‹ Le Cameroun Depuis le Traité de VersaillesChapitre 3 sur 33 · D NN · texte numérisé non relu

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Duala reçoit une hauteur de 3 m.937 et en 1912 on a noté 4 m. 625 et 204 jours de pluie. A Yaoundé on a mesuré une hauteur d'environ 4 m. 574.8 mm et en 1912, 1 m. 392,3 et 1143 jours de pluie. À Garoua, sur la Bénoué, on a mesuré 736 cm 6 et en 1912. 880 cm 3 et 66 jours de pluie. Le versant ouest des montagnes du Cameroun est une des régions les plus pluvieuses du monde. Le régime des pluies est très différent entre le sud et le nord de la Colonie. Au sudily à deux saisons sèches. La première, de décembre à février, est nettement marquée en deux saisons des pluies, une première en avril, et une seconde en septembre-octobre.

Dans l'Extrême-Nord, il y a une simple saison sèche de huit mois environ et une saison des pluies qui atteint son maximum d'intensité en juillet et août.

Etat sanitaire. — Les conditions d'hygiène sont entièrement défavorables à l'Européen et le paludisme y sévit. Il est dominant dans la région côtière, le bassin du lac Tchad et la vallée de la Bénoué où s’étalent partout en abondance des eaux stagnantes. On le trouve également dans les parties basses du pays montagneux d'Adamaoua, au centre et au nord et même dans la savane du plateau.

Au-dessus de 1200 mètres, le paludisme disparaît, mais dans ces régions élevées, apparaissent la dysenterie et les maladies des voies respiratoires, bronchites et bronchopneumonies où elles causent de sérieux ravages parmi la population indigène. Les Européens peuvent plus aisément s en préserver.

Les maladies cutanées y sont nombreuses. La lèpre est particulièrement répandue dans la région montagneuse d'Adamaoua, et elle se rencontre dans toute la région forestière. La gale, le pian sont également communs. Des épidémies de variole ont quelquefois dépeuplé des régions entières. Dans le pays Laka, entre le 7° et le 9 de latitude,

nord, environ 90 0/0 de la population mâle est atteinte par la filariose ou le parasitisme intestinal. Enfin, la terrible maladie du sommeil, dénommée scientifiquement trypanosomiase est fréquente le long des rives du Nyong, de. la Sanaga, de la Doumé et de la Ngoko et de leurs tributaires.

Les maladies vénériennes, notamment la syphilis, font des ravages considérables, tant parmi la population indigène que parmi la population européenne. Elles débilitent la race indigène et enlèvent souvent à l'Européen l'énergie morale nécessaire pour lutter contre la dépression physique due au climat etaux conditions matérielles souvent pénibles dans lesquelles il vit.

A côté de ces maladies graves, existe toute la gamme des affections exotiques, ulcères cutanés, éléphantiasis, etc. En ce qui concerne ce chapitre de la santé publique nous renvoyons à la très sérieuse étude faite par M. le Docteur G. Martin dans son livre l’Existence au Cameroun et où il traite ces questions avec une compétence qui ne saurait être dépassée.

Races et idiomes. — L'étude des races et des idiomes du Cameroun dépasserait de beaucoup le cadre de cet ouvrage. D'ailleurs des études ont déjà été faites et nous renvoyons notamment au livre de M. Bruel sur l'Afrique Equatoriale et aux rapports des missions de délimitation Cotte et Périquet où la plupart de ces tribus et leurs idiomes ont fait l'objet d'observations approfondies. Nous nous contenterons de quelques indications générales.

Le Cameroun est peuplé d'une infinité de races et de tribus qui ont d'étranges affinités avec les peuplades limitrophes de l'Afrique Equatoriale Française. On retrouve d’ailleurs, des ilots de population disparates et souvent très éloignés de la région de leur principal groupement. La répartition par région de cette poussière de peuples est un

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problème difficile à établir à l'exception des Dualas qui forment un noyau de 20.000 hommes environ autour de la ville de Duala et qui ne se sont jamais essaimés à l'intérieur du pays. Extrêmement évolués, ces indigènes sont depuis longtemps en rapports commerciaux avec les Européens. Hs sont soumis à l'autorité de deux grands chefs auxquels se rattachent les deux principales tribus des Bell et des Akouas.

