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Le ministère enfin qu'ils accomplissent

D'abord au parvis.

Au lieu qu'Aaron renouvelait continuellement les mêmes sacrifices dont l'annuelle répétition ne servait qu'à mieux constater leur impuissance relativement à la purification de la conscience ,. et dont le fruit purement cérémoniel appartenait exclusivement à la nation juive , Jésus a offert, dans la plénitude du temps. Tunique et grand sacrifice qui consomme et sauve à plein tous les croyants , Gentils comme Juifs, et qui , par cela même, ne veut plus être renouvelé.

Puis , dans le sanctuaire.

Aaron entrait dans le sanctuaire terrestre, à travers le tabernacle d'assignation (lieu saint), ouvrage de la main des hommes, et en soulevant un voile de lin. Il y rentrait toutes lesànn^esj puis, il en ressortait sitôt ses fonctions terminées. Il y entrait seul et par la vertu du sang des victimes expiatoires, sang dont l'aspersion ne procurait à la nation juive qu'un rachat annuel , cérémoniel et figuratif. Il ne soulevait un instant le voile que pour le laisser retomber immédiatement après. Enfin , il se tenait debout devant le propitiatoire , comme un pécheur devant le Saint, comme un serviteur devant son maître et un sujet devant son roi.

Mais Jésus est entré dans le vrai tabernacle, dans le ciel même, à travers le double voile de sa chair et des cieux , ouvrage de la main du Créateut». Il y est entré par la vertu de son propre sang, qu'il a mis devant Dieu sur le vrai propitiatoire , dont l'efficacité dure à toujours, et qui nous a obtenu un étemel rachat. Il a déchiré pour jamais le voile, c'est-à-dire que , par sa mort douloureuse , il nous a pleinement manifesté et pleinement ouvert le chemin des cieux. Et non-seulement il est entré dans le vrai sanctuaire, mais il y est resté, afin de comparaître en la présence de Dieu pour nous ; et non-seulement il y est resté, mais il s'y est assis, assis à la place d'honneur, sur le vrai propitiatoire, à la

droite de la Majesté divine , au-dessus de tous les anges , comme le

ZlO NOTES.

Seigneur, et le Seigneur ayant achevé sur la terre l'œuvre que le Père lui avait donnée à faire. Maintenant, sa famille entière, composée de Gentils comme de Juifs , la vraie postérité d'Abraham , la royale sacrificature , est admise avec lui et par lui dans le sanctuaire céleste où elle entre, non plus un jour de Tannée seulement, mais tous les jours , mais à toute heure $ — non plus en tremblant , comme Aaron dans le tabernacle typique, mais dans une pleine assurance, comme le Christ dont elle est revêtue ; — où, de plus, elle demeure et où elle sert le Père en esprit et dans la liberté glorieuse de ses rachetés.

Enfin , l'épître aux Hébreux , opposant les deux sacrificatures relativement à la troisième période de leurs ministères respectifs, nous montre Aaron ne sortant du sanctuaire terrestre, en la grandejouméedes propitiations, que pour annoncer au peuple, par le fait même de son retour dans le parvis , une rédemption purement cérémonielle et préfigurative , im rachat simplement annuel , tandis que Jésus-Christ, apparaissant une seconde fois sans péché, doit apporter à ceux qui l'attendent, un salut effectif, complet, éternel , et introduire l'Israël de Dieu dans la joie et la gloire de son Seigneur.

Tel est le parallèle entre les deux sacerdoces : parallèle admirable dont les traits , largement semés dans l'épître , où ils sont , tantôt délicatement insinués, tantôt franchement articulés, durent vivement impressionner les fidèles de la circoncision. 11 en ressortait pour eux l'inévitable obligation, l'impérieuse nécessité, d'en finir au plus tôt avec les ombres de la loi, avec les formes extérieures du judaïsme, pour s'en tenir irrévocablement aux vivantes, aux glorieuses et éternelles réalités de l'Evangile.

