POURTOUR DE LA NEF
Nous traversons la nef du côté nord au côté sud, pour aller visiter les salons qui occupent de chaque côté cette portion qui se trouve entre es deux allées latérales. Pour mieux faire comprendre la marche que nous suivons, il faut se figurer que nous parcourons le palais du centre vers la périphérie, en suivant les allées, en courses excentriques, traversant d’abord celles qui sont les plus voisines du milieu de la nef, puis celles qui s’en éloignent, allant aïix:: jusqu’à ce que nous arrivions à l'allée qui avoisine le mur
En passant de la première allée française que nous avons vue, au côté des étrangers, les premiers objets qui se présentent appartiennent à l’exposition de la Saxe Royale ; ce sont des tissus de divers genres fournis par MM. Lohse et Robert Albrecht; et des échantillons de reliûre, de typographie et de galvanoplastie, parmi lesquels il en est de très beaux. Ces articles sont fournis par M. Brockans et |: maison Gïesecke et Devrient.
Voisines de ces contributions de la Saxe Royale, sont placées les expositions d’articles venant du Grand Duché de Bade. Des toiles métalliques en fil de cuivre, d’une beauté superbe, fournies par M. Kehl; parmi ces toiles métalliques on en remarque une, destinée à la fabrication du papier, et qui forme une surface continue se dévidant sans fin : cette toile d’un tissu magnifique a 30 pieds de longueur sur une largeur de 7 pieds, Viennent ensuite du même pays: des tissus peints, de coton et de fil, fournis par M. Gabriel Hérosé ; de beaux échantillons de tissus divers en laine, contributions de MM. Kæcklin et fils ; de superbes velours de toutes les couleurs imaginables, venant de la société badoise d’Ettlinger.
De là nous passons dans un grand salon appartenant à la Prusse. En entrant dans la salle on voit à gauche et à droite les objets divers des poteries de Ja manufasture royale de Prusse ; et des contributions du même genre fournis par madame veuve Mattschas et parmi lesquelles on remarque une très belle statue en terre cuite, demi-grandeur naturelle, représentant L?Af/ente.
Une grande portion du salon prussien est occupée par létalage des armes de guerre, surtout des sabres et des épées ; on remarque des casques et des cuirasses d’un très beau travail, et un superbe canon en acier fondu ;
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les exposants de ces objets sont les manufacturiers suivants, savoir: MM. Lunschloss, Schmolz, Hoppe, Harlkopf, Holler, Schilling, Engel, Morh, Speyer et Krupp.
Les autres nombreux articles de ce beau salon sont: le« bijoux de divers genres, et surtout de délicieux petits sujets de chasse, miniatures en ivoire de M. Carl Schulz ; un magnifique Christ en bronze, de grandeur aux trois quarts naturelle ; au pied de la croix est une statue dela Très-Sainte Vierge, embrassant lespieds de Jésus. Ce belobjet, d’un style sévère, est fourni par M. le comte d’Enisiédal ; un splendide mausolée gothique en fer fondu, venant des fonderiesde M. le comte de Stolberg- Wernigérode ; le même noble exposant a fourni les articles suivants, aussi en fonte : une superbe-croix brodée à jour, genre gothique, des grillages d’une légèreté et d’une élégance sans pareille, des dentelles en fer, des reliûres et fermoirs de livres, des éventails à jour, tout cela aussi, délicat et aussi léger que s'ils avaient été formés des matériaux les plus flexibles ; (1) M. le comte de Stolberg expose encore des Crucifix et autres objets religieux cn beau marbre blanc. Les bronzes de M. Fischer comprennent un groupe très joli, demi-grandeur, dont le sujet est un faon attaqué par un aigle. M. Stobwasser montre ici des: peintures sur objets de luxe en tôle, qui ont beaucoup dé fraîcheur et de chatoiement.; Une
fouleet ane variété incroyable d'objets de toutes sortes, articles religieux,
de toilette, bijoux, amulettes, colliers, bracelets, ete., etc., confectionnés avec lambre et les coraux, sont firuis par les exposants dont voici,les noms, savoir : MM. Hoffman, Winterfeld, Nièse et Tessler. L’orfèvrerie prussienne est amplement représentée ici; parmi les objets fournis par MM. Rentropp et Kime, on remarque un calvaire gothique en argent, d’environ deux pieds d'élévation ; des vases en or et argent et une superbe relidre de missel romain en argent de M. Kunne,d’Altena ; une fontaine
en bronze et argent, une croix gothique avee groupes bas-relieff dont les
sujets sonttirés de l’Apocalypse, et un groupe statue équestre représentant une amazone se défendant contre un tigre, de M. Wagner; des vases, de M. Volgold, des plateaux superbes de M. Loventhol et Cie. ; un plateaubouclier représentant én demi-relief un combat des Amazones, du même M. Loventhel. bu se Hioaus Pb sd
On voit une belle colonne en fonte prussiènne des fonderies précitées : la colonne est surmontée d’un aigle tenant la foudre dans ses serres, le fût gothique, de forme octogone,;: présente, à son milieu huit statuettes, d’un beau travail, représentant les arts et les sciences. M. Haag a exposé des
marrer imisienmsraiesaninacentiéértingnnisiseir masque maman ete cm — — Ni = + RL
(1) On sait que ce fer de Prusse offre-dañs tes objets un velouté dé surface, ühe ‘chaleur de teinte que l’onñ'a pas réussi encore à donneriau-fer dans aûeun autro-payr, e8 qui tient autant À la qualité du métal employé qu'aux procédés de fabrication, .
