‹ Le camp et le tabernacle du désertChapitre 62 sur 68 · ILOTES · texte numérisé non relu

ILOTES

point des choses très-saintes j tandis que le sacrificateur assisterait avec turim et le thummim. Lisez plutôt jusqu*à ce que le sacrifica^ teur^ etc., comme dans le témoignage parallèle Néhém., Vil, 65 j c'est le môme texte , c'est le même mot , et le passage ainsi traduit exprime simplement qu'on avait un instant conçu l'espoir de les retrouver.

Au reste, on ne sait pas de quelle manière Dieu rendait ses oracles par le moyen des urim, et comme tout ce qu'cm a dit là-dessus nous paraît plus curieux que solide , nous préférons confesser ingénument notre ignorance et passer outr«.

Note D, p. 130. — Entre les deux Vêpres.

Entre les deux vêpres , ou les deux soirs (Ex., XXIX , 39), c'està-dire entre le déclin du soleil et son coucher ; ou bien , suivant notre manière de compter, entre deux ou trois heures de l'après-midi et six heures du soir, vers l'équinoxe : car c'est un moment fixe dans l'année, et qui est réglé d'après le mouvement de la terre autour du soleil, vers cette époque-là ; le soleil alors commence à décliner vers deux ou trois heures, c'est le premier soir ; et il disparaît vers six heures , c'est le second soir. On offrait donc l'agneau d'holocauste (celui du soir) entre trois et six heures de l'après-midi. C'est dans la même portion du jour qu'on immolait aussi l'agneau pascal. Telle est du moins l'opinion généralement admise. Ce qui semblerait la confirmer, c'est ce que l'historien Josèphe rapporte, à savoir que, de son temps, les Juifs immolaient la Pàque deux ou trois heures avant le coucher du soleil,et peut-être aussi ce que disent les évangélistes sur l'heure à laquelle Jésus fut crucifié.

Cette opinion cependant ne s'accorde point avec Ex., XII , 8 , ni surtout avec Deut., XVI, 6. D'après ce dernier passage, il est évident que la Pâque devait être célébrée entre le soleil couchant et la nuit close. Entre les deux vêpres signifierait donc entre le soleil couchant et la nuit close j ce qui s'accorderait avec Ex., XXX , 8, où il est dit qu'Aaron devait allumer les lampes du chandelier d'or entre les deux vêpres ; car il eût été sûrement bien inutile de les allumer si longtemps avant le coucher du soleil ; et d'ailleurs nul doute que les sacrificateurs n'aient rempli cette fonction dans le sanctuaire à la môme heure où ils y portaient les nouveaux pains de proposition pour les

placer sur la table d'or, près du luminaire , ce qu'ils ne faisaient qu'après le soleil couché ( Lév. XXIV, 8). « On arrangera les pains » devant rElemcl chaque jour de sabbath » Or, le sabbath commençait le soir immédiatement après le coucher du soleil. ( Voir encore Ex., XXVn, 21, etc.)

Telle était l'institution et telle aussi la pratique primitive. Les Juifs s'en écartèrent par la suite sans qu'on puisse dire à quelle époque, ni pour quelles raisons (toutefois l'innovation n'était pas si généralement établie qu'on n'eût la liberté de faire aussi la Pâqae le soir, comme on peut le conclure de Matth., XXVI, 17, 18, 20). Jésus serait donc mort à l'heure où l'agneau pascal était égoi^é de son temps; mais, comme on le voit, il y aurait toujours coïncidence entre le crucifiement du Sauveur et l'immolation de l'agneau pascal et de celui d'holocauste ; ce qui suffît à notre but.

Puisque nous avons l'occasion de le dire , il parait que , du temps du Seigneur et de ses apôtres , l'oblation du parfum journalier avait également dévié, quant à l'heure, de l'institution et de la pratique primitives , et qu'elle avait lieu, comme aussi la prière qui l'accompagnait, vers la neuvième heure , trois heures de l'après-midi (Luc, 1, 10. Actes, III, 1), l'encens continuel étant offert dans la même portion du jour que l'holocauste continuel.

Note E , page 165. — Sens typique des Sabbaths.

