‹ Le Canada et l'Exposition universelle de 1855 [microforme]Chapitre 154 sur 243 · EL · texte numérisé non relu

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La classe vingt-cinquième se divisait en deux grandes catésories, les habillements proprements dits, puis les fantaisies, comprenant les cannes, évantails, parasols, objets de tabletterie et autres. Dans ce genre comme dans tons ceux où il s'agit de goût, Paris décrète la mode, et la France exécute pour le monde entier. I faut excepter de cette loi g'nérale les chapeaux et tissus en paille de Toscane, de Suisse et de Belgique ; les fantaisies mignonnes en bois sculpté de la Suisse, qui rivalisent avec les produits français da mème genre ; quelquesarticles en cheveux, de Prusse ; les calumets en écum de mer, de PAutriche, et des articles à bon marché en ganterie, chapellerie et dans le genre des parapluies, d'Angleterre.

Les nouveautés les plus remarquables en fait d'utilité, qui se voyaient à l'exposition de 1855, étaient destissus imperméables de divers genres, les vêtements sans couture en feutre, etles vêtements cousus à la mécanique.

Cette exposition des vêtements de homme comptait un côté trè: pittoresque, dans l’étalage des costumes historiques des fournisseurs des théâtres de Paris,et des costumes nationaux ou sectionnaires de différents pays; les turbans, vestes et cafetans brolés des contrées où l’Ilamisme domine, les gazes et les habits de velours cramoisi broché d’or de la Grèce, les habits en tissus divers et ornés de pluines et de coquillages et dépouilles d'antiunux des indigènes de l'Amérique, de l'Afrique et de Océanie, et par-dessus tout, les étoffes si précieuses, les gazes pailletées d'or et de pierreries des nababs de l'Inde.

C’est encore daus cette classe que se rangeait l’innombrable exposition de bimbelotterie, se composant de poupées, de jouets, d’automutes et de

mille petits riens, qu'on aime à étaler sur le manteau de sa cheminée ou sur la table d’un salon. fcila France, P Angleterre, PAutriche, la Bavière, la Saxe, le Wurtembergsonties paysquise distinguaient le plus ; les Etats- Unis ont envoyé des jouets en caoutchouc, et l'Inde des figurines en ivoire et en ébène, représentant des scènes de mœurs et les animaux et plantes de cette nature exeeptionn: Île de POrient. Inutile ou plutôt impossible d'entrer dans de plus longs détails sur toutes ces classes qui, dans un étude de ce genre, mont qu’un intérêt d'ensemble, auquel suffit un rapide exposé,

La vingt-sixième classe, ayant trait au dessin et à la plastique appliquée à l'industrie, à l'imprimerie en caractères et en laille douce, à la gravure, à

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la photographie, au moulage, à l'imprimerie et à la relidre, doit mener à un examen un peu plus long et plus détaillé qne celui des classes qui précèdent.

Dans l’heureuse application de Part à l’industrie, et introduction du goût dans tous les articles de production, il faut signaler deux procédés mécaniques, obtenant, avec des moyens un peu différents, les mêmes résultats, cenx de reproduire avec la plus grande exactitude, une exactitude mathématique enfin, tous les objets en relief et par conséquent les chef-dœuvres de la scalpture et de la statuaire. Ces procédés, inventée presque simultanément par deux français, MM. Sauvage et Collas, en 1836, ont déjà produit des merveilles, surtout dans Pindustrie des bronzes et plâtres d'art, dont ils ont entièrement renouvelé la physionomie ; les deux pièces magistrales, destinées à illustrer ces procédés, étaient une statue en plâtre de la Vénus de Milo, augmentée de moitié, mise à côté d’une réduction de moitié du même chef-d'œuvre, et la statue équestre en bronze de PEmpereur Napoléon II], augmentée du double, sur le modèle de M. Debay. Une foule d'autres reproductions à toutes grandeurs, et avec des matériaux divers, des antiques et des chefsd’œuvre modernes, étaient exposés dans le palais et ses annexes.

On est parvenu à reproduire tous les êtres de la création avec les couleurs, les reflets, les apparences physiques, les nuances et le transparent au moyen de la cire ; il y a des huitres reproduites, malgré la mollesse de substance qui les caractérise et les reflets, insaisissables presque, du nacre de leurs coquilles, reproduites disons-nous avec une perfection qui étonne et confond ; cette industrie rend d'immenses services ‘ux sciences physiques et aux études médicales.