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LM. échantillons des couleurs appliquées à la porcelaine. M. Lauchammer, | orh, entre autres objets en bronze très beaux, expose une cheminée en fonte | | brunie, ornée de décorations en bronze et en fer poli, d’un goût sévère et 1 | PER gracieux à la fois. MM. Volgold et fils ont fourni ün grand bas-relief, [A FAEA* représentant le mariage d’une princesse prussienve, objet de galvano- , de plastie d'argent fin, plus remarquable comme procédé que comme objet l . d'art. Erifin pour terminer la description succincte des principatx articles ï de ce salon, notons les bijoux et joyaux variés de MM. Fricdeberg et 1 ce Friedmann. !
ets" Les deux grands appartements voisins de celui que nous venons de k Lits voir appartiennent à l’Autriche. La première chose qui soflre aux | ee yeux de l'observateur parmi les produits autrichiens, est exposition, sans | des supérieute danssonensemble, de Pimprimerietmperialede Vienne, undes plus [ lient magnifiques établissements typographiques du ronde entier, On emploie ? plus constamment dans ce vaste atelier plus de 1,000 ouvriers, et on y cultive, | LA dans toute leur perfection toutes les branches des arts qui se relient à cher celui de la typographie. La superbe collection exposée se compose des | tegn objets dont voiei la nomenclature : Une table-secrétaire contenant toutes | He les illustrations de polygraphie, savoir : quatre volumes in-folio, contenant | plus de trois mille espèces différentes de caractères d'écriture ancienne ; EUX) et moderne, et de types d'imprimerie dans les différentes langues et chez His les divers peuples; copiesde gravures antiques, v comprises celles d'Albert iles Dürer; iHustrations et gravures d’après lesméthodes connues sous les nonis PER techniques de xylographie, chimitipie, sur cuivre et acier, guillochie, :. PAT lithographie, chromolithographie, chimigraphie, galvanoplastie, stylo. ce graphie, galvanographie, hyalographie, photographie, microtypie, et ss impression naturelle. Cette dernière méthode, nouvellement appliquée à L 7 4 les l'imprimerie impériale d'Autriche, mérite une mention tonte spéciale par ' la beauté des produits qu’elle donne et l'importance des applications qu’on " ps pourra en faire surtout dans l’étude des sciences naturelles. Cette méthode | ep consiste à produire l’impressionenrelief parlemoyendesobjetsmêmesdans , À : agur toute leur vérité naturelle et leurs plus minitieux détaiis, tels que feuilles : ! JPERS darbre, fleurs, plantes, peaux d’animaux, insectes, étoffes diverses : er pour obtenir ces fac-simile, l’objet est placé sur une plaque solide en . à acier, et recouvert d’une lame de plomb d’un laminage parfait ; le tout est . engagé dans un Jaminoire au sortir duquel l'impression de l’objet est reproduite en creux sur la lame flexible de plomb; cette figure est , des reprise du plomb sur cuivre au moyen de la galvanoplastie ; mais comme elle se trouve reproduite en relief, il faut une seconde opération galvano- EG plastique pour obtenir, sur cuivre, une impression en creux qui permette autau
de reporter sur papier la figure en demi-relief. L’imprimerie impériale autrichienne montre, entre un grand nombre de figures ainsi obtenues,
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l'impression naturelle d’une chauve-souris de grande taille. La peau de C We l'animal a d’abord été vidée, puis soumise à effet du laminoire ; l'imita- a ; tion de la main de l’homme ne peut en aucune manière approcher de la € | beauté, de la vérité surtout, de ces empreintes naturelles, . q | L'exposition de l'imprimerie impériale montre encore des gravures i| au poinçon ; des caractères fondus, produits de 80,000 matrices diffé- Le | rentes ; des plaques stéréotypiques ; des livres en différents caractères ; ji | des reliûres superbes, avec fermoires en or et en argent; des gravures % [I dans tous les genres ; des objets de galvanoplastique, et, entre autres, une d délicieuse collection de reliefs de pièces d'anatomie et d'histoire natu- S relle pour Péducation des aveugles. À
| Les compartiments autrichiens qui nous occupent contiennent, de plus les nombreux articles que nous venons de voir: des ustensiles et le couverts en maillechort (dit argent d'Allemagne) poli, argenté et doré, le de la provenance de la manufacture de Berndorf ; une exposition éton- d nante pour le nombre et la beauté des objets, de grenats de Bohème, P el
fournis par les exposants dont voici les noms: MM. Herman, Podiebrad
Goldschmidt et le comte Schoenborn : des chaînes d’or d’un goût et
