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CHAPITRE XIV

Conclusion.

A l'exception des peuplades encore sauvages qui mènent dans le nord de l'Amérique une misérable existence, les Canadiens sont civilisés; ils doivent au christianisme ce bienfait, et c'est la France qui a eu l'insigne honneur de porter au Canada les lumières de l'Évangile, réalisant ainsi en faveur de ce pays l'ancien adage si connu : Gesta Dei per Francos ^

Les actes de la France en Amérique, et spécialement ceux de ses missionnaires, nous ofifrent de précieux enseignements. Ils nous montrent, comme l'annonçait la préface de ce livre, la puissance de la vérité pour l'honneur et la prospérité des nations, ainsi que la salutaire influence des sacrifices acceptés et des luttes soutenues pour le triomphe de la justice. La vérité et la justice, ces deux biens suprêmes de l'humanité, dominent tous les autres. Aussi les Canadiens possesseurs de ce double trésor, c'est-à-dire les Canadiens catholiques, convertissent les dissidents. La régulaiMié-^S^i^iiLConduit^ lenr esprit d'oj;uii:e, leur anaour de lajfiu»4ie^jaur attâ=. chem^SÇlnr^ol sur7équeliIs^^onr^|cUj^ attirent à leurs tonvictionsTes~esprîls^rieux qui cherchent là vérité de

i Les exploitsjde Dieu par les Francs.

bonne foi. Pendant que les laïques exercent sur leurs voisins le fécond apostolat d'une vie chrétienne, le clergé complète la démonstration de la supériorité du catholicisme en multipliant les foyers de lumières et de charité, les écoles, les collèges, les établissements hospitaliers , les sanctuaires qui manifestent à tous les regards la bienfaisante activité de l'Église ; et les foules reviennent à elle comme les enfants courent à une mère d'autant plus aimée qu'ils ont plus souffert d'en être séparés.

Quâind nous voyons nos anciens compatriotes s'élever siliaut ^n& l'estime des pëiï^^^ixdïi^^ -rang qu'ils occupent dans le monde ; nous leur rendons .grâces d'avoir su Conserver sous la dominatî(5ïi étrangère lès traditions sacrées de la patrie et de la foi : nous ""^prouvons pour eux un attrait irrésistible, parce que nous comprenons combien ils sont dignes d'être aimés. La sympathie qu'ils nous inspirent nous suggère les vœux les plus ardents pour leur bonheur ; nos souhaits seront exaucés s'ils préservent de toute atteinte les bases essentielles de leur supériorité morale. Sans doute, mettant à profit les découvertes des sciences, ils devront multiplier leurs voies de communication en les améliorant, perfectionner leur agriculture, développer leur industrie, étendre leurs relations commerciales. Par la variété de leurs connaissances et la rectitude de leur jugement, ils contribueront à la bonne administration du pays, et ils exerceront sur ses destinées un ascendant toujours plus considérable; mais par- dessus tout ils auront soin de se pénétrer chaque jour davantage de l'esprit du catholicisme. Soucieux, ajuste titre, du sort des ouvriers qui vivent des produits de travaux manuels, du soulagement des pauvres , de l'assistance de tous ceux qui semblent les déshérités ici-bas , ils n'oublieront pas les conditions essentielles du progrès matériel et moral , c'est-à-dire l'ordre, le repos des jours fériés et la pratique des vertus prescrites par la loi divine. Prémunis par ces principes fondamentaux de toute société bien organisée, ils se garderont d'accueillir les conseils perfides des hommes qui veulent les mener à la ruine par

les voies larges de la débauche et des passions. Ils continueront à placer les intérêts spirituels au premier rang de leurs préoccupations ; cherchant avant tout le royaume de Dieu, ils trouveront le reste par surcroît; car la meilleure source du bonheur est l'accomphssement du devoir, puisqu'il donne à la vie la sérénité , l'honneur, et la paix de la conscience.

L'étude superficielle qu'il nous a été donné de faire est terminée. Nous l'avons étendue bien au delà des contrées connues autrefois sous le nom de la Nouvelle -France, parce qu'il nous a paru intéressant pour nos lecteurs de connaître, et de suivre, pour ainsi dire, par la pensée, les courses et les travaux héroïques de ces missionnaires, la plupart nos compatriotes, qui de nos jours cherchent les sauvages, pour les éclairer au prix de tant de sacrifices, ne se laissant décourager ni par la rigueur du chmat, ni par les périls semés dans les déserts, ni par les privations inouïes qui les attendent dans les pays les plus septentrionaux de l'Amérique. Ils travaillent à civiliser les indigènes avec bien plus d'ardeur que les vigoureux pionniers des États-Unis n'en apportent à défricher le sol dont ils veulent jouir. Ce grand spectacle élève les âmes, fortifie les sentiments généreux, et inspire une sympathique admiration pour des cœurs qui se dévouent aux plus grands intérêts des nations.

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