‹ Le camp et le tabernacle du désertChapitre 37 sur 68 · CHAPITRE IIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIL

VAISSEAUX DU PARVIS ( Suite ).

Tous les vaisseaux réunis qu il nous reste à passer en revue jusqu'au lieu très-saint, ne nous arrêteront guère plus que ne Ta fait le seul autel de Fholocauste. Et n'en soyons pas surpris. Le service de l'autel prédomino tout le culte du tabernacle. L'autel en est le centre, la base , le pivot. Il est le symbole de la passion de Christ et de ses admirables résultats , et la passion de Christ est le fondement de la rédemption. La sainte Ecriture la ramène constamment et sous toutes les formes : Christ crucifié est l'âme de la Bible , comme il est l'unique espérance et le cantique éternel de ses rachetés; il la remplit toute entière de son alpha à son oméga; c'est le premier et le dernier mot de la Révélation; c'est la promesse d'Eden et le chant de l'Apocalypse : toute la Bible est comme écrite avec le sang de Jésus-Christ.

LA CUVE D'AIRAIN ( Exode, XXX, 17-21 ; XXXVUI ; 8, XL, 7, 30).

Poursuivant notre course dans le parvis, de l'autel allons maintenant à la cuva C'est le second vaisseau du vestibule. Il n'en est pas de la cuve comme de l'autel ; le service en est constamment le même, il ne varie point. Â l'aspect de ce beau

LA CUVE D'AIRAIX. 201

vase sacré reposant sur sa base de même, métal (1), dous ne noas rappelons point sans émotion de quelfe manière il a été fait, savoir, au moyen des miroirs d'airain polis donnés par les femmes qui s'étaient assemblées par troupes à la porte de la tente de Moïse (Exode, XXXVIII, 8 avec XXXIIl, 7-9) (2). Le verre n'étant pas encore inventé, on se servait alors pour miroir d'une plaque d'airain poli (Job, XXXVII, 18). Aussi la cuve du tabernacle est-elle d'un mêlai remarquablement fin (3). Les sacrificateurs qui s'en approchent dans leur service journalier, peuvent, en quelque sorte, se mirer dans son contour. Sous peine de mort, il leur est défendu d'entrer dans le lieu saint pour y brûler les parfums à l'autel d'or, ou de revenir à l'autel d'airain pour y brûler l'holocauste, avant de s'être lavé les pieds et les mains à la cuve, et c'est aussi dans ce but qu'elle a été placée entre l'autel et le sanctuaire (Ex., XXX, 18-21); non que les sacrificateurs se lavent dans le vaisseau même : il serait trop haut et trop profond pour cela; puis, il faudrait trop souvent en renouveler les eaux; — mais, vers le bas de ce vaste réservoir, des robinets s'ouvrent et se ferment à volonté pour cet usage (4). Les lévites ont la charge d'entretenir l'eau de la cuve et vont la puiser au Rocher qui suit le peuple au désert. Au reste, la cuve, comme l'autel, comme tout le taberiiacle, a été consacrée par l'onction

(1) La cuve d'airain avait probablement la forme qui fut donnée plus tard à la mer de fonte, celle d'une coupe.

(2) Les miroirs avaient été peut-être artistement joints les uns aux autres , ou , ce qui est plus vraisemblable , fondus ensemble de manière à former la cuve.

(3) La mer de fonte dans le temple était également d'un métal poli (IRois, VII,44,45).

(4) Ou , suivant une autre opinion non moins probable, la cuve alimentait un bon nombre de cuveaux où venaient se laver les sacrificateurs.

20i L4 CUVE DAiaAIN.

(1x3 rhuile aromatique cl Taspersion du sang des victimes ( Ex. , XXX , 26, 28. Hébr. , IX, 21 ).

Ârrêtons-Dous avec les sacrificateurs devant ce noble vaisseau du parvis dont nous admirons à la fois la coupe et Féclat.

La cuve est Timage du Seigneur Jésus en tant que dépositaire de FËsprit de sanctification, lavoir de la régénération, réservoir divin de la grâce évangélique. Il a été oint du Saint-Esprit et de force, et baptisé d'un baptême de sang , afin de sanctifier l'Eglise et de la purifier par le lavage d'eau dans la Parole (Eph., V, 25. Matth., III, 16, 17. Act. , X, 38. Luc , XII , 50. Matth. , XX , 22, 23).

