‹ Le camp et le tabernacle du désertChapitre 33 sur 68 · AU VŒU DU NAZARÉAT · texte numérisé non relu

AU VŒU DU NAZARÉAT

commençant par celle pour le péché ( p. 24). Avec le sacrifice pacifique, il offre une corbeille pleine de pains et de gâteaux sans levain. Il se rase la tête à l'entrée du tabernacle, met ses cheveux au feu oii cuit la jchair de l'offrande de paix (1) ; puis, le sacrificateur, prenant l'épaule de la victime, un gâteau sans levain, les pose sur les mains du nazaréen, qui les présente ainsi de fait à Dieu ; le sacrificateur les reprend ensuite, et après les avoir tournoyés devant l'Eternel, il les garde enfin comme une chose sainte qui lui est allouée pour sa nourriture. Telles sont les oblations que le nazaréen doit offrir avant de retourner à sa manière de vivre précédente, outre ce qu'il peut donner selon ses facultés personnelles (vers. 13-21) (2).

Jésus est le vrai Joseph , le Nazaréen d'entre ses frères .(Gen., XLIX, 26. Deut. , XXXIII, 16). Quoique les Juifs ne l'aient appelé Nazaréen que dérisoirement et pour avoir été élevé dans le bourg de Nazareth , Dieu néanmoins a voulu qu'il en portât le nom comme il en pQssède la réalité (Mattb., II, 23). Saint, innocent, mis à 'part dès sa nais-

(1) C'est le feu de la cuisine des sacrificateurs, dont les tentes ne sont pas loin de là.

(2) La cérémonie, on le voit, a beaucoup d'analogie avec celle de la consécration des sacrificateurs (Exode , XXIX). Par Tun de ses traits, elle rappelle de même une circonstance de la vie de Paul (Actes, XVIII, 18) ; c'est quand l'apôtre se fait raser la tète à Cenchrée, en conséquence d'un vœu qu'il avait fait. On a cru qu'il avait été nazaréen du deuxième ordre ; mais en ce cas ne se serait-il pas plutôt fait raser la tête à Jérusalem et dans le temple , ou tout au moins dans la Terre- Sainte ? C'est donc apparemment un vœu d'un autre genre. On a cru voir également le nazaréat dans le chapitre XXI« du même livre , vers. 23-26 ; et cependant il n'y est point dit que Paul eût fait aucun vœu ; seulement on lui conseille de participer aux' frais dos sacrifices que se proposaient d'offrir quatre de ses compagnons de voyage qui en avaient fait un.

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sance pour le service da Père , il a persévéré jusqu'à la fin dans Tœuvre pour laquelle il s'était sanctifié lui-même ; et c'est parce qu'il est le vrai Nazaréen, l'Agneau sans macule, qu'il a pu se charger de nos offenses et les expier entièrement. Le péché, notre péché, l'a touché un instant à Gethsémané et au Calvaire , et l'a cloué à la croix. Mais Jésus n'a maintenant plus à faire avec lui. Ressuscité par l'Esprit de sanctification , son contact avec la mort et sa souillnre a cessé pour jamais; séparé des pécheurs, élevé au-dessus des cieux (Hébr. , VII , 26), il est devenu le chef et le modèle du nouveau nazaréat (1). L'union avec le Christ ressuscité et glorifié, la sanctification qui en découle, voilà la séparation que Dieu nous propose ; toute sainteté qui n'est point cela, il la désavoue^ quelque belle apparence qu'elle puisse avoir. Il ne dit plus à ses nazaréens : Ne mangez , ne goûtez, ne touchez ; il leur dit : 5t vou$ êtes morts et ressuscites avec Christ y cherchez les choses qui sont en-haut où Christ est assis à la droite de Dieu. Ne touchez à rien de ce qui est impur^ et je vous recevrai y et vous serez mes fils et mes filles , a dit le Seigneur Dieu tout-puissant (Col. , II , III. 2 Cor., VI).

(t) On a cru trouver dans le nazaréat Texplicalion de Luc, XXII, i8. On a dit : Israël d'abord , puis les Gentils en la personne de Pilate, ayant répudié l'Envoyé du Père, et rais hors de la vigne le grand Dépositaire de toute bénédiction , de toute puissance et de toute autorité, Jésus, dès Tinslitution de la cène, a pris , en quelque sorte, relativement à la terre, le signe du nazaréat et l'a gardé jusqu'à ce jour. Cest pourquoi , dans la dernière Pàque qu'il célèbre avec ses disciples, il leur dit : Je ne boirai plus du fruit de cette vigne jusqu'à ce que le règne de Dieu soit accompli (Luc , XXll , 18) ; indiquant par là qu'il allait être séparé du monde et n'attendrait plus aucune joie du présent siècle, Jusqu'au jour où il recevra le royaume de la main du Père. Il est le Nazaréen par excellence ; ses disciples doivent l'imiter.

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