ANNÉE
Total des exportations.
Total des importations.
Grrand total, importations
et exportations.
Total pour 19 ans
(1) Les sommes représentées dans ce tableau sont évaluées en " flollars", le dollar voul à \wn près notre pièce de cin([ francs. Sa valeur varie selon le ronrs (lu change.
mot
mSÊmmmmmm
Il m'a paru nécessaire de faire précéder ce rapport de l'aperçu général que vous venez de lire, il vous permettra en jugeant son état présent de prévoir l'avenir réservé à la grande colonie anglaise.
Le Canada s'est créé par lui-même, l'act-.vité et l'énergie à toute épreuve de ses habitants, a suppléé à leur nombre.
Maîtresse d'un sol d'une fertilité incomparable, notre aiîcienne possession offre aux populations de la vieille Europe épuisée l'accès du territoire agricole le plus grand et le plus fertile du monde.
mm
Parmi toutes les industries nouvelles qui sont nées au Canada depuis quelques années, offrant aux capitalistes étrangers des placements avantageux et une source de produits rémunérateurs, celle de Nlevage des bêtes à cornes^ sur les immenses et fertiles prairies du Nord-Ouest, se place au premier rang. C'est en 1885, que pour la première fois, des essais furent tentés ; les animaux laissés en liberté passèrent l'hiver en plein air, supportèrent bien les rigueurs de la température et se procurèrent une nourriture abondante.
L'épreuve fut jugée concluante, le succès couronnait les premières tentatives des éleveurs anglais, une nouvelle source de richesses était ouverte au Canada.
C e rapport a pour objet de mettre en évidence :
lo Les avantages particuliers offerts à l'industrie des '* ranchs " par notre Nord-Ouest canadien.
2o Le développement pris par cette industrie depuis
3o L'accjroissement dont elle a été la cause dans le commerce d'exportation des animaux canadiens.
AVANTAGES OFFERTS PAR LE NORD-OUEST CANADIEN A l'industrie des " RANCHS ". DESCRIPTION DU PAYS.
Le Far- West canadien ou région des prairies commence au 97ème degré de Jongitude ouest du méridien de Grreenwich. Il s'étend vers l'ouest sur une longueur de plus de 2,000 kilomètres, et une largeur moyenne de 1,500 jusqu'aux pieds des Montagnes-Rocheuses.
La prairie, sur presque toute sou étendue, est recouverte d'une herbe courte, serrée et d'une excellente qualité ; l'eau est abondante ; les coulées nombreuses et assez profondes pour ojffrir un abri sûr aux troupeaux à l'époque des tempêtes d'hiver.
Pourtant, toutes les parties du Nord-Ouest ne sont pas également propres à l'élevage tel qu'il se pratique sur les " ranchs " où les animaux sont laissés en liberté toute l'année ; le climat varie avec les longitudes et tandis que les troupeaux peuvent passer l'hiver en plein air dans le voisinage des Montagnes-Rocheuses, il est nécessaire de les abriter dans la province de Manitoba.
Le district de l'Alberta, borné à l'ouest par la chaîne des Montagnes-Rocheuses, au sud par la ligne frontière des Etats-Unis, à l'est par la province d'Assiniboine, au nord par celle de l'Athabaska, est de toutes les parties de l'Amérique du Nord, celle qui offre aux éleveurs les territoires " ranchers " les plus riches en pâturages, en eau et en abris naturels.
La superficie de l'Alberta est de 107,700 milles carrés (173,179 kil. carrés.)
L'hiver n'y duri; que trois mois, les animaux le sui)p()r-
— latent mieux que dans les districts " ranchers " des Etats- Unis, du Dakota, du Montana et du Wyoming (1).
(I) Au moment (Je mellre sous presse je reçois la lettre suivante du Dr. McEachran, inspecteur général des districts " rancliers " i)our le gouvernement Fédéral.
Dominion of "I Department of Agriculture, oflice of Ihe cliiel Inspecter Canada. jol" Stock.
To Vicomte de Bouthillier,
Montréal 2 Februarv 1888.
