‹ Le camp et le tabernacle du désertChapitre 8 sur 68 · LE CAMP DISRAEL VU A DISTANCE · texte numérisé non relu

LE CAMP DISRAEL VU A DISTANCE

Il ne faut pas se représenter le désert d'Arabie comme une immense plaine de sable complètement unie. C'est un pays passablement accidenté, semé de loin en loin de bouquets de palmiers, de genêts épineux et de petites broussailles que broute en passant le chameau du voyageur, et à l'ombre desquels lui-même peut se reposer un instant: agréable oasis au sein d'une nature brûlée du soleil, morte et désolée. Elevons-nous sur une de ces ondulations du sol, légèrement revêtues de quelques végétaux languissants qui, de distance en distance, dominent les vastes et sablonneuses plaines du désert, et prenons un coup-d'œil général du camp des Çébreux.

Au moment où nous le contemplons, il est établi à Kadès, dans le désert de Tsin (Nomb., XX). C'est là que vient de mourir Marie, sœur de Moïse et d'Aaron.

Nous sommes placés à l'orient du tabernacle autour du-

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quel sont dressées les lentes disraôl, et nous avons la face tournée vers l'occident. Le camp se déroule en eniier devant nous : vaste enceinte formée par des pieux fixés dans le sol^ et renfermant ce qu'il y a de plus précieux au monde; point brillant au milieu du désert : en dedans, la lumière, la vie, la bénédiction; en dehors, l'obscurité, la désolation, le silence et l'immobilité de la mort.

Le premier objet qui frappe nos regards, c'est la nuée de gloire, la Schechinah , reposant sur le tabernacle. De jour, vaste et magnifique parasol, elle ombrage le pavillon de l'Eternel et les dix mille milliers de Jacob. De nuit, colonne resplendissante de feu, admirable météore, elle jette ses vives clartés jusque sur les points les plus distants du camp d'Israël. C'est le symbole et le gage de la présence du Roi- Jéhovah au milieu de ses sujets. Il les nourrit chaque jour de sa manne ; il les restaure de ses eaux ; il les guide pas à pas dans leurs traites, il les bénit, les protège; il est leur s(rfeil et leur bouclier (Exode, XL. Norab., X. Ps. CV, 39),

Les tribus l'environnent dans l'ordre le plus parfait. D'abord celle de Lévi entoure immédiatement sa demeure dont elle a la garde. Moïse et Aaron avec leurs familles ont dressé leurs pavillons à l'orient du sanctuaire et devant la porte du parvis. C'est le poste d'honneur. Au sud du tabernacle campent les enfants de Kéhalh (1), à l'occident ceux de Guersom , au nord , ceux de Mérari (Nomb. , III) , tous ayant leurs chefs particuliers soumis à un capitaine général, lequel est maintenant Eléazar fils d' Aaron (Nomb., III, 32).

Les autres tribus, à leur tour, environnent celle de

(1) Cesl la première place après celle de la maison d' Aaron ; elle appartiendrait de droit aux enfants de Guersom , fils aîné de Lévi ; mais en considération de Moïse , elle est donnée à ceux de Kéhalh , second fiîs de Lévi et aïeul de Moïse et d' Aaron.

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Lévi (1), formant aussi comme elle quatre grandes divisions qui correspondent aux quatre divisions lévitiques et comprennent chacune trois tribus ralliées sous une bannière générale (Nomb. , II).

La première division, composée des tribus de Juda, d'Issacar et de Zabulon , tous trois fils de Léa, rangées sous rétendard général de Juda, campe à l'orient du tabernacle et devant la porte du parvis, en face de la maison sacerdotale ou première division lévitique; c'est la place naturellement réservée à la division que commande la tribu qui devait porter le sceptre en Israël et donner naissance au Christ.

La seconde division, rangée sous l'étendard de Ruben, premier-né de Jacob, justement dépossédé des privilèges de la primogéniture (Gen., XLIX); la seconde division, comprenant Ruben , Siméon , tous deux encore fils de Léa , et Gad, fils de Zilpa servante de Léa, campe vis à vis de la seconde division lévitique, au midi du tabernacle.

