CLIMAT. — ÉTAT SANITAIRE. — RACES ET IDIOMES
Situation géographique du Cameroun.—[L'ancienne colonie allemande du Cameroun s'étendait de la pointe nordest du golfe de Guinée, entre le 4° 15" de latitude sud et le 130 10’ de latitude nord,et le 8 25’ et le 180 35,de longitude est: La superficie de ce territoire était évaluée avant 1911 à 492.000 kilomètres carrés. Après les accords franco-allemands de 1911 elle fut portée à 756.000 kilomètres carrés.
Cette colonie était limitée au nord-ouest par la Nigéria, à l'est et au sud par l'Afrique Equatoriale Française. Sur le côté ouest, la Guinée espagnole forme une enclave dans son territoire.
La frontière entre le Cameroun et la Nigéria, de la mer à l'embouchure de la Akwayafe (Eliana) affluent de la Benoué, à la hauteur du 42° 55’ de longitude est, a été définie par lac” cord de Londres du 11 mars 1913. Elle décrivait un arc de cercle à l’est de Yola à une distance de 50 kms environ el se dirigeait au nord-est vers le lac Tchad qu'elle atteignait à :la pointe méridionale.
PS
La frontière entre le Cameroun et les territoires français avait été déterminée par la Convention de novembre 1911 et la déclaration du 28 septembre 1912. Le tracé avait été établi par la mission de délimitation de 1912-1913, mais n'avait pas encore été ratifié avant la déclaration de la guerre.
La frontière de la Guinée espagnole, au sud-ouest, a été fixée par la convention du 27 juin 1900. Elle forme deux parallèles à la hauteur du 4° et du 2 10’ de latitude nord, au nord et au sud. A l’est, elle est parallèle au méridien de Paris à 90 à l'est. A l'extrémité de l'angle sud-ouest de cette enclave, une bande de terrain avait été donnée aux Allemands pour permettre la construction d’un chemin de fer et d'une route.
Le 4 mars 1916, un accord a été conclu entre la France et l'Angleterre pour se partager les territoires allemands qui avaient été conquis par les troupes alliées.
Au terme de cet accord, la France était chargée de l'administralion de la presque totalité du Cameroun à l'exclusion :
1° De la zone voisine de la Nigéria dont la limite est formée, d'abord, par une ligne droite de Yola à Wro-Mali, puis par une ligne aussi droite que possible de Wro-Mali à la baie de Bimbia et nous laissant : Banyo Fumban, Baré, et la totalité du chemin de fer Baré-Bonabéri.
2 De l'enclave correspondant à la région Bornou incorporée dans le Cameroun de façon à réunir tout le territoire dépendant de l'Emir. Cette enclave forme un demi-cercle. partant de Wilgo sur le Tchad et passant par Kutélaha, Woma, Nagissa, Isaga, dans la direction Kabairi.
Le territoire cédé en 1911 et constituant le nouveau Cameroun fut laissé sous l'administration de l'Afrique Equatoriale Française.
La date fixée pour le transfert des territoires aux autorités anglaises était celle du 31 mars-ler avril 1916.
L'accord du # mars 1916 n'avait qu'un caractère provisoire
CRD
Postérieurement au traité de Versailles du 29 juin 1919, les gouvernements de Londres et de Paris signèrent le 40 juillet 1919 une déclaration portant détermination de la frontière séparant les territoires du Cameroun placés sous leurs deux autorités respectives. Un élargissement de la zone anglaise a été concédé par la France dans la région du Bornou. Au sud la frontière à été remaniée de façon à laisser entièrement en territoire français la route construite par l'administration allemande, qui, partie de la côte,se dirige vers le Tchad.
En échange de cet agrandissement, dans la région du littoral, la France cède dans le nord, une importante région dont les tribus se rattachent naturellement à la Gold Coast britannique.
L'article T de cette déclaration est consacré à la description de cette frontière sur la carte. L'article 2? énonce certaines modalités suivant lesquelles devra s'effectuer l'application sur le terrain de la nouvelle frontière.
Les opérations de délimitation provisoire de cette frontière ont été terminées en janvier 1921. Une mission de délimitation définitive devra procéder à l’abornement de la frontière décrite par l'accord de 1919.
