‹ Le camp et le tabernacle du désertChapitre 11 sur 68 · YIGTIMB POUR LB PÉCHÉ. 8S · texte numérisé non relu

YIGTIMB POUR LB PÉCHÉ. 8S

sabbath à la porte cIq parvis, d^ personnes cérémoniellement impures. L'assemblée entière en a été souillée. Il fallait un sacrifice pour la purifier. La loi en a d'avance réglé la nature et le mode. Déjà les cérémonies préalables ont été accomplies. L'animal (c'est un jeune taureau : Lév. , IV, 14) (1) a été égorgé devant l'autel de l'holocauste, sa graisse brûilée en suave odeur sur l'autel, et une certaine quantité de son sang portée dans le lieu saint pour y teindre les cornes de l'autel des parfums; le reste a été répandu devant le grand voile; enfin, le corps du veau, tiré hors du camp, a été jeté au feu où nous le voyons brûler à cette heure.

Que nous dit cette victime consumée dans un désert et non sur un autel? et cette flamme qui], s'attachent à ses entrailles, la dévore en peu d'instants ?

La scène à laquelle nous assistons proclame la condition présente de ce monde, vrai désert, sol maudit, sur lequel pèse l'anathème primitif. Elle proclame également la souillure , la ruine totale et la condamnation de l'homme , mort dans ses péchés et ses offenses, et digne de brûler au feu qui ne s'éteint point. Elle fait éclater enfin la sainteté de Dieu , de ce Dieu qui hait le péché d'une parfaite haine et le poursuit de tous les traits de sa colère; elle nous crie : Cest une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant; qui subsistera parmi les ardeurs éternelles ?

Ainsi, la première image qui s'offre à nos regards quand nous voulons entrer dans le camp dlsraôl, c'est celle de l'enfer et de sa malédiction. Mais, béni soit le Seigneur! à côté de l'image de ses saintes vengeances resplendit celle de ses éternelles compassions. Sa bonté donne ici la main à sa

(1) La loi admettait égal«mant un boue (Nomb. y XY, 24).

justice^ et le salut naît de leurs divins embrassements. Sous le symbole de la victime lévitique, l'œil de ma foi découvre aisément FAgneau de Dieu qui a enlevé Fanathème reposant sur le monde, et préparé le prochain rétablissement de toutes choses (Jean, I, 29, Actes, III, 21 ); il découvre le charitable Répondant qui se fit un avec nous afin de pouvoir se charger de notre souillure et de notre malédiction; la victime adorable qui , pour sanctifier le peuple, a souffert hors de Jérusalem , se laissant consumer et comme réduire en cendres par le feu dévorant du courroux divin (Hébr., Xin ); il reconnaît enfin Jésus , excommunié du ciel et de la terre , conduit, tiré hors de la porte comme un agneau muet, traîné comme à la voirie pour nos offenses , chargé de notre opprobre, frappé, brisé pour nos iniquités. C'est par ses meurtrissures que nous avons la guérison; l'ana thème, qu'il a subi pour nous, nous a replacés dans l'éternelle communion de Dieu (Esaïe, LUI. 1 Pierre, III).

Voilà ce que nous dit la flamme dévorante qui réduit en cendres la victime vicariale. Elle nous dit encore que le seul regret d'avoir violé la loi de Dieu , le seul repentir , n'efTace pas les transgressions; qu'une expiation est nécessaire et que, sans effusion de sang, point de rémission des péchés, ni d'admission dans la communion de Dieu ; elle publie enfin cette grande vérité, base de toute la révélation, à savoir que,' dans notre ruine entière , il n'existe pour nous de moyen de salut que la foi seule au sang expiatoire qui nous a rachetés de la malédiction. Le chemin qui mène au camp et au tabernacle passe à côté du feu du jugement : nulle autre voie pour s'y rendre; ne l'oublions point.

Tels sont les mystères de la porte du camp. Ne nous hâtons pas de la franchir; il est bon de s'y arrêter: c'est le Gelhsémané, c'est le Golgotha du désert. Ici nous assistons

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