La bannière générale d'Ephraïm se déploie à l'occident sur les tentes d'Ephraïm , de Manassé, l'un et l'autre petitsfils, et de Benjamin, filsdeRachel, composant la troisième division^ du peuple, correspondant à la troisième division lévitique. Tandis que, au nord, la bannière de Dan flotte par-dessus la quatrième division dlsraél , forte des tribus de Dan et de Nephlali, l'un et l'autre fils de Bilha servante de Rachel, et d'Aser, fils de Zilpa servante de Léa, et correspondant à la quatrième division des enfants de Lévi.

(1) A la distance présumée de 2,000 coudées (environ 3,500 pieds) , dix ou quinze minutes de chemin ; c'est l'intervalle que Dieu plus tard prescrivit de laisser entre les tribus et l'arche au passage du Jourdain (Jos. , III , 4) , et c'est aussi le chemin d'un sabbat. Les tentes s'ouvraient du côté du tabernacle , pour que chaque Israélite eût les yeux tournés vers l'Eternel et pût l'adorer à l'entrée de son habitation ( Nomb. , U , 2 ).

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Voilà l'ordre du camp. Ainsi chaque division renferme trois tribus ou légions et a son conducteur spécial; chaque tribu, chaque famille a de même le sien (Nomb., I, II). Réunies, elles forment un total de plus de 600,000 combattants. C'est l'armée de l'Eternel. Le camp tout entier, y compris les étrangers, Egyptiens et autres qui accompagnent ou qui servent les enfants de Jacob, compte plus de 2,000,000 d'individus, occupant un espace de terrain de plusieurs lieues de circuit : vaste et mobile cité au milieu des plaines du désert

Nous le contemplons au repos. Bientôt, au signal donné par les trompettes retentissantes, il se remettra en marche. Alors chaque famille se serrera autour de son drapeau ou guidon particulier ; les guidons de familles ou cohortes se rallieront autour de l'enseigne de la tribu ; les enseignes des tribus se rangeront sous les bannières générales de leurs divisions respectives, et les divisions, selon leur ordre, celle de Juda la première, celle Dan la dernière, suivront, comme un seul homme, la nuée miraculeuse qui dirige sûrement leurs pas vers le bon pays de la promesse. La division de Juda et la division de Dan, par la supériorité numérique de leurs hommes de guerre, sont très-propres à former, l'une l'avant-garde , l'autre l'arrière-garde de l'armée de l'Eternel (Nomb., X, 25).

Telles sont les admirables dispositions qui président aux campements et aux traites du désert. C'est dans cet ordre que les enfants d'Israël , tirés d'Egypte à main forte et à bras étendu, traversent sans nulle crainte ces vastes solitudes de l'Arabie, oii les tribus cananéennes eussent facilement pu les inquiéter, si ce n'est les surprendre et les envelopper dans leur marche. Le doigt de Dieu se montre dans la disposition générale du camp des HébreuX; comme il paraît

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aassî dans toute leur histoire et toute leur religion. Moïse n'eût certainement pas conçu de lui-môme un arrangement si parfait. Ce que les Grecs et les Romains, ce que les nations les plus policées de la terre, n'ont obtenu qu'après de longs siècles de tâtonnements et de douloureuses expériences, les Hébreux l'ont trouvé dès le premier jour au milieu des sables du désert. Aussi, à la vue de ces millions d'êtres humains rangés, dans un ordre si merveilleux, sous le regard tout-puissant de Jéhovah, comprenons-nous sans peine le saisissement qu'éprouvera plus tard le devin Balaam dans les plaines d'Abel-Sittim , et nous associant d'avance à l'exclamation que l'étonnement et l'enthousiasme arracheront au prophète araméen, nous écrions-nous avec lui : Que tes tabernacles sont beaux , â Jacob , et tes pavillons , ô Israël ! Ils sont étendus comme des torrents , comme des jardins près d!un fleuve y comme des arbres d'aloës que r Eternel a plantés , comme des cèdres auprès de Peau (Nomb. , XXIV, 5, 6) !

