‹ Le camp de Conlie et l'armée de BretagneChapitre 25 sur 45 · VOLONTAIRES · texte numérisé non relu

VOLONTAIRES

Bataillon des francs-tireurs*. .

ARUÉB RÉGULIÈRB.

Bat. de marche du 19« de ligne.

Détachement du 25* de ligne.

Bat. démarche du 62* de ligne.

Détachement dn 86* de ligne.

Bat. de marche du 97* de ligne.

Détachem, du 1" rég. étranger.

Totaux

OBSERVATIOKS

< «rrfvM i \niriféqofl le l"" «Uoembrc

>S«nbU porte ici pour an ekiffr* trof rtibl«(80«);daafrëlii da 13 Bovembra. il mI comprit pour I.ilS hommet; daat Vélti fubliipàrU.Uj{FArwtée deBrttmçtu. p.iM),il figure poar 1. 188 ; bom iommÀ porl^ • croire qa'il faat corriger ici la chiffre 809 en 1.193.

' > Arrifë à Viré U 1*' dfeeflibre 1870.

4 Arrive i Yfr4 l*r décembre 1870.

& Ne rette fee quelqnet joart deat le difilion de mercbe de l'armée de Brelegae, d'où il peua dani le S' diti* •ioo da SI* cerpt.

6 fomd per le réeaioa dea freact-lirean de Seiat-Brieap. de Qaimper . de Foall'Abbd.'de MerUii.de le Mefeaae, dea cbai* eeara foloateiree de Neatei eldeevolo&teim girondiaa.

Les mobilises de cette division avaient été armés « du 20 au 24 novembre, avec des remingtons, des sniders, surtout des spencers, et avec les 1,400 chassepots venus de Laval dans la nuit du 23 au 24 novembre (voir ci-dessus, p. 37).

Ce que valait cet armement , le général Gougeard nous l'apprend :

c L'armement des bataillons mobilisés (dit-il dans sa brochure, p. 25) était dans le plus triste état. Les chassepots n'avaient ni aiguilles de rechange ni nécessaires d'armes , et plusieurs bataillons avaient reçu la veille ces petits fusils Spencer achetés en Amérique , sans baïonnettes , véritables mousquetons de cavalerie, d'un entretien délicat, et qui, dans les mains des paysans bretons qui en ignoraient le maniement, ne pouvaient avoir aucune valeur sérieuse. Et encore les cartouches n'étaientelles pas du calibre convenable! «

Voici, d'ailleurs, comment il jugeait la situation, le jour même où il prit le commandement de cette division :

i Au généralJaurès,

a YTré->rETéque, 28 novembre» 5 h. matin.

a Mon général ,

« Je viens à l'instant d'arriver à Yvré et de prendre le commandement des gardes nationaux mobilisés réunis dans le camp; j'y trouve un ordre de marche adressé par vous au général Kératry, qui vient dé donner sa démission.

c Mon premier devoir est de vous rendre comple de l'élat dans lequel se trouvent ces troupes. Je les crois incapables d'entreprendre , qtiant à présent^ un mouvement offensif; elles n'ont pour la plupart aucune instruction militaire, et ce n'est que pendant la journée d'aujourd'hui que je pourrai distribuer à deux de mes bataillons les armes que j'amène de Conlie, et dont ils ignorent le maniement. L'artiQerie esta peine attelée , et je reçois ce matin son complément d'approvisionnement.

« Trois pièces rayées de 16 (marine) sont destinées à la défense d'Ivré. En aucun cas, je ne puis donc partir avec les 13,000 hommes qui composent mon effectif.

ft Veuillez me donner des ordres plus détaillés ; mais , dès à présent, mon devoir me prescrit de vous dire que, connaissant les hommes que je commande , la prudence la plus élémentaire prescrit de se borner à rester sur la défensive dans

ane potiiioQ bien choisie, position qui servirait en même temps, et pendant quelques jours, de champ de manœuvre et d'instruction. £n aucun cas, je ne puis me mettre en marche avant demain.

c Je ne sais encore quel effet va produire dans le camp la démission du général en chef. Je crains que la dissolution de Farmée bretonne, la disparition subite de celui qui depuis deux mois travaille à l'organiser, ne porte une sérieuse atteinte an moral du soldat et même de bon nombre d'officiers.