L'autel et la cuve d airain , comme on l'a vu , se trouvent placés sur le chemin du sanctuaire, et, pour s'y rendre, les sacrificateurs ont dCi, le jour de leur entrée en charge, s'arrêter successivement devant ces deux vaisseaux du parvis. Le second a complété, dans ce jour, l'enseignement qu'avait donné le premier. L'autel avait dit que, sans la purification de la conscience par la foi au sang de Christ , sans la rémission des péchés, nul n'entrera dans le sanctuaire céleste; la cuve a ajouté que nul n'y sera admis sans le renouvellement du cœur ; que sans la sanctification personne ne verra Dieu; elle a dit de plus, que nous ne pouvons pas mieux nous sanctifier nous-mêmes que nous ne pouvons nous justifier; qu'on ne tire pas le pur de t impur ^ que la souillure enfin réside bien en nous, mais non point ce qui l'ôte.

Mais, ce n'est pas le jour de leur entrée en charge uniquement que les sacrificateurs s'arrêtent devant la cave pour s'y laver; ils y recommencent tous les jours, comme on l'a dit, les mêmes ablutions, soit qu'ils pénètrent dans le lieu saint ou qu'ils reviennent au parvis; et^ par ce

continuel retour à la cuve, ils nous montrent ce que nous avons à faire nous-mêmes dans le service du vrai tabernacle ; ils nous disent : Recourez journellement à Celui qui seul peut laver de toute souillure votre personne et votre travail , et vous mettre à même de le servir dignement dans ses parvis. Eh bien, c'est principalement sous ce dernier point de vue que le symbole de la cuve se présente à nos méditations.

La cuve proclame d'augustes vérités. Avant tout la sainteté de Dieu qui ne supporte point le péché dans ses sacrificateurs y qui ne le tolère ni dans leur service ni dans leur cœur, et veut qu'ils aillent continuellement se laver à la source qu'il a ouverte pour l'erreur et pour la souillure (Zach.,XIlI).

Autant que la sainteté de Dieu, la cuve publie sa bonté, puisqu'en Jésus-Christ il a daigné pourvoir à la purification journalière de notre âme. Par cela même, elle nous montre où nous devons chercher notre sanctification, à savoir , en Christ uniquement et dans l'Esprit saint qu'il verse abondamment sur nous, selon sa promesse (Tite, III. Jean , XVI, etc.). C'est de lui seul, c'est du Rocher qui nous suit dans le désert de la vie (1 Cor., X), que jaillit l'eau qui nous purifie (comme elle nous désaltère); nous pouvons bien salir la blanche tunique dont son amour nous a parés; il n'ap^ partient qu'à lui d'en faire disparaître les taches (Zach., III).

La cuve nous donne encore d'autres enseignements. Remarquez d'abord que l'eau n'y manque jamais. Il en est de même à l'égard de Christ. Si la source de corruption^ ouverte en Adam dès la chute, ne tarit point et souille notre cœur et le cours entier de notre vie, la source de sanctificatioa maintenant ouverte en Jésus tarit bien moins encore et purifie tout ce que le péché , habitant en nous bien qu'il n'y règne pluS; mêle de souillure à nos sentiments, à nos pensées , à

nos discours, à toute notre activité chrétienne. Heureux le sacrificateur qui ne se lasse pas de retourner à Celui qui ne se lasse pas non plus de recevoir les fils de Lévi pour les nettoyer (Mal., 111) 1 dans le service journalier du vrai tabernacle, il conservera la pureté de la conscience, et avec elle, la liberté, la paix, la sérénité; le fardeau de Jésus lui sera léger; et, lavant chaque jour ses mains dans innocence , il fera, dun cœur allègre, le tour de Vautel du Seigneur, éclatant en actions de grâce et racontant les merveilles du Dieu fort (Ps. XXVI).

Enfin , la cuve nous dit tout ce que nous devons d'amour au Père qui nous a donné la source où nous pouvons nous laver continuellement de toute impureté, comme au Fils qui s est sanctifié lui-même pour nous, afin qu'en lui nous fussions sanctifiés et rendus propres à manier les choses saintes. Ah! sûrement la vraie manière de lui témoigner notre gratitude, c'est, en effet, de recourir incessamment à lui pour qu'il nous purifie de toute souillure de la chair et de l'esprit et nous maintienne irrépréhensibles devant ses yeux.

