ÉCOLE FRANÇAISE
Les plus grands peintres français sont MM. Ingres, Eugène Delacroix, Horace Vernet, Décamps, Meissonnier et Heim, il faut leur ajouter MM. Paul Delaroche et Arry Sheffer, qui n’ont pas exposé, pour compléter cette glorieuse liste des maîtres; car en dehors de cette pleïade, des grands noms encore brillent d’un vif éclat.
M. Ingres, élève de David, appartient à l’école classique, à cette école qui comprend que le génie inculte ne peut être la perfection et que l'étude et la tradition sont nécessaires: M. Ingres avait dit: “ Je ne sais ‘ ce qui ne s’apprend pas,” ce mot résume sa vie et ses travaux de cinquante ans, et si ce grand maître n’a pas tont appris, il a certes beaucoup appris et beaucoup enseigné, car il a fait école. La forme, la ligne, les contours voilà, son culte ; l'idéal, voilà le but de ses aspirations : dans ses immenses travaux, il n’a jamais sacrifié aux exigences de la mode, aux besoins de la nouveauté.
Le patriarche de l’art s’est présenté à l'exposition avec 40 œuvres de
toutes les époques de sa longue carrière ; les plus célèbres de tous ces tableaux sont; dans le genre historique : l'Œdipe devinant l'énigme ; Vénus anadyomène ; Jeanne d'Arc assistant au sacre de Charles VIT; Le vœu de Louis XII; la Vierge à l’Hostie; Saint Pierre recevant les clefs du Paradis ; le martyre de Saint Symphorien ; Homère déifié el l’apothéose de Napoléon ; dans les œuvres de genre ; Henri IV jouant avec ses enfants, Le pape Pie VII tenant chapelle, Tintoret et Asctin, Françoise de Rimini ; dans la portraiture, les portraits de Chérubini, de M. Bertin, ainé, de M. le comte Molé, de Madame la comtesse de Haussouville,
Celui que tout le monde place immédiatement avee M. Ingres et qui par conséquent doit occuper la seconde place dans cette petite nomenclature, est M. Eugène Delacroix, élève de Guérin. Génie puissant, plein de verve créatrice, fougueux souvent, original toujours, M. Delacroix n’est pas un talent qui s'aceepte aussi aisément que celui de M. Ingres. C'est par les tons de son admirable coloris que M. Delacroix captive la foule de ses admirateurs.
Des trente-cinq tableaux exposés par M. Eugène Delacroix, on cite surtout, comme caractérisant le génie du maître, les suivants: Æamlet (scène des fossoyeurs); Le Tasse en prison ; Dante et Virgile aux enfers ; le massacre de Scio ; Médée furieuse ; le 28 juillet 1830 ; la justice de Trajan ; le Christ en Croix ; le Christ au tombeau ; les femmes d'Alger.
M. Horace Vernet, le peintre des batailles, se distingue par une fécondité inépuisable et par beaucoup de naturel. IL est l’élève de Vincent. L’homme qui dans son art a su atteindre une réputation comme celle “ue possède M. Horace Vernet, est à coup sûr un immense talent. Il a exposé 22 tableaux, parmi lesquels celui de la prise de la Smala couvre à lui senl environ 600 pieds de superficie. Les œuvres les plus remarquables parmi celles que M. Vernet a exposées sont {a Smalu ; la bataille de Hanau ; la bataille de Montmirail ; Judith et Holopherne ; Rebecca à la Fontaine; Mazeppa ; relour de la chasse au lion ; le portrait du frère Philippe, général des frères de la doctrine chrétienne et le portrait du Maréchal Vaillant. Ajoutons que M. Vernet est fils, petit-fils et arrière petit-fils de peintres célèbres.
C’est avec rien moins que cinquante-deux œuvres dans les divers genres que M. Décamps, élève de M. Abel de Pujol, s’est présenté à l'exposition. Ce qui distingue les tableaux de M. Décamps c’est l’eflet, l’ensemble et l’unité de la conception ; on sent que le peintre a été inspiré d’une pensée claire et nette, gracieuse ou terrible, sévère ou enjouée ; mais qu’il en était imbu pour ainsi la rendre sur la toile et faire concourir au but principal tous les accessoires dans le tableau. Quand il a peint son admirable Défaile des Cimbres, il ne s’est pas attaché à
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