‹ Le camp et le tabernacle du désertChapitre 7 sur 68 · AUTRES OBLATIONS · texte numérisé non relu

AUTRES OBLATIONS

lifier rholocausle el le sacrifice pour le péché, comme le fait, par exemple, la version française de Martin (Lév., IX, 16). Non-seulement les deux sacrifices différaient quant à leur forme, ils différaient bien plus quant à leur caractère lévitique : tandis que Tholocauste montait toujours eu suave odeur devant Dieu, la victime expiatoire était comme chargée du péché de celui qui la présentait, de telle sorte qu'en hébreu ( comme en grec , 2 Cor. , V, 21 . Hébr. , IX , 28 , elc.) le même mot désignait le péché et le sacrifice offert pour Texpier,

B. AUTRES OBLATIONS LÉVITIQUES.

Sous ce chef, nous comprenons essentiellement la gerbe d'orbe mûre, apportée à Fautel le jour de Pâque ; les deux pains levés, provenant des prémices du froment, offerts le jour de Pentecôte ; les fruits offerts à Dieu durant la fête des Tabernacles ; en général , les prémices ou premiers fruits des céréales et de tous les autres produits de la terre apportés au sanctuaire du printemps à Tautomne. Simple hommage de reconnaissance , on les présentait devant Tautel , sans en rien mettre dessus. L'oblation des prémices nationales avait quelque chose de particulièrement doux et solennel.

Sous le même chef, nous rangeons encore les pains placés sur la table de proposition , les prémices de la toison des brebis destinées aux lévites; les dîmes levées sur les grains, sur l'huile, le miel, le vin, et généralement sur tous les produits du sol (l)(Lév., XXIII; XXVII, 30. Nomb , XV, 20; XVUI, 12, 13. Deut.,XIV, 22; 23. XVIII, 4, etc ). Le

(1) Les pharisiens affectaient de payer jusqu'à la dîme des moindres lierbes ( Malth, , XXIll ),

XXVI® chap. du Deutéronome contient les paroles que Tlsraélite devait prononcer en apportant au Seigneur les prémices et les dîmes.

Tel est l'exposé sommaire des saintes oblations d'Israël : tantôt individuelles et tantôt nationales ^ tantôt spontanées et tantôt obligatoires. Ajoutons quelques mots sur la part que le Seigneur y accordait à ses ministres pour leur entrelien. Bien que privés de tout héritage en Israël, ils ne manquaient cependant de rien , Dieu leur cédant une partie considérable de ses droits sur les riches revenus de sa maison. 11 faut lire ici le chap. XVIIP des Nopabres. Pendant qu'ils dressaient la table du Seigneur, le Seigneur, à son tour, préparait leur propre table, et, la couvrant de ses mets les plus excellents, partageait avec eux les oblations que lui apportait chaque jour la piété de son peuple. S'il ne leur permettait, comme on l'a vu, de loucher, ni à la graisse intérieure, ni à l'holocauste, réservés pour l'autel, en revanche, il leur attribuait une portion du minehah (gâteau ), Fépaule droite et la poitrine du sacrifice de paix, la chair de l'offrande pour le délit, et, dans la généralité des cas, celle aussi de l'offrande pour le péché. 11 leur accordait , de plus , les premiers-nés des bêtes pures, l'argent du rachat des premiersnés des hommes et de ceux des bêtes immondes, tous les objets frappés d'interdit ou confiscation , les dîmes d'Israël (1), les prémices de tous les produits du sol, les pains de proposition et autres offrandes de même espèce.

Ainsi, répétons-le, leur table était magnifiquement pour-

(1) Les dîmes de toutes les tribus, sans excepter celle de Lévi. Les lévites payaient à la maison sacerdotale la dixième partie de la dîme qu'eux-mêmes avaient reçue de la main du peuple ( Nomb. , XVIII ).

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Yae, el le principe divin, que celui qui sert à Tautel doit vivre de l'autel , largement pratiqué à leur égard. Les sacrificateurs faisaient cuire à leur propre foyer les viandes qui leur étaient allouées pour leur nourriture, le feu de Fautel ne devant servir qu'aux sacrifices et aux encensements. Ils mangeaient seuls, et dans le parvis, les choses réputées très-saintes, à savoir : le gâteau, là chair des offrandes pour le péché et pour le délit ; mais dans leur demeure et en un lieu net, c'est-à-dire exempt de toute impureté cérémonielle , le sacrifice de paix, les dîmes, les prémices, etc.; ils les mangeaient, avec les membres de leurs familles légalement purs, hommes et femmes, y compris les esclaves achetés à prix d'argent et les serviteurs nés dans la maison ; mais, les membres impurs de la famille, non [Jus que les étrangers et les mercenaires , ne pouvaient y toucher sous peine de mort(Lév., VI, 25, 26; VU, 6; VI, 18; VII, 20; X, 12-14, 17; XXII, 10, 11. Nomb., XVllI, etc. )

Enfin , pour ce qui regarde les lévites, le Seigneur avait de même richement pourvu à leurs besoins, ayant dressé pour eux une table non moins digne de sa munificence divine, comme on peut s'en convaincre par la lecture du même chap. des Nombres (XVIII).

Nous venons d'esquisser les grands traits de l'Institution lévitique, de la lettre y de l'omôre, opposées à V esprit , à la vérité. Ajoutons maintenant que ces rudiments du monde , faibles et misérables en eux-mêmes et ne pouvant ôter le péché ni procurer la vie (Gai, IV, 9. Hébr., IX, 13, 2 Cor., III, etc.), n'en étaient pas moins nécessaires en leur temps et à leur place , et parfaitement adaptés à l'état du peuple de Dieu durant sa minorité. Dans le vaste plan

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de la rédemption, dans le système admirable d'éducalîoiK progressive que le Seigneur suivait à l'égard de la natioa sainte, ils formaient le chaînon intermédiaire, indispensable, entre la promesse faite à Abraham et son accomplissement en Christ. Nous avons déjà brièvement indiqué les usages de la loi. Elever autour dlsraël une clôture salutaire et le préserver ainsi de tout mélange avec les nations; régler la conduite de ce peuple; lui rappeler, sous de frappants symboles, son ignorance, sa dépravation naturelle, la réprobation que l'homme mérite, lui remettre continuellement devant les yeux le besoin pressant qu'il avait de l'indulgence et de la miséricorde divines, par-dessus tout diriger ses espérances ver& la dispensation plus spirituelle que devait apporter le Messie, et la lui faire appeler de ses vœux les plus ardents : tel fut sans nul doute le but du Seigneur en instituant l'économie légale. Et ce but fut pleinement atteint relativement à la partie intelligente et spirituelle de la nation. Sentant bien, en particulier, qu'il n'existe nulle proportion, nul rapporl^entre la nature du péché et celle des sacrifices offerts pour l'expier^ comprenant de même que la loi, n'ayant que l'ombre des biens à venir, l'ombre du vrai sacrificateur, l'ombre du vrai sacrifice, l'dmbre des vraies bénédictions, ne pouvait, par tous ses rites, purifier la conscience dé l'adorateur ni lui ouvrir le chemin du ciel ; les Juifs véritablement pieux tournaient leurs regards vers le Libérateur annoncé dès la ehute, vers l'oblation qu'il devait offrir dans la plénitude des temps, vers la rédemption parfaite, en un mot, que promettaienl à la fois tous les symboles du Lévitique et tous les oracles des prophètes.

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