‹ Le camp et le tabernacle du désertChapitre 42 sur 68 · V*^ SBCTZON. — DESCRIPTION DU LIEU SAINT · texte numérisé non relu

V*^ SBCTZON. — DESCRIPTION DU LIEU SAINT

Avant de pénétrer dans le lieu saint, arrêtons-nous un instant devant la tapisserie qui en ferme l'entrée pour en admirer de plus près le riche tissu , et considérer les colonnes plaquées d'or qui la supportent (Ex. , XXVI; XXXVI , 37, 38; XXXVllI, 18, 19; XL, 28-33). Conforme au voile du parvis, elle ne se lève, avons-nous vu, que pour les sacrificateurs entrant tous les jours dans le sanctuaire afin d'y servir l'Eternel à la table, au chandelier et à l'autel d'or. Les lévites n'y pénètrent que les jours de départ ou de halte, et quand il faut démonter ou remonter le tabernacle, en transporter les vaisseaux ou les remettre à leur place; mais ils ne sapprochent des vases sacrés qu'après que les fils d'Aaron les ont entièrement recouverts de leurs enveloppes.

C'est près du voile fermant l'entrée du sanctuaire, c'est entre l'autel de l'holocauste et cette porte du lieu saint , à notre main droite dans la direction que nous avons constamment suivie jusqu'ici, allant toujours de l'orient à l'occident; c'est près du voile, et comme sous le regard dé Celui qui réside dans le sanctuaire, que sont journellement immolés l'holocauste et le sacrifice pour le péché; c'est près du voile encore , et du milieu de la colonne de nuée qui vient alors s'y

placer^ que FElernel parle à Moïse et à Âaron^ bien qu'il leur fasse entendre également sa voix de dessus le propitiatoire; c'est près du voile, enfin, que le médiateur vient écouter et recevoir les paroles de Dieu pour les transmettre ensuite aux tribus de Jacob (Ex., XXXIII, 9. Deut, XXXI , 14 et suiv. Ps. XCIX, etc. (1)).

Ainsi , la porte du tabernacle nous rappelle le céleste Docteur, glorieux anlilype à la fois de la nuée miraculeuse et de Moïse, qui descendit ici bas, et, se plaçant comme à la porte du sanctuaire céleste, nous révéla ce qu'il avait ouï dans le conseil de Dieu. Elle nous rappelle aussi le charitable Rédempteur qui s'offrit en victime à notre place, comme en dehors de ce même sanctuaire et sous le regard du Dieu saint qui l'habite.

Ellereirace encore à notre esprit d'autres vérités. Comme le voile du parvis nous a montré Jésus qui est notre première entrée dans l'Eglise par la foi; comme le voile du lieu très-saint nous montrera tout-à-Fheure Jésus qui doit être notre finale entrée dans la gloire; le voile du lieu saint, placé entre les deux autres et sur la même ligne, nous parle maintenant de Jésus qui, par son intercession, nous introduit journellement auprès du Père (Eph., II, 18), en même temps que, par sa Parole et son Esprit, il nous conduit toujours plus avant dans la connaissance et la jouissance de l'amour divin.

Enfin, le voile du lieu saint nous rappelle un voile d'un autre genre, celui qui dérobe aux regards de l'homme naturel le vrai sanctuaire, ses trésors et ses magnificences : voile qui ne se lève non plus que pour la sacrificature , la sacrificature spirituelle, seule admise à pénétrer en la pré- Ci) Voir la section 3« : Aspersion du sang devant le grand voile.

sence intime du Seigneur et à visiter soigneusement sonpalais; il exprime en symbole ce que Jésus devait dire tout ouverlement plus tard : // vous est donné de connaître les mystères du royaume des deux... aux autres ^ je leur parle en paraboles... Je te célèbre , 6 Père, Seigneur du ciel et de la terre I de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents et les €is révélées aux petits enfants (MaUh. , Xlll et XI ).

Maintenant, franchissons le seuil du lieu saint, et^ dans cet inslant solennel, que la prière du Psalmisle se replace de nouveau sur nos lèvres : Envoie ta lumière et ta vérité afin qu'elles me conduisent et m'introduisent dans la montagne de ta sainteté et dans tes tabernacles (Ps. XLIH).

Nous voici dans le sanctuaire. De quel éclat il brille à nos yeux ! quelle richesse et quelle splendeur ! Dans le parvis, notre œil ne rencontrait partout que de Tairain ; partout ici il ne découvre que de l'or : au septentrion, la table d'or avec ses douze pains toujours présents devant Dieu ; au sud , le chandelier d'or avec ses sept lampes continuellement allumées devant sa face; entre.ces deux vaisseaux , mais un peu plus près du grand voile, l'autel d'or où brûle le parfum du matin et celui du soir; derrière nous , le premier voile que nous venons de dépasser, devant nous, le second voile ou porte du propitiatoire avec ses magnificences; à notre droite et à notre gauche, les ais du tabernacle revêtus d'or pur et conservant encore l'empreinte du sang et de l'huile dont Moïse les avait arrosés; sur notre tête, enfin, le pavillon de même tissu que les deux voiles , resplendissant des mêmes couleurs bleue, pourpre, écarlate, et parsemé, comme le grand voile, de chérubins brodés en or (1).

(1) Il n'est pas dit de quelle matière étaient faits les chérubins du pavillon et ceux du voile , mais c'était apparemment d'or comme ceux du propitiatoire dont ils étaient en quelque sorte le reflet.

Page 1