I A. GOUGEARD. 9

Au ministre il expédiait, le même] jour, ces deux télégranmies :

« Le Mans, 28 novembre, 6 h. 55 matin.

t Gougeardy général de brigade mobilisée du Morbihan,

à ministre Guerre, Tours ^

I J'arrive de Goalie à Yvré-rÉvéque , à 5 h. du matin , pour prendre le commandement des troupes, selon Tordre du général de Kératry; j*y' trouve un ordre de marche du général Jaurès; je ne dois point vous dissimuler que, dans mon opinion, les troupes réunies sous mon. commandement sont dans l'impossibilité, quant à présent, de prendre roffensive; à part de rares exceptions , elles n'ont aucune instruction militaire. L artillerie est à peine attelée, et le complément d*approvisionnement arrive à l'instant, il ne sera préparé que dans la journée. «

» Ivre, 28 novembre, 10 h. 55 soir.

1 Général Gougeard , commandant le camp d'Vvré , à ministre Guerre ^ Tours,

t J'ai reçu une lettre du général Jaurès qui me donne des instructions; il m'ordonne de couvrir le Mans et d'organiser les troupes sous mon commandement. Je lui envoie un exprès pour l'informer de ma position , mais je dois vous rendre compte de ma situation au point de vue des vivres et du matériel. Je n'ai aucun service d'intendance ni de solde; mon corps d'armée mange par accident, il n'y a rien de réglé; j'ai en tout 90 cartouches par honmie , et pour mes fusils Spencer les cartouches n'entrent pas dans les canons; j ai ^ il est vrai, 100 coups par pièce, mais une de mes mitrailleuses n'a aucune espèce de cartouche.

c Les pièces de 16 centimètres que vous avex envoyées au

Mans y sont encore , et nous n'avons pas de munitions pour les servir. »

M. de Kératry avait donc raison, le 24 novembre, quand il déclarait à M. Gambetta que ses troupes ne pouvaient immédiatement prendre part aux opérations actives projetées par M. Jaurès (voir ci-dessus, p. 51 et 52).

Il est vrai que dans une lettre, écrite d*Yvré, le 3 décembre, au ministre de la Guerre , AI. Gougeard dit ; « Je suis prêt t à marcher sur Paris i. i Mais cette affirmation exprime un désir plus qu'une réalité; la preuve, c'est que, trois jours après (6 décembre), M. Gougeard, marchant avec sa division , non pas sur Paris mais sur Marchenoir , et n'ayant fait depuis Yvré qu'une dizaine de lieues, se voit contraint de télégraphier au général Jaurès ces deux dépêches :

• Saint-Calais, 6 décembre 1870, 2 h. 45 toir.

t Les troupes que j'ai ne sont pas aussi manœuvrantes que vous paraissez le croire. Après avoir reçu l'ordre du ministre de couvrir Saint-Galais et donné des ordres en conséquence , je les ai changés d'après vos instructions au milieu de la nuit ; de là désordre , et si je n'avais fait des prodiges d'énergie, j'étais menacé de désorganisation. Tout est réparable , mais il ne faut pas faire trop marcher des troupes qui souffrent et de la valeur que vous savez.

t Gougeard. t

« Saint-Galais, 6 décembre 1870.

« Ferai tous mes efforts pour prendre la position indiquée ; mais il m'est impossible de faire de longues marches avec ces troupes sans les désorganiser. La souffrance est pour beaucoup dans leor état.

c Gougeard. «

* Dans cette lettre, M. Gongeard écrit à M. GambetU : > Lonqoo, awec raifon . vous avez démonté de son commandement le général Kératry ^ ma position ëtait diificile. » — Ce passage prouve qu'à ce moment , dans l'opinion de tont le monde , sp^ialcment dans celle de M. Goageard , la situation faite à IL de Këratry par la dépêche Freycinet da 27 novembre (ci-dessus , p. 54-55) était coniidérée comme équivalente an retrait de son commandement

Le il décembre, la divition de marche de l'armée de Bretagne f ayant passé le Loir, arriva à Moisy et Ecoman; le 13, elle fut chargée de défendre la ligne du Loir, de Frète val à Gloyes ; le 16 , elle se mit en retraite sur le Mans par Droué , où elle soutint le 17 l'attaque des Prussiens (ce fut son premier combat) , puis par la Fontenelle , Saint-Agil \ Soudai , Vibraie , et enfin regagna Yvré-rÉvéque , où elle arriva le 21 décembre. Là, le général Gougeard s'occupa de la réorganiser. M. de Kératry l'avait partagée en cinq brigades; M. Gougeard réduisit ce nombre à trois , dont une brigade , dite de réserve , fut cantonnée en arriére du Mans dans les villages de Saint-Georges du Plain , Saint-Georges du Bois et Preuillé-Ie-Chétif , pendant que les deux autres composèrent seules désormais la division active.