Le sabbath préfigurait les destinées du peuple de Dieu. — Lo sabbath du septième jour représentait le repos de Canaan (Deut., XI î, 9. Hébr., III , 17, 18), repos rapproché, purement matériel et d'une durée limitée. — Le sabbath de la septième année, qui apportait avec lui , outre le repos et le culte , la remise des dettes à tout débiteur hébreu^ la liberté avec un présent^ etc. (Deut., XV, 2, 12-14. XXXI, 10, 11) ; le sabbath de la septième année, regardant un temps plus éloigné , préfigurait le repos spirituel et journalier de celui qui croit, la paix du fidèle qui a obtenu la rémission de ses offenses , Vaffranchissement par le Fils , avec le don de la vie étemelle. — Enfin , le sabbath de la cinquantième année , où l'on publiait la liberté pour tous les Hébreux , sans excepter ceux qui étaient asservis à des étrangers, et où chacun rentrait dans sa possession et dans sa famille.

(Lév., XXV, 10, 46, 54) ; lesabbalh delà cinquantième année , disons-nous, était le type spécial du repos , encore à venir, que Dieu réserve à Israël entièrement affranchi de la dure servitude des nations, et remis en pleine possession de son pays et de tous les biens qui lui appartiennent ; il était probablement aussi Timage prophétique de ce relâche dont parle saint Paul aux Thessaloniciens ( 2 Thess., II ), du repos éternel que Dieu prépare à l'Eglise , introduite dans la liberté de la gloire , prenant enfin possession de l'héritage de son Père et se réunissant à sa famille qui est dans les cieux (Hébr, IV).

Note F, page 168. — Si Jésus a fait la Pâque légale la dernière année de sa vie.

Les uns , se prononçant pour la négative , disent que le souper qu'il fit le jeudi soir avec ses disciples était un simple repas où Ton ne mangea pas l'agneau pascal. — D'autres affirment que le Sauveur et ses disciples anticipèrent la Pâque , et la firent le jeudi , les Juifs seulement le vendredi soir. Le plus grand nombre pense que Jésus fit la Pâque légale le jeudi soir , comme tous les autres Juifs. Mais , la seconde opinion est pourtant celle qui paraît la plus sûre ( Matth. , XXVI, 20. Jean, Xm,25XVni,28;XlX, 14, 31)j en sorte que nous avons bien pu dire que Jésus est mort sur le Calvaire à l'heure où les Juifs immolaient la victime pascale et que, par la coïncidence la plus merveilleuse , on vit la figure et le corps , l'ombre et la substance , se rencontrer et se réunir à cet auguste et solennel instant.

Note G, page 182. — Amen y amen, je vous dis, si le grain de blé tombé dans la terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais/il meurt , [il porte beaucoup de fruit (Jean, XII, 24).

Jésus est le grain qui devait tomber en terre et y mourir avant de porter du fruit. 11 est seul quand il tombe dans le sol , c'est-à-dire quand il meurt ^ car, il faut , avant tout , que , par sa mort , il racheté l'Eglise et se l'acquière. Mais, après l'avoir rachetée, il ressuscite, possédant en propre l'Eglise, cette Epouse bien-aimée qu'il pourrait

justement nommer une épouse de sang (Ex., IV), puisque c'est au prix de sa mort sanglante qu'il vient de se Tacquérir. Mis seul dans le sillon , Jésus ne s'en relève pas seul; descendu grain dans la tombe , il en remonte épi , épi riche et contenant des millions de grains.