Le camp d'Israël parle à notre esprit autant qu'à nos sens. Avant tout, le désert au milieu duquel il est dressé, le désert habité par des tribus nomades et des bêtes malfaisantes^ n'offrant à l'homme aucun aliment, dépourvu de tout jalon^ de tout signe indicateur de route; le désert nous peint vivement l'état actuel de ce monde sur lequel repose l'anathème de Dieu. Patrie et lieu de repos de l'Amalécite, il n'est pour Israël , affranchi de l'esclavage du démon , qu'un lieu de désolation , qu'une solitude affreuse qu'il traverse pour aller à la céleste Canaan. Il ne peut y vivre que de foi. Tout sur cette terre maudite à cause du péché, tout lui vient d'ea-haut : aliment, breuvage, direction, protection, délivrance (Deut., I, etc.). Heureux si, chaque jour, il sait boire de l'eau du Rocher qui l'accompagne (1 Cor., X. Exode, XVII, et Nomb., XX), se nourrir de la manne des

cieux el du miel distillant de la roche ! heureux s'il cherche son bonheur dans la communion de Jésus ! autrement, il court le danger de reporter, vers le monde qu'il a quitté , des^ regards et des regrets adultères, de soupirer après les aulx^ les poissons et les porreaux d'Egypte.

La nuée miraculeuse reposant sur le tabernacle et protégeant Israël est^ sous la loi, le symbole le plus éclatant et le plus majestueux du Dieu trois fois saint qui devait se révéler un jour en la personne adorable du Fils. Heureux Israël (avons-nous sûrement dit plus d'une fois), heureux Israël ainsi protégé, nourri dans le désert, éclairé, conduit de station en station, par la nuée de gloire, signe et gage de la présence et de la faveur de Dieu ! Eglise bien autrement heureuse (devrions-nous ajouter), protégée , nourrie , éclairée au désert de la vie, non plus par un symbole, mais par le Seigneur lui-même, corps et substance de ce symbole, présent au milieu d'elle par l'Esprit saint, le divin Consolateur, et la conduisant de traite en traite jusqu'au lieu de son éternel repos!

C'était sans nul doute un étonnant miracle que ces centaines de milliers de créatures humaines, journellement nourries au désert de la rosée du ciel, en même temps qu'une admirable leçon de confiance donnée à tous les enfants de Dieu. C'est un miracle bien autrement grand qud ces mille millions d'âmes immortelles rachetées par Jésus- Christ, nourries par lui d'âge en âge au désert de ce monde, journellement repues de cette manne divine qui n est autre chose que lui-même se donnant à nous pour pâture.

Et quel spectacle encore que celui de ces bannières sans nombre flottant au loin sur les pavillons de Jacob 1 L'une d'elles surtout, celle qu'a arborée la royale tribu de Juda> attire notre attention. Elle nous rappelle une bannière d'doe

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ftutre sorte, bannière glorieuse, Jésus-Christ lui-môme, Jéhovah notre étendard, le porte-enseigne entre dix mille, notre signe de ralliement, notre force et notre victoire; sous la garde du Lion de la tribu de Juda , nous marchons en assurance comme une armée déployant ses drapeaux, et nous sommes, nous qui. croyons, plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés (Exode, XVII, 15. Ps., LX, 4. Cant, V, iO. Rom., VIII, 36. Âpoc, V, 5).

L'Ange de l'Eternel campait autour de son peuple au désert et le protégeait. Il campe encore autour de ceux qui le craignent et les garantit : heureux qui se fie à sa protection! il ne sera point confus — Mais, bien que protégé par le Seigneur, Israël au désert se tenait pourtant sur ses gardes; et, constamment prêt à repousser ses ennemis, il ne déposa point Tépée qu'il n'eût entièrement conquis le pays de la promesse. Ne déposons pas non plus l'armure dont le Seigneur nous a revêtus avant que nous ayons achevé notre terrestre pèlerinage et que nous soyons entrés dans le repos de Dieu (Eph. , VL Rom. , XIII. Hébr. , IV).

Le tabernacle, avons-nous dit, est le symbole et l'ombre des choses célestes ( p. 6 ). Au sanctuaire, à l'arche qui était dans le sanctuaire, à l'autel des p*arfums placé sur la limite du lieu saint et du lieu très-saint, au chandelier d'or et à ses sept lampes brûlant devant Dieu continuellement, à la cuve d'airain, correspondent le ciel, le trône de grâce qui est dans le ciel , l'autel devant lequel officie notre grand Sacrificateur, la douce et pure lumière des sept Esprits qui sont devant le trône, la mer de verre transparente comme du cristal. Au sang qui était répandu sur le propitiatoire, ou couvercle de l'arche , le jour des expiations, correspond de même l'Agneau qui se tient comme égorgé devant Dieu dans le Irône (Apoc. , V).