L'aspect de la cuve éveille encore en nous d'autres pensées. Il est deux choses auxquelles nous devons soigneusement prendre garde dans le service de la maison de Dieu : la première, de toucher à ce qui pourrait nous souiller; la seconde, quand nous avons failli dans les parvis où notis bronchons tous en plusieurs manières ( Jacq. , lïl ) , de chercher la purification de notre âme ailleurs qu'en Jésus ; de la chercher, par exemple, dans notre repentir, nos bonnes résolutions, nos prières: ce serait le sur moyen de ne point retrouver cette liberté filiale sans laquelle le service du Seigneur n'a plus d'attrait pour nous, si tant est qu'il existe encore ; ce serait nous exposer au jugement qu'Aaron et ses

fils n'eussent pas manqué d'encourir si, par exemple, ils se fussent contentés de se laver sous leurs tentes avec de l'eau non consacrée , en disant : Cette eau ne vaut-elle pas bien celle de la cuve?;— Ah! quelle autre eau nous nettoierait devant Dieu, que celle à laquelle il a lui-même attaché une vertu lustrale ! en vain nous laverions-nous avec du nitre et beaucoup "de savon, notre iniquité demeurerait encore marquée devant lui (2 Rois, V. Jérém., II, 22. Job, IX, 30,31).

Mais j'entends une pauvre âme murmurant tout bas : « Oserais-je donc apporter toujours au Seigneur, pour qu'il m'en lave , les mêmes erreurs, les mêmes péchés , les mêmes folies! » — C'est comme si tu disais, chère âme : « Oseraisje donc toujours répondre à la miséricordieuse intention de mon Dieu qui n'a placé devant moi la cuve purificatrice qu'afinque jem'y arrête et m'y nettoie chaque jour? Oserais-je toujours obéir à mon Sauveur q'tii m'appelle avec tant d'amour à m'approcher de lui, pour qu'il lave mes pieds comme il a déjà lavé tout mon corps , et qu'il me rende ainsi digne de marcher dans ses parvis (Zach. , III)!» — Ah ! chrétiens , mes chers frères , prenons-y garde ! Satan fera tout, oui, tout, pour nous empêcher, après nos chutes intérieures ou extérieures , de retourner à Celui qui seul purifie comme seul il guérit; car, encore une fois, il sait bien, lui, qu'auprès de Jésus nous retrouverons immédiatement la pureté de la conscience, et avec elle, la paix , la liberté, la joie et la fidélité dans le service de notre Dieu , c'est-à-dire tout ce qui rend le joug du Seigneur aimable ; or, il ne désire rien tant que de nous le rendre dur, pénible, insupportable, pour nous amener, s'il le pouvait, à le rejeter avec dégoût, à le répudier complètement.

Il s'en faut que nous ayons épuisé le type. On a vu plus

haut de quelle manière la cuve avait été faiie^ et comment aux miroirs des femmes israélites avait succédé l'un des plus beaux vaisseaux du tabernacle , le symbole de la régénération à l'emblème de la vanité. Eh bien, n'y a-t-il pas encore ici pour nous comme un appel à nous détourner des vanités trompeuses , pour servir le Dieu vivant et vrai ? C'est aux femmes chrétiennes tout particulièrement que cet appel s'adresse; plus que les femmes israélites. ne se sentiront-elles pas pressées de consacrer leurs parures à Celui qui les a rachetées et qui leur dit : Que votre ornement soit^ non celui du dehors, V entrelacement des cheveux , les parures d'or ou rajustement des habits y mais F homme caché du cœur, Vincorruptibilité d'un esprit doux et paisible^ qui est d'un grand prix devant Dieu ( 1 Pierre ,111).

