‹ Le Canada agricole et industriel [microforme]Chapitre 3 sur 8 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

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Il y a quelques années, le Canada était peu connu ; son rapide développement attire aujourd'hui l'attention des capitalistes européens en quête de placements avantageux.

Le grand débouché offert par la république voisine à l'immigration, les avantages exceptionnels accordés aux colons, et, par dessus tout, la confiance sans bornes qu'inspirait la prodigieuse vitalité du peuple américain, avaient fasciné et entraîné vers ce pays, jusqu'à ces derniers temps, les classes émigrantes du vieux continent.

On ignorait ce qui se passait au Nord.

Les efforts toujours laborieux et plus d'une fois héroïques tentés par le Canada pour prendre sa place au soleil passaient inaperçus, effacés qu'ils étaient dans l'ombre gigantesque du colosse yankee.

Il n'en est plus de même aujourd'hui. La volonté tenace du peuple canadien, sa persévérance à toute épreuve, l'ont placé, malgré l'infériorité numérique de sa population, (1) au deuxième rang des nations de l'Amérique du Nord.

En Europe, on s'est fait jusqu'à ces derniers temps, une idée aussi fausse que peu avantageuse du Canada. (2)

(1) (Moins de 6,000,000 d'habilanls).

(2) Les renseignements suivants concernant- la climatologie du Canada sont extraits d'un excellent ouvrage sur le pays, de Mr Paul Decazep.

Pour boauioup de personnes, cette importante colonie n'était qu'un pays perdu, couvert de torêts inextricables et de savanes marécageuses, enseveli, pendant sept ou huit mois de l'année, sous une épaisse couche de neige.

On ignorait l'incomparable fertilité de son sol, la salubrité incontestable de son climat, l'accroissement relativement prodigieux de sa population ; en un mot, tout ce qui constitue les nombreuses et inépuisables ressources que renferme cet immense territoire.

Le Canada, dont la superficie est évaluée à 3,470,392 milles carrés, (8,987,937 kilomètres) est borné : au nord, par le territoire de la Baie d'Hudsou, au 52e degré de latitude ; à l'est, par l'océan Atlantique ; à l'ouest, par l'océan Pacifique ; au sud, par la frontière nord des Etats-Unis.

Si l'on considère que l'Europe, les îles comprises, ne dépasse pas 3,860,000 milles carrés, on se rend facilement compte de l'importance de ce pays. S'il est peu peuplé encore, c'est en raison de l'immensité de sa surface territoriale, dont plusieurs centaines de millions d'acres, d'un sol exceptionnellement fertile, sont encore inexploitées.

On exagère beaucoup, ordinairement, l'âpreté du climat canadien. Au Canada les hivers sont rigoureux, c'est vrai, et la neige y couvre le sol pendant près de cinq mois de l'année. Mais, en revanche, ces froids secs et vivifiants, que l'on envisage avec tant d'horreur, donnent la torce et l'énergie aux populations qui l'habitent ; cette neige ellemême, si redoutable en apparence, tout en étant le préservatif le plus efiicace des plantes qu'elle garantit contre la gelée, procure aussi, aux habitants des villes et des campagnes, un mode de locomotion des plus rapides et des moins coûteux. Les étés sont habituellement chauds, c'est incontestable ; mais l'atmosphère n'y est jamais lourde et sufîbcante comme dans les régions de l'Amérique méridio-

nale, ou dans certaines contrées du sud de l'Europe. Cette température provoque et soutient une des végétations les plus luxuriantes qu'il y ait au monde.

A Montréal, la température moyenne des trois mois d'hiver est de dix degrés centigrades, à peu près la même qu'à St. Petersbourg. D'après des rapports météorologiques d'une autorité incontestable, dans cette ville, la moyenne de janvier, le mois le plus rigoureux de l'année, varie entre dix et onze degrés centigrades. Ces mômes rapports constatent que la moyenne de juillet, le mois le plus chaud au Canada, varie entre vingt et vingt-deux degrés.

Jamais, cependant, ni cette grande chaleur, ni ce froid tant redouté ne deviennent assez intolérabliîs pour empêcher le cultivateur canadien de vaquer aux travaux d'exploitation de sa ferme.

Les variations considérables que l'on remarque entre les froids les plus grands de l'hiver et les jours les plus chauds de l'été, sont loin d'être aussi préjudiciables à la santé des habitants qu'on pourrait se l'imaginer au premier abord. Des statistiques sérieuses ont démontré que, toutes proportions gardées, le chiffre des décès y est plus de moitié moins élevé qu'en France et en Angleterre.