Divisions territoriales, — Les auteurs qui ont déja écrit sur le Cameroun, s'accordent pour le diviser en régions nettement marquées géologiquement et climatériquement. Ces divisions naturelles, évidemment mal délimitées, sont tant soit peu conventionnelles. Dans son étude sur les territoires du Cameroun occupés par les troupes françaises (Thèse pour le Doctorat, précitée) M. le Commandant Marabail, l'a divisé en Pays Bas du Cameroun, Cameroun Méridional, Plateau Central du Cameroun et Cameroun Nord.
D'autres auteurs, notamment M. Camille Martin dans une très sérieuse étude, publiée par les soins du Comité de l'Afrique française le divise en un plus grand nombre de
régions naturelles : le Mont Cameroun, la Région du Cross, les Pays-Bas du Cameroun, le Cameroun Méridional, le Haut Plateau Central, la Région d'Adamaoua et le Pays du Tchad.
On peut diviser le territoire plus simplement en plateau Camerounien, Région Côtière, Région Montagneuse d'Adamaoua, et Bassin du Lac Tchad.
Plateau Camerounien, — Ce plateau décrit un arc de cercle en se dirigeant vers le nord entre le 86’ de latitude Nord, et s'étend dans l'intérieur du pays du 10° au 15° ou 16° de longitude est. Ces montagnes s'élèvent plus ou moins abruptement dans le centre de la région d'Adamaoua (de 300 à 600 mètres au-dessus du niveau de la mer) jusqu'à des hauteurs de 1200 à 3000 mètres.
Cette crête montagneuse s'étend vers le sud en descendant par une série de plateaux de 900 à 1500 mètres au-dessus du niveau de la mer et finit par s’étaler en un remarquable plateau d'environ 600 mètres d'altitude.
Dans certains endroits ce plateau est tout à fait plat ; dans d’autres, il est coupé d'arêtes et de cavités, tandis que dans le sud il s'élève sur les deux rives de la rivière Dja, jusqu'à une altitude de 1000 mètres environ.
Le plateau Camerounien s'abaisse progressivement jusqu’à la région côtière de l’ouest.
Au nord les hauteurs de Manengouba forment une transition entre les régions élevées et les Pays-Bas de la Côte.
Au sud de ces hauteurs, le plateau descend en deux gradins de 1000 à 2000 mètres jusqu'à la plaine côtière.
La Région côtière est divisée en deux parties inégales par la masse volcanique du mont Cameroun (3900 mètres). Vers le nord-ouest, une bande de terre d'alluvions, large de 400 à 480 kilomètres, marécageuse et profondément échancrée et dentelée, s'étend dans l'intérieur jusque vers la région des collises. Au sud, une semblable région d’allu-
it
vions, limitée du nord au sud part de Kampo et traverse la Guinée espagnole. Cette région est traversée par des rivières importantes.
Région montagneuse d'Adnmaoun. — Elle est pour la plus grande partie assez plate (450 à 600 mètres) d'altitude et est divisée en deux parties par la large et basse dépression
de la Bénoué. Malgré tout, s'élèvent dans cette région, des
blocs montagneux comparables, comme altitude au plateau Camerounien. Au sud de la Bénoué, se trouvent plusieurs massifs, identiques, notamment le long de la frontière ouest de la Colonie. Au nord de la Bénoué, se trouvent les montagnes de Mandara (1200 mètres). Sur le versant septentrional, les terres descendent uniformément jusqu'aux plaines alluviales du Logoné et du lac Tchad.
Le bassin du 1ac Tchad se compose pour la plus grande partie d'une grande plaine qui s'abaisse à peine vers le nord. À deux ou trois endroits, des collines et des crètes émergent. Ailleurs, le terrain est ondulé par des monticules de sable. Cette région se transforme en un véritable lac à la saison des pluies.
Le Rivage de la Mer. — La côte qui s'étend sur 355 kilomètres de longueur est basse et marécageuse. Les alluvions apportés par les rivières ont formé de nombreux bancs de terre qui tendent à former des lagunes. En quelques endroits, cependant, entre Kribi et Kampo, et particulièrement autour du Mont Cameroun, la côte est rocheuse.