Nous avons dit que la cuve était, en quelque sorte, un miroir dans lequel les sacrificateurs pouvaient se regarder; ce qui nous rappelle le verset de saint Jacques, relatif à l'homme qui regarde dans la loi parfaite, celle de la liberté , pour y voir comme en un miroir son visage naturel (Jacq. , 1 , 22 , 23). La loi dont il parle, c'est la Parole de Jésus correspondant à la cuve du parvis, et ce que la loi contient, c'est la grâce divine correspondant à l'eau de la cuve, selon la déclaration de Paul déjà citée, à savoir que le Seigneur purifie l'Eglise par le lavage d'eau dans la parole ( Eph. , V ). Maintenant l'on peut ; à cet égard , diviser les âmes pieuses en deux catégories : les unes, se plaçant assez près de la cuve, de ce fidèle miroir, pour que, à cette lumière qui manifeste tout, elles reconnaissent les taches de leur visage naturel, mais pas assez près néanmoins pour qu'en même temps elles aperçoivent l'eau qui les ôte; et les autres, se tenant, au contraire, si près de la cuve, qu'elles discernent tout à la fois, sur sa surface polie, leurs défectuosités, leurs misères et

dans Teau qu'elle contient , ce qui les lave et les fait disparaître entièrement. Puissions-nous appartenir à cette dernière classe, et comprendre toujours mieux que la cuve ne nous montre que les souillures quelle veut enlever I et fasse le Seigneur qu'après nous être regardés dans le miroir de la Parole, au lieu d'oublier aussitôt les taches qu'il nous aura révélées ^ nous allions à mesure nous en laver dans l'eau qu'elle renferme , dans la grâce , dans le sang de Jésus, nous rappelant qu'il est écrit: Si nous confessons nos péchés y il est fidèle et juste pour nous les pardonner et pour nom purifier de toute iniquité ( 1 Jean, I).

Il y avait deux ablutions des sacrificateurs : l'une générale, accomplie une fois pour toutes , au moins sous cette forme , lors de leur consécration et de leur admission dans le sanctuaire (Exode, XXIX) (p. 97); l'autre, partielle et journalière, accomplie dans le parvis du tabernacle: c'est celle dont il est ici question. Or, ces deux ablutions du sacrificateur lévitique correspondent, 'iselon nous, à deux purifications du sacrificateur évangélique; la première, ou ablution complète, répond à la purification générale que le fidèle a reçue au moment où, par la rémission de ses péchés et la régénération, il a été comme installé dans le vrai sacerdoce; la seconde, ou ablution partielle, répond à la purification journalière qu'il a besoin de recevoir dans le service de la maison de Dieu. Ajoutons que ces deux purifications se trouvent réunies dans plus d'un endroit de nos saints livres, notamment en saint Jean, chap. XIII. A l'exception de Judas, les apôtres étaient nets, nets par la Parole que Jésus leur avait annoncée et qu'ils avaient reçue. Vous êtes nets, mais non pas tous, leur avait dit le Seigneur. Toutefois, bien que nets, ils avaient encore besoin d'être lavés; aussi Jésus dit-il à Pierre: Si je ne te

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lave, tu n'auras point départ avec moi (Je^n, XIII, 8-10 j XV, 3). Nous pourrions citer encore Hébr., X, 17-24. Ce dernier passage nous montre de même les deux purifications réunies : la première, en conséquence de laquelle le croyant possède la rémission complète de ses péchés et la liberté d'entrer dans les lieux saints par le sang de Christ; la seconde, en vertu de laquelle il s'approche journellement du Seigneur en son tabernacle, ayant le cœur arrosé et purifié de mauvaise conscience et le corps lavé d'eau pure (1).

Les deux purifications dont nous venons de parler, la purification générale de nos anciens péchés , et Tapplication quotidienne de la grâce sanctifiante de Christ à notre âme par l'efficacité du Saint-Esprit; ces deux purifications nous sont également nécessaires : la première , pour nous introduire dans le sanctuaire et le sacerdoce évangéliques; la seconde, pour nous mettre en -état d'y servir le Seigneur avec un cœur vrai , et nous préserver ainsi du sort de ces infortunés qui, pour n'avoir pas gardé la bonne conscience, ont fait naufrage quant à la foi ( 1 Tim. , 1 , 19).

Mais d'autre part, ayons bien soin d'attribuer, d'assigner à ces deux purifications le temps et la place qui leur appartiennent respectivement. La sacrificature lévitique avait . deux choses à éviter : la première, de vouloir recommencer l'ablution générale; la seconde, de négliger l'ablution journalière. La sacrificature évangélique a précisément les mêmes efXtrémes à fuir : le premier, de revenir sur les fautes passées dans le but den réclamer de nouveau le pardon, comme si Jésus n'avait pas dit : Celui qui est net n'a

(1)Le corps lavé d'eau pure. Cesl probablement le baptême, la purification extérieure , en tant qu'image de la purification intérieure ou renouvellement du Saint-Esprit ( Ezéc, XXXYI, 25), qu'il faut voir sous cette expression.