La meilleure preuve à donner de la salubrité du climat, c'est la vitalité tout exceptioniK^le do la population du Canada, en général, et le développement vraiment prodigieux de la race française, en particulier. Le Haut et le Bas- Canada qui comptaient, en 1768, 05,000 âmes, tout au plus, possédaient, lors du recensement d(^ 1881, 2,282,255 habitants, dont 1,176,568 d'origine française. Si nous ajoutons à ce dernier nombre environ 500,000 Canadiens-Français disséminés dans les autres provinces de la Confédération et aux Etats-Unis, nous en arrivons à constater que, dans l'espace de cent dix-huit am, ce petit groupe de Français s'est mul-

ède d'innomeucore.

tiytliii ythxti du viHgt-ciNif fois par hu siiiipl»' f'or.o d'i-xpiiiision et «ans le secours de l'émigration étrangèn».

On doit conclure de ces observations, et cela en dépit do toutes les opinions scieiitiKques émisos pour expli(pier le peu d'augmentation relative de la population en France, que la race française possède des qualités tout aussi colonisatrices, à ce point de vue, qu'aucune autre race au monde. Cette progression rapide de la population, au Canada, est due un peu, sans doute, à la salubrité du lîlimat et beaiicoup, probablement, à la moralité des habitants. Quoiqu'il en hoit, si cet accrqissement continue à se maintenir, avant la fin du siècle prochain, il y aura dans les colonies anglaises de l'Amérique du Nord plus de Français qu'en France même.

Chacune des provinces du Canada possède d brables ressources, pour la plupart inexploitées eue

Les forêts séculaires qui couvrent une partie considérable de son territoire offrent une variété infinie de bois, fort appréciés pour la construction et l'ébénisterie. Des centaines de rivières, au cours rapide, peuvent taire mouvoir des milliers d'usines alimentées par les produits naturels du pays. Ses chemins de fer, ses canaux, ses lacs, grands comme des mers, son fleuve Saint-Laurent qui, à plus de cent soixante lieues de son embouchure, devant Montréal, a encore une largeur d'au moins deux milles et demi, et une profondeur suffisante pour permettre aux steamers du plus fort tonnage d'y manœuvrer à l'aise, sont autant d'avantages sérieux offerts au développement du commerce et de l'industrie.

Enfin, mettant en ligne de compte un grand nombre de manufactures et d'usines de toutes sortes, une immense quantité de produits minéralogiques enfouis dans le sol, on se fera une idée des richesses inconnues que renferme ce

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payK iii«Vitublt»ment d»'Htiué à jouor, un jo\iv ou l'autre, un rôle important, si. ion brillant, parmi les pouplew du Nouveau-Monde.

Six lijrneH de chemin de ter donnant collectivement plus de 14,200 milles (22,847 kil.) de voies terrées, sont eu exploitation au Canada.

Durant les huit dernières années écoulées, le <-ai>ital des chemins de ter canadiens s'est accru de 75 o/o, l'étendue du réseau de 85 o/o, le (îhifFre de» voyageurs de 80 o/o, le traHc de 116 o/o et les proHts de 72,66 o/o.

Le Canada possède le système de navigation intérieure le plus parfait qu'il y ait au monde.

La ligne de navigation du St- Laurent et des lacs qui s'étend depuis Duluth, à la tête du Lac Supérieur, jusqu'au détroit de Belle-Isle, sur un parcours de 3,835 kilomètres, est le plus grand débouché naturel du commerce de l'Amérique du Nord.

Les canaux canadiens n'ont pas coûté à l'Etat moins de #33,000,000 (165,000,000 fr.), tant pour le prix de la construction première que pour les améliorations qui ont été entreprises plus tard dans le but de les rendre accessibles aux navires de quinze à dix-huit cents tonneaux.

La marine marchande du. Canada est la troisième du monde, le rapport officiel du ministre de la Marine et des Pêcheries porte le nombre des navires canadiens,- tant des bâtiments à voiles que des steamers, à 7,862, jaugeant collectivement 1,895,410 tonneaux.

Si le perfectionnement de l'organisation des postes et télégraphes peut également être considéré comme l'un des

facfMnru Ipm nlns? imnortants dt» la. nrosiiérité d'un pays.

nous ajouterons que 7,534 bureaux de poste sont établis au Canada, et que 7C,000 kilomètres do fils télégraphiques sillonnent la Puissance.

Le tableau suivant vous présentera un grand ensemble du commerce canadien depuis 1868, année de la fondation de la Confédération, jusqu'à 1886, inclusivement ; C3 tableau est basé sur le chiffre total des exportations et des importations. (1)

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