De belles sculptures sur bois, sur ivoire et des moulages en différentes substances, soit naturelles soit artificielles, faisaient partie de la beile et intéressante exposition de la classe qui nous occupe ; c’est surtout Part religieux qui inspire les ariistes dans ces différents genres, et leur fournit leurs plus belles pensées comme leurs rlus suaves exécutions. On ne sait pas ; mais il y a des rapports entre la matière employée par l'artiste et les sujets qu’il traite qui se sentent, sans pouvoir se définir; par exemple, il est des groupes ou des statues qui font beaucoup plus d'effet en bronze qu’en marbre ou vice-versà, certains marbres conviennent mieux à certaines poses qu'à d’autres, l'artiste sent cela ; il est un sujet que presque tous les sculpteurs en ivoire ont traité, c’est celui de l'Æcce Homo, eh bien! livoire va admirablement à cette représentation de la sublime abnégation de l'Homme-Dieu,

Parmi les substances artificielles employées dans la sculpture d'ornementation, le carton-pâte semble jouir d’une faveur spéciale, les belles

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Presque tuus les pays européens onf exposé dans tous les genres dont on vient de parler. La France dominait au milieu de tout ce grand concours ; l’Autriche sait bien traiter les figurines en cire ; l'Angleterre a exposé de belles décorations en carton-pierre, entre autres choses un autel pour église surmonté d’une statue de la Sainte-Vierge, et de très beaux médaillons aux emblêmes de la chasse ; l'Italie, et Florence surtout, est célèbre pour ses préparations d'histoire naturelle en cire.

La lithographie maintenant, arrivée, surtout er France, à nue perfection incroyable, est pardessus tout précieuse dans la reproduction des chefs-

*corat:on, et de belles tentures en als de l'industrie

d'œuvres de la peinture eu ce qu'elle rend la manière,eten quque sorte le coloris du peintre, avec plus de vérité que ne peut le faire la gravure sur bois et suracier. Cet art vient en outre de recevoir une nouvelle application qu'on a baptisée du nom de chromolythographie, ce qui, traduit par veut dire, gravure sur pierre avec des couleurs. Ce ouleurs

une périphrase procédé consiste à dessiner autant de pierres qu’il y a de ou de teintes à appliquer, en ne charseant chaque pierre que du dessin de la partie qui doit être reproduite sors une teinte spéciale ; la difficulté consistait dans la précision à donner aux différentes pièces d’un pareil ensemble, et à exactitude des points Le repères dans tous les détails de l'exécution ; cette difficuit” est va neue et on est arrivé à la perfection. M. Dufour, Atias Dufour, a livré à M. Logan une charmante copie rédii: de la carte géologique du Canada, dans laquelle il entre 23 différents Il va des copies, en ce genre, des manuscrits enluminés, chefs-d’œuvres des bons moines du ec une vérité et une entente artistique

auteur du ‘él ore ons ct couleurs, moyen âge, qui sont reproduits, incroyables.

“Après la France, Autriche et l'Angleterre sont les deux pays où Part de la lithographie et de la chromolvthographie est cultivé avec le plus de bonheur. Disons que la chromolythégraphie à réduit dans la proportion de 3 à 1 le prix des belles cartes coloriées,.

L’Argleterre a conservé son ancienne supériorité, dans c: genre de gravure que les Anglais et les Tialiens appellent le Meso-tinto, et que les Français nomment la Manière noire.

Il n’est pas besoin de parler de la beauté des gravures sur cuivre et sur acier, Dans la gravure sur bois qui semble être arri-6e au zénith de sa gloire, les différents pays où cet art a pris quelque développerent semblaicat y avoir réussi avec un égal succès, les procédés ici sont plus

mécaniques que dans les autres genres. Dans limitation des aquarelles

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où la gravure dite à Paqua-teinte, il n'y à, à peu près, qu’en Argleterre qu'on s'en soit sérieusement ocenpé.

L'invention si euriense et si étonnante de M. Daguerre a subi, depuis qu'elle est sortie de ses mains, bien des modifications et des applications diverses ; on a maintenant, en sus des dagnerréotvpes, les phtowraphies ou impressions sur papier, l'Afiographie, c'est-à-dire gravure dans laquelle la lumière a remplacé en partie le barin du graveur. Dans ce dernier genre on adinirat snrlout les expositions de France, d'Angleterre, de Gièce, de Florence, de Rome et de Munich, |

{ne faut pas laisser ce snjet sans mentionner les travaux de MM. Salinonet Garnier, de Chartres, qui, faisant l'application d’une découverte de M. Niepce, de Saint-Victor, sont parvenus par une suite de procédés dans lesquels l'iode. le mercure, les acides et lenrre grasse entrent comme

matières, successivement où simultanément employées à reproduire à volonté et très promptement des dessins au cravon, des spécimens de tvpographie et autres impressions où gravures, et cela dans les conditions de l'épreuve qui sert de modèle,

serait fntile de signaler l'état de perfection auquel est arrivé la tvpographie : Deux établissements, les premiers du monde entier, résamaient toute Paistoire et tons les progrès de eet art si merveilleux qui a changé la face da imonle—art dont on abuse à un point qu'il est permis d'espérer que Lremède surgira de Pexeès du mal: Si Esope revenant au monde, avait à répondre de nouveau à la double question: Quelle est la meilleure et la plus mauvaise chose? Au lieu de dire comme la premiere fois

os la langue” il dirait à coup sûr “ c’est l'imprimerie.” Revenons

anx “tablissements auqnels on faisait allusion, savoir: l'imprimerie gmnsriule de France et Pinpri nerie èmp'ritle d'Autric'e. €