Les Dualas ont un idiome qui leur est propre maïs la langue commerciale est le « pidgin english ». On peut même dire que c'est la langue passe-partout du Cameroun. Dans les régions les plus reculées, nous avons toujours rencontré dans les villages quelques indigènes qui la possédaient plus ou moins et qui pouvaient ainsi servir de truchement.

La masse de la population eomprend des Soudanais et des nègres Bantous. La ligne de démarcation entre ces deux groupements est comprise entre le pays de savane du nord et la région forestière du sud, elle n’a rien d’absolu. D'autres tribus se sont infiltrées au milieu de ces deux groupements de race de même origine. Par contre, dans la région du Moloundou, les Bangandous d'origine soudanaise, sont installés près de Moloundou sur la Ngoko. Ils ont même dépassé la frontière sud. Cependant malgré ce qu'elle a d’arbi-

traire, on peut s'en tenir à cette division.

Parmi les tribus Bantous, nous classerons les groupements Bakokos et Bakoudou dans la région sud-ouest ainsi que le groupement Maka. Enfin le groupement Kaka de la région est et le groupement Mfang. Dans la région sud-est le long des rivières la langue Bangala est d'un usage courant. L'histoire des tribus d'origine soudanaise est extrêmement obscure et leurs idiomes diffèrent beaucoup. Actuellement il est possible de les classer ainsi :

1° Les groupements parlant les mêmes idiomes et qui se répartissent dans toute la colonie et principalement au sud

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du Lac Tchad (Margis, Vandalas, Mandaras, Goumergous, Kotokos et Mousgou).

2 Au sud de ces groupements les Fallis qui semblent avoir des affinités de langage avec les tribus du Soudan occidental.

Dans la région forestière, voisinant avec les Bantous, les Babingas rappellent les Pygmées de l'antiquité. Vraisemblablement, ils représentent les derniers descendants de la population primitive. Ils sont très peu nombreux et en voie de disparition. Leur langage est inconnu.

Le groupement le plus important après les groupements Bantous et des tribus Soudanaises est le groupement Foulbé qui comprend les Bororos et les Foulbé nomades (Arabes Choas). Ces groupements peuvent encore se classifier en Peuhls, Haoussas, Choas et Kanouris.

Popalation. — La population du Cameroun était évaluée par les Allemands en 1915, à plus de 2.649.000 habitants. Mais cette population n'est pas uniformément répartie. Elle est clairsemée dans le sud-est et le centre de la colonie; plus dense au nord et à l'ouest. Dans les circonscriptions de Duala,Baré, Dschang et Yabassi la densité est assez élevée,45, 32, et 20 h. par km”. Dans la région nord la moyenne est de 7 habitants par km?.

D'une manière générale, il est possible de dire que la région forestière du sud, exception faite de la côte et du versant septentrional,les pays de savane du sud, de l’'Amadaoua ont une population moins dense que dans le bassin du Tchad, le nord de l'Adamaoua, le bassin de la Bénoué et les rives du Logone où elle est plus élevée.

La forme type des habitations est le petit village isolé bâti le long d'une route pour les Bantous et la région forestière. Dans les pays de savane on trouve des villages formés des huttes séparées (Haufendorfi) quelquefois de grandes dimen-

sions, parfois entourées de murs. Dans certains endroits les cases sont entourées d’une enceinte fortifiée.

Il convient de signaler que les Bororos et les Choas dans le nord de la colonie sont des nomades.

En 1913 il y avait 1871 européens au Cameroun dont 1643 allemands. Les résultats du dernier recensement (août 1921)

sont encore inconnus.

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