé.
Depuis 1916, la colonie a été dotée d'un budget autonome.
Si les premières années ont été difMiciles à équilibrer, pendant l'année 4920, l'excédent budgétaire a été considérable.
En effet, le total des recettes s’est élevé à 14.035.605 fr. et celui des dépenses à:................ 6.889.871,59 SOIT Un eXCeUENL AE... Cent 7.145.733,41
Il est destiné à constituer une caisse de réserve afin d'entreprendre des travaux d'amélioration des ports et d'assurer la continuation des voies ferrées, enfin à parer au déficit que la crise mondiale pourrait apporter dans l'avenir aux ressources financières de la colonie.
Outillage économique. — Le Cameroun, en 1914, était desservi par deux lignes de chemin de fer. Le chemin de fer du Nord entièrement exploité de Bonabéri à Nkongsamba (160 kilomètres) le chemin de fer du Centre en exploitation sur 150 kilomètres.
La Kameroun Eisenbahn Gesellschaft avait eu la concession de l'exploitation du chemin de fer du Nord à charge d'assurer la construction de la ligne. De Nkongsamba la ligne devait former l’'amorce d'un chemin de fer de pénétration vers le nord. Un avant projet prévoyait le prolongement vers Garoua.
Le (Mittelland Bahn » devait être une voie de pénétration vers le sud et le sud-est. Les Allemands ambitionnaient d'en faire une voie de pénétration vers les régions du Moyen Congo et à travers le Congo Belge, pour réaliser la jonction du Cameroun Occidental et de l'Est africain.
Pendant les opérations de guerre ces deux voies avaient subi maintes déprédations. En se retirant, les Allemands détruisirent les ouvrages d'art, le matériel fut détérioré ou rendu inutilisable. Au fur et à mesure de l'avance de nos troupes, les services du chemin de fer s’'employèrènt à re-