AU VOEU DU NAZAKKAT
Tel est le nazaréat selon le cœur de Dieu. Non-seulement le vrai nazaréen s'abstient des convoitises charnelles qui font la guerre à l'âme; mais il règle ^ il modère ses affections, ses joies ou ses tristesses les plus légitimes, et fuit jusqu'à l'apparence du mal, apportant autant de soins à éviter tout contact avec le monde et sa souillure que le nazaréen juif en pouvait mettre à se priver de tout ce qui tenait au vin ; « ivre de l'Esprit, sobre pour tout le reste, » il se montre plus soucieux de servir son Dieu, de nourrir et d'orner son âme que de satisfaire et de parer son corps ; et loin de rechercher les suffrages d'un monde ennemi dn Maitie qu'il sert, il n'a pas même la liberté d'accepter ses faveurs.
La chevelure du nazaréen juif était à la fqis le signe de sa consécration, sa parure, sa couronne de gloire et sa force (1). Que la sainteté soit aussi notre parure, notre couronne et notre force (Jug., XIV — XVI), comme elle est l'ornement de la maison de notre Père (Ps. XCIII, 5). Respectons le nazaréat dont son amour nous a gratuitement honorés. Ne le violons en aucune sorte. Mais si, par inadvertance ou par infirmité, nous avons eu le malheur de le rompre, ne perdons cependant point courage. Renouvelons notre repentance, notre consécration à Dieu, dirigeant, comme au jour de notre conversion, arrêtant nos regards sur Jésus, sur son parfait sacrifice, et le saisissant sous toutes les faces sous lesquelles le symbole le peint à notre esprit; faisant, en un mot, ce que nous fîmes lorsque, pour la première fois, nous prîmes notre refuge auprès de lui, et retenant ferme jusqu'à la fin le commencement de notre subsistance.
(1) Le mot de Toriginal rendu par Nazaréat, signifie à la fois couronne et réparation.