Un passage de l'épître résume les principaux traits du parallèle ou, si l'on veut, du contraste (X^ 11-14) : Tout sacrificateur donc est debout chaque jour^ administrant , et offrant souvent les mêmes sacrifices^ qui ne peuvent jamais ôter les péchés. Mais Celui-ci ayant offert un seul sacrifice pour les péchés , s'est assis pour toujours à la droite de Dieu , attendant ce qui reste , savoir que ses ennemis soient mis pour le marchepied de ses pieds. Car, par une, seule oblation , il a perfectionné pour toujours ceux qui sont sanctifiés. Il n'était pas possible de faire saillir plus fortement la supériorité du nouveau sacerdoce sur l'ancien , de faire ressortir plus vivement, l'une par l'autre, l'impuissance de celui-ci et l'efficacité de celui-là. Au lieu qu'Aaron debout

(grec), tous les jours daus le parvis « mais particulièrement le jdur des propitiations dans le sanctuaire, où il n'avait la liberté de s'asseoir nulle part, fût-ce à la place la plus humble , où il ne restait que le temps strictement nécessaire à l'accomplissement de sa tâche; au lieu, disons-nous, qu'Aaron debout offrait continuellement les mêmes sa- , orifices , sacrifices d'animaux , lesquels ne pouvaient jamais 6ter les péchés ni consommer l'adorateur; Jésus-Christ , ayant offert le grand et unique sacrifice de lui-même , par lequel il a ôté nos péchés et nous a sanctifiés et consommés à perpétuité, s'est a^sis (Ps. CX) dans le sanctuaire céleste , à la place d'honneur, sur le trône de la magnificence , au-dessus des anges , des dominations , des principautés , des puissances et de tout Nom qui se nomme , non-seulement dans ce siècle , mais dans celui qui est à venir.

Note M, page 336. — Jésus véritable intermédiaire entre Dieu et nous dans le culte.

Rappelons ce que nous avons dit plus d'une fois ; il n'y a plus de sacerdoce particulier sur la terre, Jésus ayant fait cesser tout sacerdoce en instituant le sien ^ il n'y a plus de caste cléricale, de caste intermédiaire entre Dieu et l'humanité, Jésus ayant aboli le prêtre ou l'ayant multiplié. Un seul est prêtre , c'est le Christ , et nous sommes tous prêtres, nous qui croyons en lui { 1 Pierre , II). Tous les fidèles, sans nulle exception, s'approchent librement de Dieu par Jésus, n'ayant besoin pour cela d'aucun autre intermédiaire : entre eux l'égalité sacerdotale est complète ; nul chrétien n'a le droit de s'interposer entre le Père et mon âme j par Jésus , je vais directement au trône , directement au cœur de Dieu. Mais, d'autre part , hâtons-nous de le répéter aussi , la sacrificature que le Seigneur attribue indistinctement à tous les siens n'anéantit en aucune façon le ministère dont il lui a plu d'en investir quelques-uns.

N'opposons pas le sacerdoce au ministère. Mais n'opposons pas non plus le ministère au sacerdoce : laissons-les plutôt agir collatéralement et se développer en pleine liberté dans la sphère que Dieu leur a respectivement assignée.

Au reste , la fausse notion que nous combattons est d'origine romaniste ou plutôt juive j c'est, en ce point, le retour au premier ordre

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de choses sacerdotal ; c'est le patron terrestre préféré de fait à la réethé céleste, le culte abaissé du ciel en terre ; c'est le renversement des pensées de Dieu. Le clergé a succédé au sacerdoce lévitique, les laïques ont remplacé l'assemblée d'Israël. A celui<-là de s'approcher de Dieu , à ceux-ci de se tenir à distance et comme à la porte du tabernacle ; les ecclésiastiques sont dedans , les laïques dehors, comme si , par Jésus, ecclésiastiques et laïques^ s'ils sont régénérés, n'avaient pas tous également la liberté d'entrer dans les lieux saints par la foi qu'ils ont en lui I ou, plutôt, comme si les croyants n'étaient pas tous également ecclésiastiques l

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