‹ Le Canada chanté (volume 2)Chapitre 5 sur 15 · A. M. CASIMIR HÉBERT · texte numérisé non relu

A. M. CASIMIR HÉBERT

Do-acenient, au couchant, avec des brins de laine

Perdus, au soleil d'or, tournent des feuilles d'or.

Louis-Joseph Doue et.

Splendeur des bois de mon pays, Vous toutes les feuilles que j*aime.

Et dont le Nord clôt le poème, Lorsque sont mûrs les blonds maïs, Combien nombreuses, les jours gris, Dans les sentiers le vent vous sème.

Vous toutes les feuilles que j'aime.

Splendeur des bois de mon pays !

Vous n'êtes plus l'orgueil des chênes, Des érables et des bouleaux, Qui chantèrent le long des eaux Et dans le clair lointain des plaines.

Mon âme, ô feuilles, sent vos peines, Et suit vos deuils sur les coteaUx, Pleurant la grâce des bouleaux Et le hautain regret des chênes.

Vous étiez la gloire de juin, Le frais manteau des forêts vertes, O feuilles, qui tombez inertes.

Comme un oiseau blessé soudain, Vos tons de rouille et de tanin Affligent les routes désertes. Manteau souillé des forêts vertes.

Feuilles mortes, gloire de juin !

Montréal, novembre 1902.

MATAPÉDIA. D'APRES F.-L. [

La Terre canadienne

À LOUIS FRÉCHBTTB

Il est sous le soleil tiu sol unique au monde.

Octave Crémazie.

Le sais-tu, Canadien, qu'il est beau ton pays,

Battu des mers, immense, et que le Nord regarde ?

En vain, à l'horizon ta fierté se hasarde

A suivre et voir mourir au loin les monts bleuis.

En vain, sous le ciel haut, de lacs et d'arbres pleines,.

S'enfoncent les forêts et se perdent les plaines,

C'est toujours devant toi le sol de ton pays !

Quand mai hausse le ciel, qu'au sein des champs verdis,

Feuille à feuille, apparaît l'image des érables.

Quand s'accroît la splendeur de nos bois innombrables,

Et que les framboisiers frangent les chemins gris.

Ton amour. Canadien, dont la maiti large sème,

Répond-il aux grandeurs de ce vaste poème,

Majesté de la terre, âme de ton pays?

Quand le long des jours bleus baignant les prés fleuris Se révèle l'amour du sol que tu travailles.

Quand ton œil attentif au progrès des semailles Voit poindre aUx feux d'été l'or des grains infinis, Frère, sais-tu pourquoi, dans les terres profondes, Parfois, longeant les blés et les avoines blondes. L'étranger, si longtemps, regarde ton pays ?

Quand le tiède septembre aux semeurs de maïs

Annonce le retour des automnes divines.

Quand le feuillage clair du bouleau des collines

Se mêle aux tons sanglants des érables rougis,

O dis-moi si les bois dont la gloire s'achève.

Pleins du charme automnal, n'ont pas bercé ton rêve.

Si tu n'as pas, poète, adoré ton pays ?

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