‹ Le Cameroun Depuis le Traité de VersaillesChapitre 15 sur 33 · LEP · texte numérisé non relu

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mettre en état le matériel roulant et à rétablir les ouvrages métalliques par des ponts de fortune.

Les deux voies dont il est question seront étudiées au point de vue économique dans la troisième partie. Leur développement sera le facteur le plus puissant de l'évolution sociale du pays, aussi les projets qui sont à l'étude méritent d'être signalés.

Le projet de prolongement du chemin de fer du Nord vers Garoua, bien qu'ayant été étudié par les Allemands,avait été abandonné par eux à raison des difficultés que la construction de la ligne aurait présentées, de plus, son tracé était un peu excentrique. Le rail ne traverserait qu’un pays de pâturages, peu peuplé. L'exploitation aurait donc été d'un médiocre rendement. L'autorité française s'inspirant des observations et des études antérieures ne s'est pas attardée à l’examen de ce projet.

Il n’en est pas de même du chemin de fer du Centre. Achevé sur 180 kilomètres, sa plate-forme est sérieusement avancée sur 50 environ. À cet endroit, le tracé se divisait en deux branches, l'une se dirigeant vers le Nyong, l'autre remontant vers Yaoundé.

L'une était l'amorce du trans Africain qui devait desservir le Mittel-Afrika, l’autre devait remonter vers le Tchad par Garoua.

Le projet vers l'est qui était le rève pangermain n'est pas à retenir pour nous car, en admettant que le rail soit prolongé jusqu'à Ouesso, il serait impossible de lutter pour l'évacuation des produits par Douala avec la batellerie de la Sangha. De plus, toute la région est pauvre en habitants.

Vers le Nyong, bien que la situation soit meilleure, le pays étant plus peuplé et plus riche en palmistes, en caoutchouc, et plus propice aux cultures tropicales, les débouchés du chemin de fer sont apparus d'autant plus insuffisants que les

produits de cette région peuvent s'écouler par le Nyong, navigable aux petits vapeurs.

Il n'en est pas de même du tracé vers le nord. Son itinéraire traversera la riche région populeuse de Yaoundé, siège du Commissaire Général et desservira les centres de Deng- Deng, Koundé, Oma pour aboutir dans la région du Nord qui jouit déjà d’une civilisation avancée. Des jonctions pourront se faire avec cette voiesoit par des Decauvilles, soit par les cours d'eau navigables et assureront ainsi au territoire de l'hinterland, l'écoulement rapide de leurs produits vers la mer,

Les routes. — Les routes sont encore peu nombreuses au Cameroun, du moins celles véritablement dignes de ce nom et accessibles aux moyens de locomotion moderne. La plus importante est celle qui relie Yaoundé à Kribi ; avec un embranchement partant de Lolodorf sur Ebolowa.

Des projets sont en voie d'exécution journalière, notamment la piste qui relie Otilé, future station du chemin de fer du Centre à M'Balmayo,origine de la navigation sur le Nyong, devra être rendue possible à un trafic automobile assez intense.

D'autres sont à l'étude, telles que la route de Yaoundé à Bafia, de Dschang à Bana.

D'ailleurs l'utilisation soit des transports automobiles par routes, soit des voies Decauville, doit s’intensifier au fur et à mesure que les crédits et l'outillage se développeront, permettant ainsi de substituer au portage humain des moyens de locomotion plus modernes.

Le portage est une des rançons les plus pénibles payées par l'indigène à l'introduction de la civilisation. L'avenir du pays est lié à sa disparition.

Le port maritime. — L'estuaire du Wouri, embouteillé par les Allemands en 191%, n'a pas encore été débarrassé des

épaves qu'ils y coulèrent. Des travaux de balisage ont été entrepris, mais le draguage du chenal n’a pas encore été assuré. Le port de Duala est resté à peu près tel que les Allemands l’abandonnèrent. Il y aura lieu surtout d'améliorer les moyens de chargement et de réduire les manutentions ; de creuser le chenal pour permettre aux navires calant 8 mètres de parvenir à Duala à marée haute.

De plus, il est nécessaire de prévoir la construction d'un quai permettant aux navires d'effectuer leurs opérations de chargement et de déchargement et d'y établir des voies et un outillage d'exploitation.

Enfin, la reconstitution et l'amélioration du matériel flottant actuel est encore entièrement à faire.

Réseau de communications téléphoniques. — Le Cameroun est relié par deux câbles sous-marins se dirigeant vers le Nord à Bonny (Nigéria) d'une part et à Lomé (Togo) d'autre part. Il serait nécessaire pour éviter d'emprunter les cäbles anglais,très onéreux de mouillerun càble entre Douala et Libreville, ce port étant en communication directe avec Dakar et Brest. Un poste de T. S. F. secondaire avait été installé par les allemands à Douala. Il était en relations avec le poste à grande puissance de Kamina au Togo. Un second poste sera installé à Yaoundé, chef-lieu de la colonie et comniquera avec la France par le poste intercolonial en construction à Brazzaville et avec le Tchad par celui qui devra être construit à Garoua.

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