Frappante image I que de choses elle nous ditl Comme celle des prémices de Torge, et plus vivement encore, elle peint Funité de Christ et de l'Eglise ; de même que Fépi est tout dans le grain , qu'il en procède en entier, qu'il en est le développement, ainsi l'Eglise est en Christ, elle est de Christ, le développement, le complément du Second-Homme (Eph., 1 , 23, grec)^ tirée de sa propre substance, comme l'horamesse {ïschahj fut jadis tirée de l'homme [Isch)^ faisant partie de lui et portant son nom (Gen., H). L'image peint, en outre, la conformité de Christ et de l'Eglise ; car les grains que contient l'épi ressemblent parfaitement au grain semé qui les a produits , au grain primitif; aussi Paul déclare-t-il que Jésus est le premier-né entre plusieurs frères^ prédestinés à porter sa ressemblance dans tout leur être (Rom., VIII). L'emblème du grain proclame de plus les bienheureuses conséquences de l'unité et de la conformité de Christ et de l'Eglise, à savoir la résurrection et la gloire de celle-ci ; car, encore une fois, comme le grain matériel, mis en terre, en remonte épi , épi dont tous les grains ressemblent au grain semé et s'élèvent naturellement à la hauteur de la tige qui les porte , de même aussi le grain céleste , mis seul en terre, en est remonté épi , épi magnifique dont tous les grains sont destinés à lui ressembler en toute chose , épi glorieux dont le développement ne connaît point de bornes et qui maintenant cache sa tête dans les lieux très-hauts. Tous les grains mystiques doivent s'élever un jour à la hauteur de Christ. L'Eglise , déjà virtuellement ressuscitée et assise^ en lui dans les lieux célestes , doit ressusciter réellement comme lui (1. Thess., IV), au matin du jour d'éternité, afin qu'étant, selon le propos arrêté du Père, rendue parfaitement conforme en tout son être au divin Prototype de la nouvelle création , elle aille, épouse sainte et irrépréhensible , s'asseoir personnellement à ses côtés sur le trône de la magnificence divine , au-dessus de tout Nom qui se nomme, non- seulement dans ce siècle, mais aussi dans celui qui est à venir.

Note H, p. 187. — Les solennités juives et leur enchaînement considérés au point de vue symbolique.

Sans revenir sur les deux premières solennités (la Pâque et la Pentecôte), que nous avons suffisamment développées , nous passerons immédiatement aux suivantes.

3. La solennité des Trompettes, premier jour de Tannée civile. — Outre qu'elle conviait le peuple à bénir hautement l'Eternel pour les bienfaits reçus dans Tannée qui venait de s'écouler, et de ce qu'il lui était donné de voir Tan nouveau , elle annonçait d'avance Tannée de la bienveillance du Seigneur , cette dispensation nouvelle de vie et de paix durant laquelle la Parole évang^lique devait retentir jusqu'aux extrémités du monde , et remplir TIsraël de Dieu d'une sainte et universelle jubilation (Ps XIX. Rom., X, 18). Prélude aussi de la trompette du septième ange , elle annonçait la dispensation finale de gloire éternelle qui doit accomplir et couronner l'économie actuelle de grâce et de salut.

La Pâque avait eu lieu le premier mois de Tannée (sacrée), et la Pentecôte le second. Dès-lors, jusqu'au septième, plus de fêtes. Silence complet de plusieurs mois. Mais tout-à-coup , au début du septième mois (premier de Tannée civile) , la trompette de la grande Néoménie annonce la proximité des propitiations ou expiations , et des tabernacles. Le long espace dont nous parlons représenterait la durée de l'économie actuelle. Silence complet de la part de Dieu , silence de la Pâque et de la Pentecôte chrétiennes jusqu'au moment où le son des trompettes apocalyptiques , termi. ant la dispensation de grâce, doit ouvrir celle de gloire. Alors se dérouleront rapidement tous les préludes de cette dernière économie : la publication de l'Evangile du royaume dans tout le monde , l'annonce solennelle de la victoire prochaine du Christ et des saints sur tous leurs adversaires , ei de l'accomplissement final du mystère de Dieu prédit par tous les prophètes ; en un mot , tous les événements compris dans la septième trompette qui proclamera le jugement imminent du monde en la pleine délivrance du peuple de J)ieu, en même temps qu'elle appellera les rachetés de Christ à se tenir prêts pour la journée de s^n

avènemenUApoc. , X , 7; XI , 15; XIV; XVI; etc.). Alors le type des trompettes aura obtenu son entière réalisation.

