‹ Le camp et le tabernacle du désertChapitre 10 sur 68 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

!'• «BCnOM. — VICTIME POUR LE PÉCHÉ BRÛLÉE HORS DU CAMP- (Lév., IV. Hébr., XIII).

Arrivés près de celle des portes orientales du camp, qtiî correspond à l'entrée du parvis ou cour du tabernacle , le premier objet que nous rencontrons, c'est un feu qui brûle la chair des victimes (1). La place où nous le trouvons ajoute à l'espèce d'effroi que sa vue nous inspire. C'est hors du camp , c'est dans le désert grand et terrible^ rempli de serpents brûlants et de scorpions , où il n'y a point d'eau , et où l'on n'entend que hurlements et cris de désolation (Deut., I , 31 ; VIII, 15). Cette place, on l'a nommée la place du jugement, désignation que justifiera pleinement ce qui va suivre. C'est près de là qu'on dépose la cendre des holocaustes. C'est aussi près de là que se trouvent les Israélites (ceux du moins de la division Juda) que leurs impuretés cérémonielles ont

(1) La porte dont il s'agit étant la plus rapprochée de rentrée du parvis t\ du campement des sacrificateurs, il est naturel de supposer que c'est près d'elle , en effet , qu'était brûlée la victime pour le péché du souverain sacrificateur et pour celui de l'assemblée , et qu'étaient immolés la génisse rousse et le passereau du lépreux. Je présume qu'elle était à la distance d'une lieue au moins du tabernacle , le camp avec ses 2,000,000 d'âmes ne pouvant pas occuper un espace moindre d'une lieue de chaque càié du tabernacle.

fait exclure du camp^ et que sont mis à mort les malfaiteurs (de la môme division) (Lév, , IV, 12, 21; XXIV, 14. Nomb., V, 1-3). C'est là que brûle le feu dont la flamme livide attire maintenant nos regards (1).

Pour mieux comprendre ce qui se passe sous nos yeux , il faut se rappeler ce que nous avons dit sur les sacrifices (p. 22). Dans tontes les immolations, la béte est égorgée auprès de l'autel de l'holocauste , le sang répandu au pied de l'autel , et la graisse brûlée dessus en suave odeur. Mais tandis que^ dans l'holocauste, la chair de la victime est consumée en entier sur l'autel , où elle monte comme un parfum devant Dieu; tandis que, dans le sacrifice pacifique, elle est partagée entre Dieu, les sacrificateurs et les sacrifiants, dans l'oblation pour le péché elle est complètement réservée pour les ministres du sanctuaire. C'est la règle générale Cette règle admet pourtant une exception. La chair des victimes expiatoires, au lieu d'être mangée par les sacrificateurs, est tirée hors du camp et brûlée, toutes les fois que le sang en a été porté dans le sanctuaire ( lieu saint ou lieu très-saint, n'importe), afin d'y faire propitiation , ce qui a lieu dans les trois cas suivants : celui d'un sacrifice offert pour le souverain sacrificateur, celui d'un sacrifice offert pour la nation , celui du sacrifice annuel des propitiations (2) (Lév. , IV; XVI). Dans ces trois circonstances, le corps de la victime est brûlé hors du camp. Eh bien , c'est précisément l'un de ces cas , c'est le second , qui se réalise dans ce moment. La maison d'Israël a péché; elle a, par erreur, admis dans la congrégation qui se forme chaque

(1) Cest un feu ordinaire, distinct de celui de Fautel.

(2) La victime expiatoire fut de même brûlée hors du camp le jour de la consécration des sacrificateurs et de Taulel (Exode , XXIX, 14. Lév. , YIII, 1$, 17).

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