VIII AVIS DE L'ÉDITEUR
contrôle de tous les faits et de tous les documents, nous avons maintenu en bas des pages les nombreux renvois aux Annexes qui se trouvent dans l'édition officielle. Mais il est bien entendu que ces renvois aux Annexes se rapportent au volume in-4'' imprimé pour les membres de l'Assemblée nationale, — tandis que, au contraire, les renvois à V Appendice se rapportent à notre édition et au présent volume.
ET
L'histoire du camp de Cbnlie',' c*ésl celle 3è fârmée de Bretagne ou, pour parler plus exactement, celle des contingents mobilisés fournis parles départements bretons : Côtes-du-Xord , Finisière, ÎUe-et- Vilaine, Loire-Inférieure et Morbihan.
D'après le rapport officiel sur l'organisation des gardes nationales mobilisées*, le contingent mobi-
* Rapport présenté par le chef de la division d*adminiS' tration générale et départementale (M. Henri Durangel) à M. Jules Cazot, secrétaire général délégué du ministère de l'intérieur, le 6 février 1871. Ce rapport est un excellent résumé de toutes les mesures générales prises par la délégation de Tours pour Forganisation des gardes mobilisés. D'après le tableau qui termine ce rapport, voici le contingent mobilisable de chacun des départements bretons : Gôtes-du-Nord , 17,500 hommes (population, 641,210); Finistère, 13,950; (population, 662,485); Ille-et-Vilaine , 17,878 (population, 593,659); Loire-Inférieure, 17,317 (population, 598,598); Morbihan, 12,660 (population, 501,084); total, 79,305 hommes inscrits aux rôles de la garde natioâSte mobilisée.
lisable de ces cinq départements arrivait, à peu de chose près, au chiffre de 80,000 hommes (79,305).
Un effort considérable a été, dès le mois d'octobre, fait par la Bretagne pour mettre immédiatement ce contingent en état de prendre une part active à la défense nationale, et tandis que, dans le reste de- la France, les mobilisés n'ont été presque partout remis à la Guerre que dans le courant de janvier 1871 \ dès la fin du mois de novembre précédent, la Bretagne avait levé plus de 40,000 hommes, et dès le 9 d.^ç&mbre, plxis 4e^ 5Ï),000.
Comment cet effort s'est-il produit? Pourquoi a-t-il avorté ?' '. ; A\ . '
C'est ce que nous avons à rechercher.
L'histoire de l'armée de Bretagne se partage en deux périodes, qu'il importe de distinguer nette-
i D'après le rapport qu'on vient de citer, « la plus grande partie des mobilisés « aurait été remise à la Guerre au commencement de janvier. Il serait plus exact de dire : dans le courant de janvier. Il est certain que , dans le Midi sur^ tout, la grande majorité des mobilisés ne sortirent de leurs départements (ceux qui en sortirent) que dans la seconde moitié de janvier, ou même le commencement de février; témoin, entres autres, les deux télégrammes suivants :
c Bordeaux, 22 janvier 1871, 5 h. 10 soir. — Intérieur à Gambetta, Lille. — Le départ des gardes nationaux du Midi s'accentue. Tous les soldats que vous avez remis à Guerre auront sous peu fait mouvement; j'ai prescrit, conome date extrême , aux préfets le l®' février pour remettre la partie de leur contingent pas encore-prête. — Signé : May. »
« Bordeaux , 5 février, 10 h. 5 soir. — Guerre à général commandant le camp des Alpines. — Insistez énergiquement pour que le départ des mobilisés ne souffre pas de retard ; il ne faut pas que l'ennemi puisse dire que les mobilisés du Midi ne veulent pas servir le pays. — Signé : G. db Frkycinet. «
ment dès Tabord : la première, du 22 octobre au
27 novembre 1870, est remplie tout entière par le commandement de M. de Kératry,-^ la seconde, du
28 novembre à la-fin de la guerre, est pour la majeure partie occupée par le commandement de M. de Marivault (du 10 décembre 1870 au 22 janvier 1871 .)
Pendant la première période, le camp de Conlie et Tarmée de Bretagne ont une organisation particulière : le général qui les commande a rang de chef d^armée, relève immédiatement du ministre de la Guerre, et est investi de pouvoirs spéciaux que nous indiquerons plus loin.
Au contraire, dès le début de la seconde période, le camp de Conlie rentre dans la catégorie des camps d'instruction, créés (au nombre de onze) par le décret du 25 novembre 1870, et dans l'organisation générale des^ services de la Guerre ; son commandant n'est plus que cbef d'un corps d'armée, susceptible par conséquent d'être mis sous les ordres d'un général d'armée; et cependant, même après que la plupart des mobilisés bretons ont quitté Conlie ponr prendre des cantonnements en Bretagne, tous ces contingents restent soumis à un commandement spécial et unique, et l'ensemble continue d'être désigné, au moins dans l'usage, sous le nom d'armée de Bretagne.