Le camp d'Israël représente le peuple de Dieu, et Tordre du campement préfigure celui de l'assemblée générale des rachetés (1). Les sacrificateurs qui environnent immédiatement le tabernacle et l'arche, et qui seuls pénètrent dans le sanctuaire en la personne du souverain pontife, rappellent les quatre êtres vivants et les vingt-quatre anciens (2) qui sont assis dans le trône et autour du trône. Les tribus rangées autour des sacrificateurs rappellent de même les cent quarante-quatre mille marqués d'entre toutes les tribus d'Israël , comme aussi la multitude qu'on ne peut compter , rachetée d'entre toutes les nations, et se tenant devant le trône y lavée et blanchie dans le sang de l'Agneau (Apoc. , V; VU; XIV, 3) (3).

Point de communion entre Israël et les tribus errantes du désert. Point de communion entre l'Eglise et les enfants du siècle. Bien qu'elle vive au milieu du monde, elle ne doit cependant pas se mêler avec lui ( 1 Cor., V. 2 Cor., VI ) : peuple dispersé parmi les peuples et se tenant à part entre les nations (Esther, III, 8), elle ne doit avoir de relation avec les inconvertis que pour réfléchir sur eux les pures lumières de la gloire de Christ.

La vue du camp d'Israël éveille encore en nous d'autres pensées. Dieu est un Dieu d'ordre et de paix ( 1 Cor. , XIV). Il a, dans tous les temps, établi la hiérarchie au milieu des

(1) Nous sommes porté à croire que, pour en avoir une plus entière intelligence, il faudrait Tétudier à la fois relativement à YEglise, à IsrcUfl ei aux nations y et qu'il retrace symboliquement la glorieuse hiérarchie du siècle à venir telle que nous venons de Findiquer.

(2) Les vingt-quatre anciens ; allusion possible aux vingi-quatre rangs ou déparlements de la sacrificalure lévitique sous David (1 Chron., XXIV).

(3) Dans les visions de Jean , comme dans le camp du désert, nous retrouvons la hiérarchie indiquée , pour PApocalypse, par les mots soulignés.

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siens. Autant il aime Tordre, l'harmonie et la subordination, autant il abhorre l'anarchie et la confusion. Voilà ce que nous dit le camp des Hébreux : la tribu de Lévi tout près de l'Eternel, puis les autres tribus à une certaine distance. Soumises à l'ordre du Seigneur , dans leurs stations comme dans leurs traites, elles prennent humblement, autour du pavillon de Jéhovah, les places qui leur sont respectivement assignées. Ah 1 puisse le vrai camp du Seigneur offrir aussi le même spectacle! puisse chaque enfant de Dieu, comprenant le symbole , se tenir modestement à la place que lui désigne la mesure de grâce qu'il a reçue ( Col. , II , 6 ) ! Autant que le cléricalisme ou domination sacerdotale, le Seigneur abhorre le coréisme (Nomb. , XVI, 3), ou radicalisme religieux , celte plaie odieuse des derniers jours.

Le camp était l'habitation de l'Eternel et de son peuple , et le symbole de. la communion avec l'un et l'autre. Etre dans le camp, c'était se trouver dans la communion du Seigneur et des siens, dans la lumière et la joie de sa présence bénie. Etre hors du camp, c'était se trouver privé des bienfaits de la première dispensation ; c'était être excommunié. Il en est de même quant à l'Eglise. Quiconque est, par la foi, dans sa communion participe à tous les biens dont elle jouit sous la houlette du souverain Berger. Le Seigneur est l'ombre qui le garantit du soleil ardent de l'affliction, la lumière qui le guide au chemin des cieux , le fidèle et puissant gardien qui le protège contre tous ses ennemis, la manne enfin qui le nourrit et l'eau qui le désaltère. Mais le pécheur incrédule?.,, nul ombrage, hélas ! ne garantit sa tête exposée au soleil de l'épreuve ; nulle lumière n'éclaire ses pas aux sentiers de la vie, nul aliment ne restaure son âme affamée; séparé du Seigneur et de son peuple, étranger aux alliances de la promesse, sans Dieu,

sans espérance au monde , il demeure sujet à la colère et à réternelle malédiction (Eph. , II).

