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un détail; non, ce n’était pas un général contre un général qu’il voulait mettre en regard ; mais les bataillons pressés de la barbarie coatre la force organisée de la civilisation, et la lutte se passe dans une plair resserrée au milieu d'un terrinu tourmenté et sous un ciel d'orage, à, faut beaucoupde lumière pour jouir de l'effet des tableaux de M. Décamps et plusieurs n’en avaient pas assez à l’exposition. Ses principales toiles exposées étaient: La défaite des cimbres ; Joseph vendu par ses frères ; Eliézer et Rebecca ; Tigre et Eléphant ; intérieur de cours ; les Singes ; les Bohémiens ; les enfants à la Tortue ; sortie de l'école Turque ; les neuf dessins de l’hrsloire de Samson et ceiui d’un Episode de la défaite des Cimbres .
M. Heim, élève de Vincent, a exposé sept tableaux et seize dessins de portraits. M. Heim est un très vieux peintre dont on ne parlait guère, sur le compte duquel on faisait même de mauvais bons-mots, mais que les connaisseurs saluaient comme un maître et auquel l’exposition est venu donner la popularité. M. Heim a beaucoup de vigueur et de solidité dans le coloris ; son dessin est irréprochable. Son talent se compose de cet ensemble de qualités dont quelques-unes ont souvent manqué aux plus grands maîtres. Ses principales toiles exposées (Ctaient : Un massacre, sujet tiré de l’histoire des Juifs par Josephe ; Ze Martyre de Saint Iypolile ; Saint Hyacinthe invoquant la Sainte Vierge, ressuscite un jeune homme ; puis un tableau dont le titre et l'inscription étaient comme suit dans le catalogue: “ Le Roi Charles X distribuant des récompenses “aux artistes à la fin de l'exposition de 1824”? Le moment représenté ‘est celui où Cartelier reçoit du roi le cordon de Saint Michel; Carle ‘“ Vernet vient de recevoir le sien.” Après avoir constaté le talent du peintre, ilest beau de voir dans ce tableau le cœur de l’homme bon et juste, qui travaille à la gloire de ses émules, car ce n’est pas le moment de faire usage du mot rivaux.
M. Meissonnier est un peintre de genre, il a offert neuf tableaux à l’expositiun et a été le sixième heureux de l’école française qui ait obtenu la grande médaille d’honneur ; il est élève de M. Léon Cognet. Ce qui distingue M. Meissonnier c’est la finesse dans toutes les parties de son art ; il est si fin M. Meissonnier qu’il attrape l’admiration de tout le monde et qu’il attrape de plus pour ses tableaux une masse de billets de banque, (ce qui ne vaut pas autant, n’oublions pas de le dire). En disant qu’il attrape, il faut bien comprendre qu’il mérite l’admiration et gagne loyalement les grosses sommes qu’on lui paie. Ses toiles sont ordinairement petites, depuis peu il les a agrandies, mais grandes ou petites elles sont délicieuses ; les plus remarquées au palais des beaux arts ont été: Une rixe; les Bravi; un jeune homme travaillant ; ls joueurs de boule sous Louis XV ; les joueurs de tonneau.
Après avoir consacré cette courte mention aux six artistes français, mis en première ligne par le jury, il faut dire les noms et les œuvres principales de quelques autres des grands peintres de l’école française. Pour les nommer tous, il faudrait un volume, et on ne peut écrire que quelques pages. A l'exemple de M. Heim, quelques vieux peintres ont envoyé de leurs œuvres au palais des beaux-arts. Un écrivain de beaucoup d'esprit, M. About, les a désignés sous le nom collectif de /a vieille garde: ce sont MM. Abel de Pujol, élève de David ; Léon Cognet, élève de Pierre Guérin ; Henri Sheffer, élève aussi de P. Guérin ; Schnetz, élève de David et de Gros ; Vinchon, élève de Sérangeli.
Disons encore les noms de quelques-uns des autres grands artistes : voici donc venir dans le genre historique: M. Couture, avec sa belle grande toile de l'Orgie Romaine, connue aussi sous le nom de Les Romains de la décadence ; M. Chenavard, avec ses beaux cartons, comprenant toute l'histoire, travail préparatoire de la décoration précédemment destinée au Panthéon; M. Flandrin, avec le Sf. Clair rendant la vue aux aveugles ; M. Lehmann, avec son Jérémie enchaîné; M. Muller avec L'appel des dernières vic'imcs de la terreur ; M. Robert Fleury, avec son Benvenulo Cellini dans son atelier; M. Bénouviile, avec le Saint François bénissant la ville d'Assise ; M. Chassériau, avec le tableau des chefs arabes se défiant au combat ; M. Gérôme, avec le Siècle d’ Auguste ou la naissance de Jésus-Christ, sujet tiré du discours sur l’histoire universelle de Bossuet; M. Glaize, avec le Pilri, peinture allégorique, représentant, dans l’histoire, le génie et le mérite méconnus ou perséeutés ; M. Yvon, avec sa retraite de Russie, où le maréchal Ney couvrant la retraite de la Grande armée.
Dans la peinture de genre, il faut, entre autres œuvres, mentionner une cérémonie dans l’église de Delft de M. Isabey ; Les filles d'Eve de M. Roqueplan ; le Wa sœur n’y est pas (idylle) de M. Hamon ; le diner de paysans de M. Edouard Frère.
Dans le paysage et autres genres, que de tableaux remarquables, entre cent : Les côtes de Granville de M. Théodore Rousseau ; lefet du matin de M. Corot; un sentier dans les blés de M. Français; le paysage avec animaux de M. Jules Noël; une matinée de M. Achard ; le Murcis en Picardie de M. Huet ; la fenaison (scène d'Auvergne) de Mile Rosa Bonheur; Les bœufs allant au labour de M. Troyon; le Repos d'animaux de M. Brascassat ; es fleurs des tombeaux de M, Saint-Jean. Il faut encore nommer MM. Cabanel, Dauzats, Gudin, Hébert, Jalabert, Larivière, Maréchal, (Pastel), Rouget, Constantin, Wintenhalter et madame Herbelin (Miniature) qui brillent dans divers genres.
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