AUX IROQUOIS DE KAHNAWAKB
...Les sauvages la nomment (l'île de Montréal) minitik 8ten entagSgiban, l'île où il y avait une ville ou une bourgade; les guerres en ont banny les abttans.
Le p. Vimont. Relations.
Montréal, où, le soir, l'ombre du mont se porte, Où dorment les coteaux qu'un faubourg a masqués, Jadis, les Algonquins chasseurs ont bivaqué.
Et, plus lointaine encore, une patrie est morte.
Là, disaient les vieux, ronde et n'ayant qu'une porte, Près du Ladauanna2 régnait Oseraké, Ville célèbre, au peuple fier, aux toits arqués, Qu'une enceinte de pieux d'érable faisait forte.
Sur ces foyers éteints, toi, tu chantes. Ta voix, Pourtant je l'entends moins que les bruits d'autrefois. Quand les agouhannas se lèvent dans mon rêve.
Alors fuit ton image, et du sein des maïs, Sur les côtes, parmi les chênes, vers la grève. L'âme iroquoise pleure et me dit son pays.
Montréal 28 février 1907,
Patrie