&. Dix jours après la fête des trompettes on célébrait celle des Propitiations. Le souverain sacrificateur, après avoir immolé les victimes expiatoires, allait, en ce grand jour de jeûne, en placer le sang devant Dieu dans le lieu très-saint ; puis , reparaissant à la vue du peuple, il lui apportait Tassurance du pardon de Jéhovah, et sacrifiait ensuite Tbolocauste. Imposante solennité retraçant à nos yeux , avons-nous dit , tout ce qu'il y a de plus grand dans l'Evangile ; la mort du Sauveur , sa résurrection , son ascension , sa séance à la droite du Père, son retour en gloire, el l'étemelle bénédiction de ceux qui l'attendent pour le salut. Nous avons également ajouté que jamais elle n'était plus remarquable qu'en l'année du jubilé {iobcl^ mot hébreu, signifiant cor ou troppetle : Lév., XXV, 9). En effet, la trompette qui annonçait le retour de cette année , la grande année du calendrier juif , se faisait entendre le jour même des expiations , et au moment où le souverain sacrificateur, ayant achevé les propitiations nationales, sortait du lieu très-saint et bénissait le peuple au nom de l'Etemel. A cet instant solennel, la trompette jubilaire, saluant Tannée de la bienveillance , l'an favorable du Seigneur , proclamait la remise entière de toutes les dettes , la délivrance générale de tous lés captifs , la réhabilitation complète de tous les Israélites dépossédés , dans Tbéritage et les droits de leurs pères. .Tout Israël soupirait après ce jour , image de celui où le Christ devait annoncer aux pécheurs la pleine rémission de leurs offenses, aux captifs de Satan et du péché l'ouverture de leur prison (1) ; image encore du jour bien autrement glorieux où la trompette d© l'archange rassemblera les élus des quatre vents, où le souverain Sacrificateur de notre profession, sortant du sanctuaire céleste, couronné de gloire et d'honneur, et consommant la délivrance de ceux que le Père lui a donnés , les bénira solennellement et les introduira lui-même dans la pleine possession de l'héritage dont ils n'ont maintenant que les arrhes (Eph., I, !&•).

(1) Les anciens Juifs disaient que le Fils de Dieu deyait apparaître au dernier jubilé d'Israël. Or, un calcul, qui semble exact, établit que, si le jubilé eût continué d'être observé jusqu^à la venue du Seigneur, l'année où Jean-Baptiste commença de prêcher eût été une année jubilaire, et par conséquent la dernière de la nation, puisque cinquante ans après la république n'existait plus.

NOTES. 3ft3

5. La fête des Tabernacles ou de la Récolte avait lieu le quinzième jour du septième mois, cinq jours après celle des Expiations (1). Outre les 'buts moraux que nous avons indiqués , à savoir, de remercier Dieu pour toutes les récoltes heureusement achevées à ce moment , et de lui faire hommage de tous les dons de sa munificence (Eccl. , 111 , 13) , comme aussi de lui rendre grâce d'avoir si magnifiquement tiré son peuple du désert pour l'introduire en un pays découlant de lait et de miel (Lév. , XXllI) , la fêle avait un but mystique que nous avons également signalé. L'Eglise de Jésus-Christ, étrangère et pèlerine dans le désert de ce monde, n'a point ici de demeure assurée ; elle habite sous la tente de ce corps mortel , qui déchoit de jour en jour , pour retourner enfin dans la poudre d'où il a été tiré, ce qui faisait dire à saint Pierre : Je sais, que le temps de déposer ma tente est proche; et à saint Paul : Nous savons que , si notre habitation ter' restre de cette tente est détruite , nous avons un édifice qui vient de Dieu , savoir une maison éternelle dans les cieux^ qui ri est point faite de main (2 Pierre, I. 2 Cor. , V). Mais, dans le désert que l'Eglise traverse , Christ est le rocher qui la suit , pour la couvrir de son ombre et la rafraîchir de ses eaux , jusqu'au jour où , la délivrant de toutes les tribulations du désert, il l'introduira dans la céleste Canaan, dans la nouvelle Jérusalem, Alors toutes larmes seront essuyées de ses yeux , l'Agneau la paUra et la conduira aux vives fontaines des eaux ; alors le Tabernacle de Dieu sera avec les hommes , t7 habi-tera avec eux et ils seront son peuple^ et Dieu lui-même sera avec eux (Es. XXXV. Apec. , VII , XXI).

Enfin , le type indique aussi l'époque à laquelle l'Eglise doit entrer dans la joie de son Seigneur : c'est le huitième jour, correspondant au premier de la semaine , à celui où Jésus , où les prémices de ceux qui dorment, est ressuscité des morts. En ce jour, qui ne finira point, l'Eglise sortira de la tombe, moisson glorieuse entièrement conforme à de glorieuses prémices , pour jouir, au-delà des économies (au-delà du nombre 7), d'un ordre de choses tout nouveau et bien supérieur à toutes les bénédictions qu'elle a possédées jusqu'à présent (p. 80). En ce grand jour, le Seigneur,

(1) Il paraît que Tannée de treize mois a de bonne heure été en nsage parmi les Juifs \ autrement la dernière récolte ne serait pas tombée régulièrement sur la même épo<iae. Nous en disons autant des autres récoltes et de toutes les solennités juives.

aimé de sa faucille , coupera la moisson de la terre , alors complètement mûrie; il recueillera dans ses greniers la multitude qu'on ne peut compter, rassemblée d'entre toutes les nations, les peuples et les langues; mais il foulera les méchants dans la cuve de sa fureur (Apoc, V, VII , XIV, XIX. Es., LXIll). Alors la fête des tabernacles aura obtenu son plus bel antitype.

