CHAPITRE XVI
ce qui concerne les affaires en général. Si les sociétés européennes se décidaient à envoyer d'abord des agents se renseigner sur place, auprès de gens sûrs qui leur indiqueraient à qui confier leurs intérêts, elles éviteraient ainsi des pertes sérieuses, sinon des ruines; mais il y a peu d'espoir que ce vœu se réalise et il est probable que les Américains continueront longtemps encore à monopoliser, au Canada, toutes les bonnes affaires que les Canadiens ne peuvent pas conduire euxmêmes.
C'est en arrivant à cette extrême limite de la civilisation nord-américaine, et au bout de ce voyage, en face du Pacifique, qui étend de plus en plus son commerce vers les mers d'Asie et d'Autralasie, que l'on se sent surtout impressionné par l'immensité de l'empire canadien. Les prés du Canada français sont déjà à demi effacés dans le souvenir, les fermes de l'Ontario sont bien lointaines aussi. On ne sait trop ce qui laisse le voyageur le plus rêveur, d'une excursion au jour le jour, pendant des mois ou des semaines, de l'est à l'ouest du Dominion, par tout ce qu'elle y fait entrevoir pour l'avenir, ou du trajet de retour que l'on peut faire en une seule traite, de Vancouver à Montréal, et qui demande cinq jours.
Quoi qu'il en soit, ces pages n'auront pas été écrites en vain, si elles persuadent quelques lecteurs d'entreprendre le même voyage, ou si elles réussissent à mettre sous les yeux des autres une sorte de panorama de ce magnifique empire.
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