D’EXPOSANTS. OBTENUES
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De ces quatre cent qnatre-vingt récompenses de tous genres, seize ont été d’un caractère exceptionnel. je veux parler des seize grandes médailles d’honneur décernées dans les trois classes formant le groupe des beaux arts. Sur ces seize grandes médailles d'honneur, onze ont été obtenues par des Français dont six par des peintres, trois par des sculpteurs, une par un graveur et une par un architecte. I’Angleterre a reçu deux de ces récompenses : une dans la section de la peinture et une dans celle de Parchitecture ; la Belgique une pour peinture, la Prusse de même et la Saxe une pour la section de la sculpture.
Malheureusement le concours des Bcaux Arts, tout magnifique qu’il ait été, n’a pas atteint les proportions suflisantes pour le rendre l’expression complète de l’état de l’art à notre époque, pour raisons d'abstention. L’abstention a pour ainsi dire été complète de la part de l'Italie, cette terre classique du beau, labina parens de l’art. On n’a rien vu des œuvres de ses Minardi, Gagliardi, Bezzuoli, Palagie, Agricola, Grigoletti, Lipparini, Goghetti, Capalti, Consoni, Chierici ; de ses sculpteurs Tenerani, Caccîatore, Tadolini, Jacometti, de son célèbre graveur Mercuri et de tant d’autres, Quelles que soient les causes de cette absence, elle n’en est pas moins lamentable. Les écoles française et allemande, pour avoir contribué largement, n’en comptent pas moins des abstentions capitales pour ne mentionner que les plus regrettables de toutes celles des grands maîtres français, MM. Paul Delaroche et Arry Shefler, des Allemands, MM. Overbeck, Schnoor de Carolsfeld, Bendemann et de M. Gallait de Belgique ; abstention que la presse de Paris a qualifié, pour quelques unes, de l’appellation d’abstentions dédaigneuses. Dans la sculpture
française, David d'Angers, mort depuis, n’a pas exposé. Les sculpteurs anglais et américain Gibson et Power, qui vivent en Italie et de l'Italie, ont partagé l’abstention de l'école Italienne à laquelle ils appartiennent L'Italie étant donc hors de concours, restent comme se distinguant par des caractères distincts, les écoles française, allemande, belge et anglaise au sujet desquelles on a dit: ‘“ L'exposition se divise en quatre zones ‘bien tranchées, l'Angleterre, la Belgique, l'Allemagne et la France. ‘ L’'Angleterre c’est l'individualité; la Belgique le savoir faire; P'Alle- ‘“ magne l'idée, et la France l’éclectisme.”?
L'école française est aujourd'hui la première entre toutes et par le nombre de ses grands maitres et par sa fécondité dans tous les genres, et cette supériorité, comme fait général, ne peut être contestée. Il serait diflicile d'éroncer la qualité dominante de l’école française pour la raison même que ses illustrations ont pris des chemins différents, mais qui, tous mènent à la gloire, et ce mot d’éclectisme dont on a fait usage pour caractériser cette école, s’applique à l'ensemble de l’art français et ne peut se prendre comme donnant la mesure d’une manière uniforme, composée de la moyenne des éléments de l’art, et adoptée d’un consentement à peu près unanime par ses artistes.
Il y a autant de différence, par exemple, entre le crayon, le pinceau et la palette de M. Ingres et ceux de M. Eugène Delacroix qu'entre la composition, le dessin et la couleur de l’école allemande et ceux des autres écoles. x
L'école allemande possède un caractère beawtoup plus tranché en autant que la ressemblance commune entre ses premiers talents est concernée ; les grandes illustrations allemandes ont un air de famille qui les fait reconnaître de suite comme appartenant à une race distincte. Cette école s’attache particulièrement à lidée et se distingue par le genre de la plupart de ses compositions, qui, comme la littérature de PAllemagne, dédaigne les scènes de la vie réelle pour développer des théories symboliques et se lancer dans le monde mythique.
Les écoles belges et espagnoles se rapprochent beaucoup de léclectisme de l’école francaise avec une tendance plus générale vers le travail de la main, le savoir-faire.
L’Angleterre a fait des eflorts inouïs pour le concours des beaux-arts en 1855; elle a senti comme une grande nation doit sentir qu’elle avait péché en 1851 en excluant l'art de son exposition, et à Paris le bataillon de ses artistes s’est présenté au grand complet à l'appel. L'école anglaise, car il y a maintenant une école anglaise, n’a pas encore atteint les hauteurs de l’art, elle ne produit pas de grandes toiles et fait de rares excursions dans le genre historique. Le mérite réel de sex artistes se révèle dans les peintures d'animaux et dans les tableaux Ge genre :
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