Dear Sik,
In reply to your note ol Ihis morning, I beg to inform you ihat by a lelter received a fow days ago from the Walrond Ranch near Fort McLeod (district ol Alberta), I am inlbrmed that althougli the ihermometer has on several occasions gone down low, there was very little snow, hence stock had abundance of grass and consequently no losses hâve occurred so Tar this winter.
By a telegram received on 31st January 1 am informed that the little snow thaï had been, was entirely reraoved by a chinook wind and that the wealher is now very mild and ail kinds of stock in excellent condition.
I may say that I visiled the Ranches during the Christmas holidays, when I found stock doing as well as could be wished. When we consider the terrible weather and heavy losses sustained by stockmen in Montana, Dakota, "Wyoming and other United States lerritories, and compare them wilh the Ganadian North West during the past six weeks, the superiority of the latter will be fully uppreciated.
I consider that now ranching in Alberta is beyond doubt not oniy practicable, but is bound to be very profitable, as ihe losses of United States cattle, during the previous and présent winters, must make cattle scarceand in conséquence dear.
Youfs faithfuUy,
Dr. McEACHRAN, Chief Inspecter of Stock for Canada.
Dominion du ") Département de l'Agriculture, bureau de l'Inspectour en (Canada. j chef des «' ranchs " canadiens.
Au Vicomte de Bouthillier,
Cher Monsieur,
J ,1 réponse à votre lettre de ce matin, je m'empresse de vous faire savoir que, par une lettre reçue il y a quelques jours du " Waldon Ranch " situé près du fort McLeod (district de l'Alberla), j'ai été informé que, bien que le thermo-
La couche de neige pendant les trois mois d'hiver est peu épaisse (1), les animaux n'ont aucune peine à trouver la nourriture qui leur est fournie par un foin naturel, abondant et de première qualité, conservant toute sa force de nutrition sous la neige.
Les rigueurs de la température sont très amoindries d'aiUeurs, par un vent chaud qui souffle des côtes du Paci-
mèlre ail marqué en plusieurs occasions une température très basse, il n'y avail que forl peu de neige et que les animaux avaient de l'herbe en abondance.—Pour cette double raison, les troupeaux n'ont encore subi aucune perle cet hiver.
Par un télégramme reçu le 31 janvier, j'ai également été informé que la neige qui était tombée avait été complètement balayée par un fort vent d'ouest appelé " chinoock" dans le pays ; que le lemps était très doux et que tous les troupeaux étaient dans d'excellentes conditions.
Je peux ajouter que j'ai visité les " ranchs " à l'époque de Noël j'y ai trouvé les animaux en aussi bon élat que possible.
Quand je mets en parallèle les terribles tempêtes qui viennent de sévir dans les districts " ranchers " des Etats-Unis, du Dakota, du Montana et de l'Wyoming et les lourdes jjertes subies par les éleveurs de ces pays, avec la situation générale de notre Nord-Ouest canadien durant les six semaines qui viennent de s'écouler, je me confirme dans l'idée que la supériorité de notre contrée d'élevage sera complètement reconnue.
Je constate maintenant que l'industrie de l'élevage dans l'Alberta est sans aucun doute non-seulement possible mais en voie de devenir très profitable, en raison surtout des perles d'animaux subies par les Etats-Unis dans les hivers
précédents et celui-ci.
Ces pertes doivent amener la rareté des animaux sur les marchés et une grande élévation dans leur prix.
Votre très cordialement,
Dr McEAGHREN, Inspecteur général des '« Ranchs " canadiens.
La lettre du Dr McEachren en confirmant mon propre dire quant à la supériorité de notre climat canadien sur celui des provinces du Nord des Etats- Unis, fait prévoir pour l'année prochaine une immigration considérable des éleveurs Américains du Dakota, du Montana et de l'Wyoming vers nos territoires " ranchers." 11 deviendra plus difficile, dès lors, de se procurer des terrains offrant toutes les conditions requises pour assurer le succès de l'exploitation qui pourrait être entreprise.
(1) La hauteur de cette couche est d'environ douze ponces et ne dépasse pas dix-huit.
fique, (ot que l'on nomme dans le pays téînooks.) La régularité de ces vents est une des causes de la supériorité de nos territoires " ranchers " sur ceux des Etats-Unis.