Le Saint-Esprit semble faire allusion à cette fête solennelle , et aux branches de palmier et autres arbres qu'on portait alors dans le temple au milieu des acclamations et des chants de réjouissance , quand il nous montre (Apoc. , VII) , dans le sanctuaire céleste, la multitude innombrable des rachetés ayant des palmes dans leurs mains, et célébrant les éternelles miséricx)rdes de Celui qui est assis sur le trône et de T Agneau ; c'est la fête des tabernacles célébrée dans le ciel (Apoc. , VII) , comme il nous la montre ailleurs célébrée sur la terre pendant le millenium (Zach. , XIV).

Telles sont les solennités juives d'après le XXI II« du Lévitique. , Pri^s tout à la fois dans leur ordre naturel et dans leur corrélation mystique, elles semblent offrir le tableau résumé de la pensée suprême relativement à l'Eglise et à Israël , spécialement les grands traits de l'histoire et des desUnées de la nation juive.

Envisageons- les d'abord relativement à l'Eglise.

1. La Pâque, — Mort et résurrection de Jésus-Christ suivie bientôt après de son ascension.

2. La Pentecôte. — Descente du Saint-Esprit et son action puissante dans les âmes; conversion des Juifs, bientôt suivie de celle des Gentils; leur consécration à Dieu, ôomme de saintes prémices, et leur réunion en un seul corps , l'homme nouveau.

3. Les Trompettes. — Après un long intervalle, rempli par la présence et l'action du JSaint-Esprit , accumulation d'événements vers la péripétie (comme dans le type): avant tout, pressentiment et annonce du retour prochain de Jésus-(Jhrist et de sa victoire consommée sur tous ses ennemis ; appel à son Eglise à se tenir prête pour le jour de son avènement (Apoc).

k. Les Expiations. — L'Eglise est invitée à s'humilier à l'approche de l'avènement du souverain Sacrificateur qui vient , dans sa gloire , afin de bénir ceux qui l'attendent pour le salut.

5. Enfin, ks Tabemachs. — Résurrection des justes introduits dans

les greniers du Père 5 leur entrée dans la vraie Canaan , leur joie et leur allégresse éternelle. Le jugement et la condamnation des méchants foulés dans la cuve de la colère de Dieu.

C'est ainsi que , en moins de 45 versets, le XXIII« du Lévitique a le secret de décrire symboliquement l'histoire entière de la Rédemption. Admirable et profond enchaînement des solennités juives 1 Remarquez surtout la liaison de la première et de la dernière , de la Pèque et des Tabernacles.

La Pâque. — Christ, les prémices, ressuscite des morts.

Les Tabernacles, — La masse, c'est-à-dire tout ce qui est de Christ, ressuscite à son avènement (1).

Un long intervalle s'écoule entre la résurrection des prémices et celle de la masse ; il embrasse toute l'économie actuelle , dont il permet l'entier développement-*- sept mois — nombre parfait, indicateur d'une dispensa tion complète.

La Pâque est le point de départ des Tabernacles ; les Tabernacles sont le complément de la Pâque. Tout découle de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ, faits immenses qui sont la base et ie fondement de la Rédemption, dont le terme final sera l'apparition du Rédempteur et la glorification de son Eglise.

De la Pâque et surtout de la Pentecôte aux Tabernacles , administration du Saint-Esprit. Aussitôt descendu, le Consolateur règne au milieu d'elle. 11 règne depuis l'oblation des deux pains , provenant des prémices (Juif et Gentil) , jusqu'à la dernière et glorieuse récolle. Il rassemble les élus par le ministère de la Parole et des messagers qui la portent jusqu'au bout de la terre , formant ainsi , pour le Nom du Seigneur, le nouveau peuple qu'il tire d'entre les nations ; il en unit les membres en un seul Corps, dont Christ est la Tête bénie (Act, , I , XV. Eph., I, II, IV. Col, , 1, Il , III). Il le conduit dans la vérité, le dirige, le protège, le console et le sanctifie jusqu'au jour delà pleine . Rédemption.