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besoin sinon qu'on lui lave les pieds; le second , de négliger la purification partielle et quotidienne, comme s'il n'avaii pas dit également , par une allusion non moins évidente à l'ablution sacerdotale: Si je ne te lave (si je ne lave tes pieds), tu n'auras point départ avec moi. C'est à Pierre que le Seigneur adresse successivement les deux paroles : il résiste à son apôtre dans les deux cas, et quand celui-ci veut être intégralement lavé et quand il refuse de Têtre partiellement. Recevant l'importante leçon qu'il nous donne sous ce frappant emblème, retournons donc chaque jour à Celui qui a déjà lavé le corps pour qu'il lui plaise de laver aussi les pieds ; car, si notre tête est dans les cieux , DOS pieds sont sur la terre et nous marchons au milieu d'un monde impur. Répétons avec le fils d'Isaï : Lave-moi parfaitement de mon péché , purifie-moi avec de l'hysope^ et je serai plus blanc que lu neige (Ps. L); et répétons-' le jusque dans les meilleurs jours de notre service sacerdotal. Dans les moments où ils ne discernaient point de tache en eux, Aaron et ses fils eussent pu se croire dispensés d'obéir au commandement divin , et sûrement ils en eussent porté la peine; mais non: humblement soumis au Seigneur, soit qu'ils allassent à l'autel des parfums ou qu'ils revinssent à celui des holocaustes, ils se lavaient à la cuve et ils étaient nets (Exode, XXX. Jean, XllI); faisons comme eux ; et bien , peut-être , qu'à cet instant notre conscience ne nous reproche aucune faute positive, retournons cependant il Jésus avec la prière du Psalmiste: Purifie-moi de mes fautes cachées, afin qu'étant par lui lavés de jour en jour et d'heure en heure, nous puissions le servir dii»nement devant le mystique autel d'oii s'élève l'agréable odeur de Tholocauste, et devant le mystique autel d'or d'où monte le pur encens de la prière et de l'adoration (Esaie, 1, 13, 16).

Maintenant, nous comprenons pourquoi cette menace de mort accompagnant l'ordre donné aux sacrificateurs léviliques de renouveler continuellement les mêmes ablutions : Ils laveront donc leurs pieds et leurs mains , de peur qu'ils ne meurent; ce leur sera un statut perpétuel (Ex. y XXX, 20, 21). Ici , comme en bien d'autres cas analogues , l'anlitype explique aisément ce que le type laissait comme insoluble. Il n'était guère possible d'exprimer plus vivement la répugnance que le Seigneur éprouve pour le culte qui lui est rendu par ses enfants eux-mêmes quand ce n'est pas avec une âme actuellement purifiée dans la grâce de Jésus; il n'était guère possible de signifier plus énergiquement qu'il n'accepte pas mieux le service du sacrificateur qui, avant de faire le tour de rautely a négligé de laver aujourd'hui ses mains dans rinnocencCy que le culte d'un homme demeuré jusqu'à ce jour complètement étranger à la sacrificature évangélique.

Outre leurs personnes, les sacrificateurs lavaient à la cuve la chair des victimes qu'on offrait sur l'autel. Or , comme on l'a vu , la chair des victimes représentait Christ qui s'est immolé pour nous et peut-être aussi nos personnes qu'il nous appelle à lui offrir en sacrifice vivant et saint. Sens le premier rapport, le lavage des victimes préfigurait IsL sainteté parfaite, l'immaculée pureté de Celui qui se livra sans nulle tache à Dieu pour notre salut. Sous le second point de vue, il exprimait la nécessité de l'application journalière, incessante, de la grâca sanctifiante de Jésus à nos personnes et à nos offrandes pour que Dieu puisse en agréer l'hommage; car le Saint de Jacob ne peut rien accepter de notre main qui n'ait passé par la double purification de l'autel et de la cuve, rien que le Sang et l'Esprit de Jésus n'aient foncièrement lavé ( Rom. , XV , 16 ).

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