PROMESSES D*ARMBS A TIR RAPIDE
A M. le Président de la Commission d'enquête sur les actes du Gouvernement du 4 septembre,
Marseille, le 16 jnillet 1872.
Monsieur le Président,
Vous m'avez fait Thonneur de m'exprimer le désir de recevoir des renseignements plus circonstanciés sur deux points intéressant Farmée de Bretagne. Je m'empresse de vous les faire parvenir.
Vous me demandez où, à quelle époque et dans quelles conditions M. Gambetla me promit des armes à tir rapide que mon ordre du jour annonçait à Tarmée de Bretagne.
Ce fut dans ma troisième entrevue à Tours avec M. Gambetta, le 22 octobre 1870, le jour même où il signa le décret constituant Tarmée de Bretagne.
Notre discussion fut longue.
Le ministre supprima deux des sept départements désignés par ma lettre de demande de service.
Il réduisit, en outre, le nombre de soldats réguliers que je demandais comme noyau de résistance : mais, en revanche, sur la question des armes à tir rapide, nous fume» pleinement d'accord. Nous étions seuls, en téte-à-téte. 11 me désigna M. Le Gesne comme devant faire face à tous les besoins de ce genre. Gette promesse englobait même celle des chassepots disponibles , et dans les dépêches remises par moi à la Commission, vous devez en trouver une, d'une date ultérieure, émanée de la Guerre, et qui m'indiquait que je devais renoncer aux chassepots.
Je m'abouchai, en sortant de chez M. Gambetta, avec M. Le Gesne et son frère. Je discutai longuementavec eux mes besoins, et j'emportai les promesses dont vous trouvez les traces constantes dans la correspondance que je vous ai livrée. Ce qui prouvera de plus combien M. Gambetta se rappelait ses promesses si souvent invoquées par moi , c'est une dépêche que vous aveài^
* Voir ci*deMU8, p, 8.
où M. Gambelta m'annonce une future iwraisonpar la Guerre d'armes à tir rapide, en même temps que M. Le Gesne, de son côté , m' entretenait d'espérances semblables an nom de la Commission d'armement.
Veuillez agréer, etc.
Comte Ë. DE KiRATRY.