(1) Quant à répo({ue de la moisson , il ne faut pas trop presser Timage ; nous ferions ressusciter l'Eglise beaucoup trop tôt ; c'est à l'idée générale de récolte, et non à celle de telle ou telle récolte particulière, qu'on doit s'attacher ici. L'ensemble du XX!!!*" du Lévitique nous conduit nécessairement à placer la résurrection de l'Eglise, non à la Pentecôte (juin) où le froment est coupé, mais aux Tabernacles ( septembre) ou fête de la récolte j c'est-à-dire à l'entrée de l'arrière-saison et quand tout îe rapport de la (erre est recueilli (Lév. , XXIIl, 39).

3C0 NOTKS.

Le XXI n« du Lévitique résume de même en symbole Thistoire de la nation juive.

1. La Pâque (ayant le même sens pour Israël que pour TEglise), la Pâque préfigure, avons-nous dit, la mort et la résurrection de Christ.

2. La Pentecôte j la descente du Saint-Esprit sur les disciples, la conversion des prémices juives, arrhes d'une plus abondante effusion de l'Esprit sur le peuple et gage de sa pleine restauration (Joël, H , 28 , 29).

3. Les Tfampetteê annoncent que l'économie actuelle va finir , et que Dieu va recommencer ses relations avec Israël , toujours aimé à cause des pères. Le résidu fidèle du peuple entend la trompette retentissante de la grande Néoménie , saluant Tannée de la délivrance (Es. , LXIll) , et l'invitant à se retourner vers l'Etemel et à se préparer pour le jour des expiations (Ps. XLVII , 5).

4. Les Expiations. — Nous les avons envisagées relativement à l'Eglise; elles se rapportent pareillement à la nation juive. Pleine effusion de l'Esprit sur Israël. Retour et apparition du Christ. Humiliation, pardon général de la nation. L'année du rachat et du grand jubilé de Dieu (Es., LXIII); accomplissement du magnifique oracle d'Esaïe, XXVII , 12 , 13.

5. Enfin , les Tabernacles, — Israël sauvé, rappelé dans le pays de ses pères , est rétabli dans tous ses droits , mis en possession de toutes les bénédictions de l'alliance de paix (Jér., XXXI. Es. , LI V. Ezéch., XXXVI). Ressouvenir reconnaissant du passé, pleine jouissance du

La première et la dernière solennités juives, la Pâque et les TabernacleSy seront encore observées par la nation durant l'âge béni du millenium (Ezéch., XLV. Zach., XIV): la première apparemment comme étant le symbole de la mort expiatoire du Christ , source unique de toutes les bénédictions de l'âge futur; la seconde comme étant le symbole des grâces que le peuple de Dieu doit posséder alors ; car, le Seigneur a voulu, sous toutes les dispensations, qu'auprès de la bénédiction conférée , il y en eût toujours le signe : maintenant , le baptême et la cène à côté de la régénération et de la justification pleine et entière du croyant ; un jour, la fête des tabernacles à côté des jouissances inénarrables du monde à venir. .

Note I, p. 280. — La Verge d'Aaron et l'Urne d'or à côté de l'Arche.

Paul (Hébr. , IX , 4) semble mettre l'urne et la verge dans l'arche, et non à côté ; mais au lieu de lire : dans laquelle (arche) était rume d'or y etc. , lisez plutôt : dans laquelle (tente, tente intérieure) était Vune d'or, etc. Le grec comporte cette manière de lire, et les parallèles la veulent, car il fut expressément recommandé à Moïse de j!>lïcef Vurne d'or et la verge fleurie d'Aaron devant le témoignage et non dedans (Ex., XVI, 33, 34. Nomb. , XVII , 10) , et le premier livre des Rois (VIII, 9) dit positivement que l'arche ne contenait autre chose que les tables de Falliance (voir aussi 2 Chron., Y, 10). — A moins peut-être que , dans le verset des Hébreux (IX, 4), on ne préfère rendre par avec y la préposition grecque ordinairement rendue par dans ( sens qu'elle admet aussi 5 voirEph., I, 8, jrcc), et lire en ce cas : avec laquelle (arche) était l'urne d'or^ etc. — Il semblerait, d'après 1 Sam. , VI, 15, et Deut, XXXÏ , 26, qu'auprès de l'arche il y avait encore le livre de la loi de Moïse et un petit coffre renfermant des vases d'or.