d’une pureté incroyables, de MM. Bolzani et Compagnie ; des vases en 4 or et argent parmi lesquels on remarque une coupe avec relief aux motifs | de courses de chevaux, la coupe est en or et les arborescenses en reliefs d'argent bruni,—ces objets sont fournis par M. Radzersdor, de Vienne;
une étude, en relief de carton, d’un pays de montaynes dans k Haute
Autriche, par M. Pauliny ; des tabatières en or et argent, de M. Scheidl ;
deux superbes cartes géographiques avec dessins de montagnes, une
d'Autriche, l’autre de l’Europe, envoyées par l'institut impérial de Vienne ;
Û des bijoux, de MM. Pichler et Rocco frères; une collection de pierres précieuses taillées, de M. Anton Pazelt, de Bohême ; une superbe
collection de bijoux comprenant des diadèmes, des bracelets, des
LD" bouquets de grenats, des bagues, des colliers, des épingles, et surtout nne crosse massive, en argent, travaillée au repoussé avec parties blanches et dorées en style gothique et présentant des statuettes de la Madone avec l'enfant, d’anges et de saints, —cette superbe exposition est faite par M. Jérôme Grohmann, de Prague; des instruments de musique en cuivre et en bois, de MM. Ziegler et fils et Millers et fils, de Vienne; des cordes de toutes sortes pour instruments de musique. de M. Louis Vanturini, de Lombardie ; un piano dont la boîte est en érable ondé, de M. Péters.
| Voici pour ce que renferme le premier des deux appartementsautrichiens en cet endroit ; le second contient des objets d’un tont autre genre: Les étoffes de fil et de coton, blanches et peintes, plates et frappées, envoyées par M. Forster, de Bohême, et M. Larger, de Moravie ; lesétoffes de
coton de M. Dormitzer ; les échantillons de teintures d'étoffes, surtout avec le rouge d’Andrinople, de MM. Rickli et frères, de la Haute Carinthie, et Feldkireh, Wellinger et Seykora, de Bohème ; les échantillons superbes de coton filé, des héritiers Dierzer, de M. Haiuisch et des fabriques de Tranau, Baumwoll, de Basse Autriche, et de Constance, en Lombardie ; les futaines de M. Spitzer, de Moravie ; les étofles en laine, soie, fil et coton, de la manufacture de M, Muller; la nombreuse collection des étoffes de cotons coloriés, de M. Francois Leitenbenger ; les cotons blancs dont les pièces ont une largeur énorme, venant de la manufacture de M. Sobotka, de Prague ; les calicots, percalines et mousselines ravissantes de MM. Neubert, Heïlmann et Redelhammer.
Puis viennent à la suite des expositions précédentes, et toujours dans le second appartement, les articles de céramique et de verrerie, tels que les tissus en verre filé et coloré, de M. Tommasi, de Venise, comprenant des corbeilles, des fleurs artificielles, des dentelles d'un aspect à la vérité plus curieux que beau pour la plupart, les émaux, perles fausses, charlottes et brocailles de ce fameux verre de Vénise, célèbre depuis longtemps,— articles envoyés par un grand nombre d’exposants ; les glaces et carreaux de verre blanc et coloré, de M. Marietti, aussi de Vénise; les rocailles, aventurines et mosaïques en verre, dont beaucoup sont magnifiques, de M. Picaglia ; la superbe collection de cristaux et gobletteries de M. Jauke et frères, qui renferme des vases en cristai de nuances différentes, ornés de dessins d’un art admirable. Les grès, porcelaines, terres cuites et cristaux employés à la confection d’objets variése!d’ustensiles de ménage envoyés en grand nombre par M. Richard, la fabrique impériale de Lombardie, la fabrique de Prague et M. le comte de Hum. Au milieu de cette collection ont remarque ces services de table en porcelaine dorée, sur lesquels l'or est posé avec une telle perfection qu’on se prend à se demander d’abord pourquoi on a placé eës objets d'orfèvrerie en or au milieu des grès et des porcelaines ; c’est que dans la forme même de ces vases de table on a imité l’orfèvrerie au point que vous vous croyez en face d’objets travaillés en or au repoussé.
Le compartiment voisin de ceux de l'Autriche que nous avons visités en dernier lieu, appartient à lexposition belge ; il contient : une collection des draps noirs de M. Simonis, de Verviers ; les draps de toutes couleurs, parmi lesquels il en est de rouges, jaunes, or el de verts superbes, venant des manufactures de MM. Bleyfuez et fils, de Dison ; immense collection d’étoftes de laine et de draps fins, de M. Charles Weber, de Verviers ; les canons de rempart et les fusils de place, du gouvernement du Royaume de Belgique ; enfin l’énorme collection d'armes de guerre et de chasse dont les articles sont fournis par les manufacturiers suivants, la plupari de Liége, savoir: MM. Lepage, Lemille, Bernimolin, Falisse