‹ Le camp et le tabernacle du désertChapitre 36 sur 68 · SBCTIO». — SERVICE DE L'AUTEL DE L'HOLOCAUSTE. CONCLUSION · texte numérisé non relu

SBCTIO». — SERVICE DE L'AUTEL DE L'HOLOCAUSTE. CONCLUSION

Un dernier mot sur l'autel. Les sacrificateurs que nous y voyons officier nous ont donc rappelé ce que Jésus a fait sur la terre comme Sacrificateur; mais ils nous disent aussi que, sacrificateurs à Dieu , nous devons nous-mêmes lui présenter par Jésus les oblations qu'il attend de nous (1 Pierre, II); car, pas plus qu'à l'ancien Israël, il ne nous permet de paraître devant lui les mains vides ( p. 93 ): et comme il sait bien que, de noire propre fond, nous n'avons rien de bon à lui apporter, il a daigné préparer et mettre eu nos mains les offrandes qu'il réclame de ceux qu'il a sauvés.

C'est avant tout Jésus-Christ lui-même, Jésus-Christ la sainte victime de l'Evangile; de sorte que nous, pécheurs, nous qui ne possédons en propre que notre misère, nous sommes

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pourtant mis en état de lui présenter ce qu'il y a de plus excellent au monde. Allons donc à lui les mains pleines j pleines de la chair et du sang du Christ ; offrons-lui l'Agneau sans macule, ncKi certes à la façon grossière^ absurde et impie du prêtre romain, mais à la manière spirituelle , sainte et pieuse du prêtre chrétien ; offrons-lui journellement , par la foi, Jésus notre holocauste et notre gâteau mystique, Jésus dont l'obéissance jusqu'à la mort exhale incessamment une bonne odeur à ses narines et parfume devant lui notre personne et nos autres oblations.

Offrons-lui de miême Jésus notre victime pacifique dont le sang précieux a rétabli la paix entre lui et nous et la maintient de jour en jour. Mêlons la sainte hostie à tout notre culte: avons-nous quelque grâce à demander? joignons à la prière par laquelle nous l'implorons , l'offrande qui l'a d'avance méritée et qui toujours obtient une réponse de paix à nos vœux, à nos soupirs, à nos supplications; avons-nous quelque bienfait à reconnaître? à l'action de grâce, joignons encore l'oblation de la Victime adorable dont la mort purifie nos louanges et les recommande à la pleine acceptation de Dieu.

Enfin , dans nos erreurs journalières , offrons-lui Jésus- Christ victime d'ana thème qui, prenant sur lui toutes nos souillures , nous en a purifiés pour jamais ; offrous-le-lui , dans l'humiliation sans doute et conune notre seul et unique titre à sa miséricorde, mais néanmoins dans une pleine assurance de foi; car s'il est vrai, comme on l'a dit, que rien fi apaise une conscience offensée , que ce qui a satisfait un Dieu justement offensé y il n'est pas moins vrai, d'autre part, que ce qui a satisfait un Dieu justement offensé, doit rassurer pleinement une conscience offensée.

Ainsi; Jésus, la victime de bonne oddur, Jésus, l'offrande

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de paix, Jésus , la viclime de malédiction, voilà roblation que le Père aime par-dessus toutes les autres : nous ne pouvons rien lui offrir qui lui soit plus agréable.

Mais il est une antre sorte d'oblations qu'il attend encore de nous et que la vue de Tautel nous rappelle paiement. L'autel nous a dit que Jésus s'est livré tout entier poumons. Il ajoute maintenant : Livrez- vous à Jésus sans réserve y sans retour, dévouez-vous sans partage à Celai qui vous l'a donné. C'est notre culte raisonnable , et sa grâce nous met en mesure de l'accomplir. Offrons-lui donc nos cœurs, notre amour, nos meilleures affections, tout ce qu'il y a en nous de plus intime et de plus précieux, comme risraélite lui offrait la graisse de ses victimes ; consacrons à son service, notre esprit , notre âme et notre corps , tout notre être sanctifié par notre union personnelle avec l'hostie pure et sans tache dont il flaire avec délices la suave odeur; puis, nos biens dont il agrée la communication y nous souvenant qu'il aime celui qui donne gaiment; présentons-lui de même les requêtes, les vœux que son Esprit forme en nous, le parfum de la prière, le sacrifice de la louange, c'est* à-dire le fruit de lèvres confessant son Nom ( Ps. L. Rom. , VI; XII. 1 Pierre, II, B. Philip., lY, 8. 2 Cor., VIII. Héb., XIII , 15 , 16 ). Voilà les oblations qui lui plaisent et qu'il nous demande d'apporter à son autel. Enfin, devant ce même autel, immolons nos convoitises favorites, nos volontés propres, nos prétentions, notre malice, notre envie, tous les mauvais penchants de notre cœur, particulièrement nos rancunes, nos hostilités, nos vengeances, nous rappdant qu'il a dit (Matth., V, 23, 24): Lorsque tu présentes ton offrande à Fautel, s'il te souvient que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant Fautel et va te réconcilier premièrement avec ton frère ; puis, viens et offre

ton offrande. Allusion oiaDifeste à l'Israélite apportant à Tau tel de Dieu Tholocauste ou le sacrifice pacifique; belle et touchante leçon d'amour et d'humilité donnée aux chrétiens sous une forme juive. Lame là ton offrande devant t autel: quelle parole! comme si le Seigneur nous disait: Le Père aime ta prière et ta louange et il veut bien la recevoir; mais,Oieu de vérité et de charité, pourrait-il Taccepter , quand il sait que ton frère a quelque chose contre toi! va donc premièrement te réconcilier avec lui ; puis, viens et présente ton offrande qui sera gracieusement accueillie. Précieux avis ! heureux qui s'y conforme ! sa requête ou son action de grâce , reçue avec amour , fera descendre sur lui de nouveaux dons du ciel.

Tout ce que les Hébreux offraient à l'Eternel , ils l'apportaient à l'autel de l'holocauste, car l'autel sanctifiait le don (Matth., XXIII, 19). £h bien, tout ce que nous oftrons au Père, présentons-le par Jésus-Christ, notre mystique autel, sanctifiant nos oblations.

Ce que les Juifs offraient à L'Eternel, ils le présentaient par l'organe de leurs sacrificateurs. Ce que nous offrons à Dieu, présentons-le par Jésus, le ministre du vrai tabernacle; car c'est de la main du grand Sacrificateur de l'Evangile seulement qu'il agrée les oblations de l'Evangila Heureuse l'âme qui, se tenant collée à Jésus, ne veut rien offrir au Père qui n'ait été sanctifié, purifié au contact de Christ! la moindre de ses oblations sera acceptée comme un parfum de suave odeur.

Enfin, comme les Israélites apportaient au Seigneur leurs offrandes dans un vaisseau pur (Es. , LXVI, 20 ), présentons-lui nos dons spirituels dans le vaisseau spirituel d'une foi sincère et d'un cœur vrai.

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