Note K, p. 286. — Les Chérubins du Propitiatoire.

Nous croyons que les chérubins du propitiatoire représentaient le» anges. D'autres pensent qu'ils représentaient l'Eglise, et la principale raison qu'ils en allèguent, c'est que les chérubins et le propitiatoire ne formaient qu'une seule et même pièce; or, disent-ils, l'Eglise est pareillement un seul Corps avec Christ; elle naît de lui comme les chérubins naissaient du couvercle de l'arche ; c'est de lui qu'elle tire son existence et sa vie : car et celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous d'un (Héb., II, 11). — Nous trouvons bien, nous aussi, dans le symbole, l'expression de l'unité de Christ et de l'Eglise, mais nous la voyons ailleurs , à savoir dans l'intime union du coffre et du propitiatoire. Quant aux chérubins du propitiatoire, nous croyons qu'ils n'avaient pas une autre intention symbolique que les chérubins brodés sur le grand voile et sur le pavillon, et que les uns comme les autres représentaient les anges qui sont dans le ciel , tous les

chérubins du tabernacle devant naturellement avoir la même signification. Ajoutons que , dans l'ancien Testament , le nom de chérubins est toujours réservé aux anges , à une classe particulière d'entre eux au moins. L'Ecriture en parle souvent. Elle nous les montre fermant à l'homme déchu le retour en Eden , puis servant de trône et de char à l'Eternel. Elle les peint ayant quatre faces : celle d'un homme (humanité, sympathie, réflexion) ; celle d'un bœuf (force, patience) ; celle d'un lion (puissance, générosité, majesté) 5 enfin celle d'un aigle (perception pénétrante, promptitude d'action). (Gen., III. Ps. XVIII, 11. Ezéch. , I, etc.).

Note L, p. 308. — Le XV l"" du Lévilique dans ses rapports avec rEpître aux Hébreux y ou l'ancienne et la nouvelle Sacrificature comparées.

Les deux remarquables portions de l'Ecriture que nous venons de nommer reflètent l'une sur l'autre de merveilleuses lumières. Comme on a pu le voir par tout ce qui précède, notamment par les p. 290 è 308, le chap. XVI du Lévitique est une des principales clefs de l'épître aux Hébreux. L'épître, à son tour, est le commentaire divin du chapitre. C'est le même sujet , mais présenté sans voile ; c'est le même drame sacerdotal : accompli d'abord en figure sur la terre, l'épître nous le montre transporté dans le ciel , où maintenant la vérité , le corps, remplace éternellement les ombres. Tel est le thème que l'Apôtre développe; mais, comme le but qu'il poursuit dans les Hébreux est essentiellement polémique , et qu'il se propose de ramener les fidèles de la circoncision, des formes extérieures du judaïsme auxquelles il les voyait opiniâtrement attachés , il ne se contente pas d'exposer le sujet, de montrer, dans le sacerdoce chrétien, l'accomplissement, la substance, la perfection du sacerdoce juif ; il argumente, il discute, il controverse ; il oppose tabernacle à tabernacle , ministre à ministre, victime à victime, établissant ainsi la supériorité du nouvel ordre de choses sacerdotal sur l'ancien. Le parallèle ou plutôt le contraste, l'opposition qu'il trace, roule essentiellement sur trois points • la personne des sacrificateurs, le sanctuaire dans lequel ils officient, le ministère enfin qu'ils accomplissent.

1. La personne des sacrificateurs. — De Christ à Aaron, il y a

NOTES. ^m

toute la distance qui sépare le corps de Tombre , le saint du pécheur, le Fils de Dieu du fils d'Hamram , le Créateur de la créature (Hébr. 1).

2. Le sanctuaire dans lequel ils officient. — Aaron n'avait pour sanctuaire qu'un tabernacle terrestre , ouvrage de la main des hommes ; Christ a pour sanctuaire le ciel même où maintenant il prie pour nous, couronné de gloire et d'honneur (Rom., VIII. Hébr., II).

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