Le camp dlsraêl , au moment où nous le contemplons, est donc Thabitation de l'Eternel et de son peuple. Plas lard, ce sera Jérusalem. La ville sainte correspondra ou succédera au camp du désert. Le temple de Sion sera le palais du grand Roi. Autour de lui seront rangées les demeures dlsrael. C'est la pensée de Paul (Hébr., XIII). Il assimile la ville sainte au camp des Hébreux. Sortir de Jérusalem ou sortir du camp, pour lui c'est tout un. Mais que

signifie l'acte du Seigneur sortant de Jérusalem ? Jésus

sortant de la porte, c'est Jésus rejeté de la nation juive, excommunié repoussé pour nous, et de la terre et du ciel; mais c'est aussi de fait Jésus rejetant, excommuniant, à son tour, la nation juive, lui donnant la lettre de divorce et rompant complètement avec elle (Jean , I. Esaïe, L).

Encore une réflexion. C'est du tertre, sur lequel nous sommes , que nous voyons le camp d'Israël. A cette hauteur et à cette distance , nous n'avons pas sous les yeux le spectacle affligeant de ses désobéissances journalières. C'est de haut et de loin, s'il est permis de parler de la sorte, que lé voit aussi Jéhovah, le Dieu fort, clément, riche en grâce, quand , par la bouche de Balaam , et après les quarante années de transgressions et de révoltes , dont il vient d'être l'objet et le témoin dans le désert, il déclare (Nomb., XXIII) qu'il ri a point aperçu d'iniquité en Jacob, qu'il n'a point vu de perversité en Israël, C'est pareillement de haut et de loin , c'est de toute la hauteur de son amour éternel en Christ , que le Père voit l'Eglise, et il la voit irrépréhensible et glorieuse, n'ayant ni tache, ni ride, ni aucune autre chose semblable (Eph., V). C'est de haut et de loin, c'est en Christ uniquement que nous devrions la voir aussi, nous;

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alors 1 au lieu de nous aigrir, de nous scandaliser peut-éire par le spectacle rapproché de ses nombreuses misères auxqudles cependant nous participons nous-mêmes, nous la verrions plutôt revêtue dans tous ses membres de la justice de CbrisI, parée de la beauté suprême d'Emmanuel et nous répéterions avec TAraméen : // n'y a point d'iniquité m Jacob , point de perversité en Israël; son Dieu est avec lui, et ilya en hd un chant de triomphe royal.

Nous ne quitterons point l'élévation sur laquelle nous nous sommes placés , sans faire une dernière remarque. La nuée miraculeuse, que nous contemplons de loin, nous rappdle encore cet oracle d'Esaïe (IV) : L'Etemel créera sur toute' l'étendue du mont de Sion et sur ses assemblées, une nuée de jour avec une fumée , et une splendeur de feu flamboyant de nuit; car la gloire se répandra partout; et il y aura de jour une cabane pour donner de l'ombre contre la chaleur, et pour servir de refuge et d'abri contre la tempête et la pluie. Allusion manifeste à la nuée du désert, riche et magnifique promesse faite aux Hébreux pour les derniers jours! A sa première venue, ils ont vu le Christ comme un rejeton sortant d'une terre altérée et l'ont méprisé; à son prochain avènement, ils le verront comme le germe de l'Eternel plein de gloire et d'excellence, et l'adoreront (Esaïe, IV; LIIL Zach., XIV ). Alors, de nouveau, il sera pour la nation sainte, une sauv^arde, une protection toute-puissante, un frais et complet ombrage dans les ardeurs du jour, un flambeau resplendissant au sein des ténèbres de la nuit -— Mais ce que Jésus veut être pour Israël, il l'est dès à présent pour l'Eglise ; il l'est en particulier pour moi : pensée chère à mon cœur! Dans le désert que je traverse, puissé-je demeurer assis à l'ombre du Bien- Aimé et jouir à plein de s^ soins et de son amour !

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