Sur la côte, dans la baie d'Ambas, s'élève la ville de Victoria. Cette baie quoique exposée aux vents d'ouest est excellente. Dans le golfe du Cameroun qui s'étend entre le Cap Cameroun et la pointe de Suelaba, se trouve un estuaire ‘large de 8 kilomètres environ et formé par les eaux des rivières Mongo, Wouri, Delambe et par un bras de la Sanaga.
ak ee
Sur le Wouri, dans le golfe de Cameroun est situé Duala, le meilleur port naturel de cette partie de la côte occidentale d'Afrique. Au sud, Kribi était le port le plus important et de là partent des routes vers l'intérieur. Les autres ports à signaler sont Rio del Rey et Kampo.
Systèmes hydrographiques. — On peut les diviser en deux groupes : les rivières de la côte: Mungo, Wuri, Sanaga, Nyong, Kampo, San Benito {dans la Guinée Espagnole) en y comprenant les affluents de l'Ogoué.
Les rivières du lac Tchad, qui comprennent le Chari et ses tributaires, le Logone et les affluents de ce dernier. Le bassin de la rivière Bénoué qui se jette dans le Niger; les rivières du bassin du Congo avec le Dja, tributaire de la Sangha.
La caractéristique de toutes ces rivières est qu'elles ne sont pas navigables dans la plus grande partie de leur cours ; elles sont coupées par des chutes vers le commencement de la zone côtière. Cependant, les eaux du Wouri sont assez profondes, pour recevoir des bateaux calant près de 8 mètres et les eflets de la marée se font sentir en amont de Duala et de Bonabéri.
Le Mongo est navigable pour les petites embarcations jusqu'à Mouhdamé, le Wouri jusqu'à Yabassi, la Sanaga jusqu'à Edéa, jusqu'aux chutes Herbert, hautes de 30 mètres. Le Nyong est navigable sur 35 kilomètres. Par delà il est parsemé de rapides jusqu'à Mbalmayo ou il redevient navigable pour les petites embarcations. La Ngoko est navigable jusqu'à Fort Soufflay situé en amont de Moloundou. Les tributaires du Tchad ne sont également navigables que pour les petites embarcations.
Climat. — Les différents caractères des régions naturelles exercent une grande influence sur la température.
TR) te =
Région Côtière. — Sur la côte, la température est élevée malgré la proximité de la mer et de la forêt sans toutefois qu elle soit excessive. Les variations annuelles sont légères. Les variations journalières sont plus grandes et augmentent à mesure qu'on se dirige vers l'intérieur.
A Duala, le mois le plus chaud est février avec une température au-dessus de 26050 C/, le plus froid août, avec des températures au-dessous de 2305 C/.
Le Mont Cameroun forme une exception dans les conditions climatériques de cette région. La saison des pluies n'est pas délimitée, mais les mois de juillet, août et sep-
tembre sont les plus pluvieux.
Plateau Central Camerounien. — La température est plus basse que sur la côte et les variations journalières sont environ le double de celles de la région cotière. La variation annuelle est faible. A Yaoundé en février, mois le plus chaud, on note 2% C/ et en juillet le plus froid 210 C/.
Région du lac Tchad. — Ce bassin comme celui des terres basses de l'Adamaoua à une température beaucoup plus élevée et les variations quotidiennes et annuelles sont nettement plus marquées. La température, qui est la plus basse en avril, atteint le point le plus élevé en juillet, elle tombe en août pour se relever en octobre.
En janvier, à Fort Lamy, on a noté des températures de 240 et 220 C/. En avril, le thermomètre monte à 33° C/. Une température qui atteint 120° F est commune à la saison chaude à midi. La différence entre les mois les plus chauds et les plus froids est nettement marquée.
La chute des pluies varie beaucoup d'année en année comme sous tous les tropiques. Les vents du S-0 venant de la mer, apportent une grande quantité d’eau. D'une manière genérale, il pleut davantage dans la région côtière et les chutes de pluie décroissent progressivement vers l'intérieur.