‹ Le Canada chanté (volume 4)Chapitre 14 sur 16 · L'ÂME DE L'AUTOMNE · texte numérisé non relu

L'ÂME DE L'AUTOMNE

Automne, gloire à toi dans les forêts du Xord! Empourpre les sumacs, fais les herbes ardentes, Donne à mes yeux de voir, ainsi qu'un fleuve d'or, Fuir la zone des bois jaunes le long des pentes, Automne, gloire à toi dans les forêts du Xord!

Je connaîtrai le deuil de l'érable et du chêne. Je mêlerai mon rêve à l'adieu des bouleaux. Tandis que les matins aveugleront la plaine, Et voileront de bleu la ligne des coteaux. Je connaîtrai le deuil de l'érable et du chêne.

Je \-errai s'ajourer les érables carmins.

Déjà sur les monts roux leurs branches se défeuillent.

Sans fin dans le silence humide des chemins,

D'un vol oblique et lent s'abandonnent les feuilles.

Je verrai s'ajourer les érables carmins.

Bientôt, Novembre en pleurs fera gémir nos portes, Et lorsque ses frimas fleuriront les ruisseaux. Le dernier, je viendrai pleurer les feuilles mortes, Et joindrai ma tristesse au départ des oiseaux. Bientôt, Novembre en pleurs fera gémir nos portes.

Pensif, je viens semer mes strophes dans les bois Dont le feuillage ardent fait les collines rousses. Automne, que tes soirs tumultueux et froids, Enchevêtrant les pins austères, se courroussent ! Pensif, je viens semer mes strophes dans les bois.

Puisse ma vie un jour te ressembler , Automne, Et, comme l'arbre meurt par delà l'Été bleu, Puisse-t-elle, pensive, harmonieuse et bonne, S'éteindre dans l'amour et la gloire de Dieu, Puisse ma vie un jour te ressembler, Automne!

Sur le Mont-Royal, automne 1908.

La P'êtc (lu Christ à Yille-AIarie

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