Dans la brigade de réserve , le général Gougeard rejeta tous les mobilisés qui, d'après les résultats de la campagne qu'on venait de faire, constituaient l'élément faible de sa division, K les hommes chétifs ^ fatigués , on notoirement incapables d'act quérir aucune instruction militaire v , et aussi les honunes mal armés, c'est-à-dire, comme l'explique lui-même M. Gougeard, K armés de fusils Spencer sans baïonnettes, qui ne pouvaient K avoir aucune valeur sérieuse ^. i Cette brigade compta environ 4,000 hommes; voici dans quelles proportions y entrèrent les divers bataillons de mobilisés.

Au sortir de Conlie , la division de marche comptait onze de ces bataillons , savoir :

l^''' bataillon de la légion de Saint-Brieuc;

i" bataillon — de Lannion;

i*"^ bataillon — de Brest;

2® bataillon — de Quimper ;

ier bataillon — de Rennes;

1«% 2» et 3» bat. — de Nantes ;

1er bataillon — de Saint-Nazaire;

1®*" bataillon — de Vannes;

4^ bataillon — de Lorient.

Les quatre premiers bataillons (Saint-Brieuc, Lannion, Brest et Quimper) entrèrent tous quatre dans la brigade de réserve , mais après avoir été écrémés de façon à fournir entre eux le

* GoDgeard, Deuxième armée de la Loire, Division de Varmée de Bretagne, p. 40, 41.

APPENDICE. âll

contingent d'an cinquième bataillon, maintenu dans la division active sous le nom de bataillon breton^ et en entre 200 hommes versés dans le génie auxiliaire.

Le bataillon de Rennes resta tout entier dans la division active.

Des trois bataillons de Nantes et de celui de Saint-Nazaire le général Gongeard retira environ 400 hommes, qu'il envoya dans la brigade de réserve sous le nom de bataillon de la Loire- Inférieure ou 2<> bataillon de Nantes (parce que les hommes de ce dernier corps y dominaient) , et il garda' dans sa division active trois bataillons de la Loire<^Iniérieure sous les noms de i." et 3« de Nantes et 1^^ de Saint-Nazaire.

Enfin , les deux bataillons de Vannes et de Lorient , fondus ensemble , fournirent à la division active un bataillon dit de*Lorient, parce que les Lorientais y dominaient, et à la brigade de réserve un autre bataillon dit de Vannes ou du Morbihan.

D'après cette réorganisation, la division active du général Gougeard conserva six bataillons de mobilisés bretons, savoir :

i®' bataillon de Rennes;

l'i* et 3« bat. de Nantes;

i*^ bataillon de Saint-Nazaire;

Bataillon breton (extrait des bataillons

de Brest, Qaimper, Lannion et

Saint-Brieuc); Bataillon de Lorient (extrait des

bataillons de Lorient et de Vannes) .

La brigade de réserve en eut également six , désignés sous les noms de

Bataillon de Saint-Brieuc ;

— de Lannion;

— de Quimper;

— de Brest;

— de Vannes;

— de la Loire-Inférieure (ou 2^ bataillon de Nantes).

Le général Gougeard appliqua ainsi avec raison aux bataillons mobilisés de sa brigade le système d'élimination des éléments faibles et encombrants, a plus embarrassants qu'utiles a au moment du danger » , ainsi qu'il le dit lui-même (p. 41 de sa brochure) : système qui eût dû être appliqué à l'ensemble du contingent mobilisable.

Au point de vue de leur origine , il fout remarquer que sur les fis bataillons maintenus dans la division active , trois étaient en grande majorité composés de contingents ruraux, savoir le 3* bataillon de la légion de Nantes qui provenait de 1* arrondissement et non de la ville , le 1^^ de Saint-Nfazaire , et le bataillon breton,

La brigade de réserve, placée sous le commandement du colonel Lebrun , qui avait d'abotd commandé les mobilisés du Finistère , fut mise, lors de la bataille du Mans, sur la position d*Arnage et momentanément annexée à la division Barry, avec laquelle elle rentra au Mans, le 12 janvier, sans avoir été attaquée par les PrusiienB.

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