La parfaite salubrité du climat est un fait admis et indiscutable.
La pleuropneumonie, et en général toutes les maladies épidémiques auxquelles sont exposés les animaux vivant en troupeaux n'ont pas encore fait leur apparition dans nos districts " ranchers."
Le gouvernement, d'ailleurs, a établi des quarantaines très sévères, aussi bien dans les ports de l'océan que sur la frontière des Etats-Unis. Ces quarantaines ont prévenu, jusqu'à ce jour, toute infection.
Le sol des territoires de l'Alberta est formé de marne végétale noire, très riche, aussi maniable que l'argile, et reposant sur de la marne argileuse. Le sol est friable et très facile à travailler.
Les céréales poussent rapidement.
L'avoine donne de quinze à vingt-quatre hectolitres par arpent. La paille atteint une hauteur moyenne de cinq pieds ; les épis et le nombre de leurs grains sont en proportion.
Les légumes poussent en abondance ; leur grosseur atteint des dimensions inconnues dans nos " vieux pays."
Le foin naturel est abondant ; c'est ce foin qui constitue, comme nous l'avons déjà dit, presque exclusivement, la nourriture des animaux ; on lui donne, dans le pays, le nom d'herbe à buifalo {buffalo-grass).
Les cours d'eau et les lacs sont nombreux ; l'eau est de bonne qualité et les abnrds en sont faciles.
Lo bois se trouve eu aboud;uice, il n'est pas de grande dimension ; il convient néanmoins très l)ien à la construction des étables (?t des corra/a ainsi qu'au chauffage.
Le marché local est considérable, il augmente d'importance chaque jour. (1)
Les petits propriétaires alimentent presque seuls ce marché, les grands éleveurs réservant leurs produits pour l'exportation.
A l'époque de la mise en exploitation des immenses territoires presqvie déserts du Nord-Ouest canadien, c'est-àdire en 1881, aucune ligne de chemin de fer ne les mettait eu communication avec les provinces du Bas-Canada.
Le 11 février 1881, un contrat fut signé entre le gouvernement fédéral et une compagnie privée ; par ce contrat, cette Compagnie s'engageait, aux prix de certains avantages accordés par le gouvernement, à relier par une ligne transcontinentale l'océan Atlantique à l'océan Pacifique.
Aux termes du contrat,toute cette ligne devait être équipée et terminée pour le 1er mai 1891 ; mais,.tel fut l'élan donné par les chefs de l'entreprise, encouragés et soutenus par l'opinion publique, qu'à la fin de 1885, c'est-à-dire moins de cinq ans après le commencement des travaux, une voie ferrée de plus de six mille kilomètres s'élançait de Montréal, traversait tout le continent, et allait aboutir aux rives de l'océan Pacifique. Plus de six cents millions de francs avaient été dépensés ; cinquante mille ouvriers avaient travaillé à la ligne, de nombreux et magnifiques travaux d'art avaient été construits, et les Montagnes-Rocheuses étaient percées de part en part.
(1) 11 est en grande partie soutenu par le gouvernement fédéral dont les agents distribuent chaque mois leur nourriture en viande de bœuf à plus de quarante mille Indiens.
'tU^
— It-
Vers le milieri de l'année 1886, toute la li^ne était en pleine opération.
Depuis eette époque, de nombreuses villes se sont fondées le long de la ligne, et quelques-unes d'entre elles ont une réelle importance.
Le bois des forêts a été mis en exploitation, le sol des prairies labouré, des mines ont été ouvertes, et le dernier rail du chemin de fer n'était pas encore posé qu'un trafic considérable se taisait sur les portions de la ligne achevée.
Le peuple canadien est justement fier de la grande œuvre qu'il vient de mener à bonne fin. Il a donné ainsi une nouvelle preuve que la modeste colonie d'hier forme aujourd'hui une courageuse nation pleine de confiance dans la grandeur de l'avenir que lui réservent les richesses naturelles du pays et l'énergique activité de ses enfants.
tuLr