LA TABLE DE PROPOSITION
d'Israël: (1) de là le nom de pains de proposition ou exposition donnés à ces gâteaux {hébreu , pains des faces , c'est-à-dire pains qui demeurent placés sous la face, sous le regard de Dieu). Sur chaque pile, est un petit vase d'or rempli d'un pur encens qui brûle continuellement devant Dieu (2). Les pains sont renouvelés tous les sabbaths; ceux qu'on ôte appartiennent à la ms^ison sacerdotale , et les sacrificateurs , légalement nets , les mangent dans un lieu saint (3) (Ex., XXV, XXVI, XXXVII, XL. Lév., XXIV. Nomb., IV).
Il y a donc sur la table douze pains selon le nombre des douze tribus. On a remarqué que chaque pain de la table d'or avait exactement le même poids que les deux pains de la Pentecôte tournoyés devant l'Eternel, que les gâteaux accompagnant l'holocauste du matin et celui du soir et que la mesure de manne assignée à chaque Israélite dans le désert (4); c'est qu'en effet les gâteaux posés sur la table d'or, comme ceux de la Pentecôte, comme ceux de Tholocauste, étaient un pieux et solennel hommage rendu par le peuple à Celui qui le nourrissait maintenant de la manne au désert, et qui plus tard devait le repaître du plus pur fro-
(1) D'autres croient que les pains étaionl placés sur six rangées, de deux chacune, à peu près comme les pierres sur le pectoral. Quant à la quantité de blé nécessaire pour faire les gâteaux ,et autres offrandes de même sorte , les Hébreux pouvaient aisément la tirer d'Egypte et même de la péninsule sinaïlique.
(2) C'est l'opinion la plus probable ; il n'est pas à présumer que les gâteaux fussent simplement saupoudrés d'encens.
(3) Cependant, nous lisons que, dans un pressant besoin , David et ses gens en mangèrent sans qu'ils en aient été blâmés en aucune sorte, parce que Dieu neut miséricorde plutôt que sacrifice (1 Sam. , XXI)
(4) Exode , XVI, 16. Lév. , XXIII , 13-17 ; XXIV, 5 Deux dixièmes (d'épha) étaient exactement la même mesure qu'un homer.
^2B L\ T4BLB DE PEOPOSITION.
ment au pays de la promesse. Toulefois, en(re l'hommage annuel de la Pentecôte et l'hommage journalier des pains, il pouvait y avoir cetie différence, que, dans le premier cas, l'Eternel était honoré comme le souverain possesseur du pays, le vrai propriétaire du blé dans le champ; dans le second, comme le possesseur et le distributeur du blé serré dans la maison. L'encens fumant sur les pains ajoutait encore à ce témoignage de la gratitude nationale.
Les pains de proposition et la fumée des aromates nous disent à quel point le Seigneur tient à la reconnaissance de ses créatures , et avec quel empressement nous devons lui présenter le tribut de tout ce que nous possédons de biens temporels, nous souvenant qu'il les appelle k mon froment, mon vin, mon huile, ma laine, mon lin. « Les sacrificateurs qui mangent les pains de proposition remplacés nous rappellent cette parole de l'Ecriture, que celui qui sert à l'autel doit participer à l'autel, et que celui qui annonce l'Evangile doit vivre de l'Evangile ( 1 Cor. , IX ). Pour faire les pains , les Hébreux ont apporté à l'Etemel leur froment le plus pur; offrons-lui ce que nous avons de meilleur, nous gardant d'imiter ceux qui, selon l'expression du prophète , ne lui donnent que ce qui est « de vil prix et méprisable (Mal, L 1 Sam. , XV). » Enfin, que jamais le sentiment de la pauvreté, de l'indignité de nos offrandes, ne nous empêche de les présenter au Seigneur; car l'encens, la bonne odeur de Christ est là, toujours là, pour lui rendre agréable en tout temps l'hommage de notre reconnaissance et de notre adoration (Phil. , I et IV. 1 Pierre, II).
Tel est le sens moral du symbole. Voici maintenant le sens figuratif.
La table d'or, cest Jésus en tant qu'il pi-ésente à notre