L’imprimerie impérialede France montraità Pexposition. comme dernier mot de la perfection typographique, à l'année 1855, une édition in-folio de Pinitation de Jésus-Christ, avec tra luction eu vers français par Pierre Corneille, édition omée de vignettes ef arabesques exécutées par des proccdés purement {ypographiques. Cette édition porte, sur tousles F, la marque des collections dé caractères de Pimprimerie impériale de France, c'est-à-dire, à gauche du caractère un petit trait, qui forme un signe distinctif de tons les imprimés qui sortent de cet établissement.

L'impri cerie impériale d'Autriche offrait, comme produit le plus remarquable dans sa nouveanté, les magnifiques spécimens obtenus par le pros£dlé désiont sous le nom de m'thode naturelle, inventée dans ce bel établissement, Ce séchantillons étaient descolleetions de plantes, feuilles, racines, fougères, a!znes marines des peaux et autres dépouilles 5’êtres vivants, des dentelles et tissus. Ces reproduetions, en déeni-relief, sont obtenu par l'impression faite par Pobjet lui-même sur une lame de

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plus remarous par le ans ce bel s, feuilles, Iles d'êtres relief, sont e lame de

plomb, et ensuite reprise de la surface de ce métal flexible par le moyen de Ta galvanoplastie ; pour obtenir la premiére empreinte sur plomb, la feuille {ou tout autre objet) est placée entre une plaque de plomb et une plaque d'acier poli où de cuivre, et le tout est soumis à a pression d'un Fiminoir Ren ne peut rendre la beanté et surtout la vérit de ces reproduetions, et par ee moyen toutes les institutions publiques peuvent être fournies de éopies de ces beaux herbiers, qui aujourd'hui son: le privilége exlu-i de quelques grandes et anciennes maisons; earilest impossible de rendre autremeut le caractère en relief des plantes que Pon veut étuder.

C'est eacore dans cette elasse qu'on avait placée Pexposition des dessins inlustriels, at qui donne à la France toute sa supcriorité reconnue dans les diflérents genres de productions où le goût eatre pour quelque choss, Un in latriel ie n’ex'eate riea que sur lessin fait par un artiste de la spécialité; celu-ei ne foccupe pas des procédes méesniques et matériels. et Pouvrier ne s'occupe qu'à rendre avec exactitude la compos tion de l'artiste, Quels beanx dessins d'étoiles, d'objets d’ornementi ton et d'habilement, de meubles, de fantaisies se trouvaient réunis dans le pourtour du panorama.

La fonderie des caractères étant Pélément priucipil de là belle et bonne typographie, il est inutile de dire à quelle perfection elle est parvenue, C'est à M. Derries, de Besançon, artiste et fondeur de caractères, et éclni qui a le plus contribué à perfectionner la vignetie en typographie, qu'est encore dû le progrès de rendie li typog aphie rivale de la taille donce et de la lithographie, dans la reproduction où limitation des arabesqnes et contours des lignes calligraphiques. Ainsi maintenant, quilqu capricieuse que soit la paraphe d’un homine de loi, la typographie peut avec es caractères mobiles en donner une exacte reprodnetion.

La relire était représentée à l'exposition dans toutes ses formes varites depuis ces reliñres monumeutales, exposées danses départements de la France et de l'Autriche, véritables œuvies d'art auxquelles le goût a présil,ei dans lesquelles Pexécution s'estemparée des matières les plus précienses pour les façonner de milles manières, jusqu'aux cartonnages économiques en percale que PAnzleterre fournit en grand nombre Le caitonnaise enluminé, destiné à Pornement des tables de salons où à la d'stribution des prix dans les écoles, était surtout représenté dans Pétalage de M. Lenègre, de Paris, Notons encore les belles reliûres à dorures et les reliures métalliques, de M. Gasté, de Paris, appliquées aux registres publics et aux livres de commerce, et qui constituent par leurs disp sitions et leur solidité nne spécialité distincte.

La vinsi-scptième classe qui est la dernière des groupes qui ont trait

à l’industrie comprend les instruments de musique de tout genre.

Notons seulement quelques renseignements généraux, comme expression des améliorations nouvelles et des perfectionnements récents, relativement à cette classe qui comptait à peu près 500 exposants, dont environ 350 exposants français.

Une arnélioration qu’on dit produire des merveilles, sous le rapport du son, dans les instruments en bois à vent, c’est la disposition évasée à Pextérieur des trous qui, dans ces instruments, ne se bouchent pas directement avec le doigt, mais au moyen d’un petit appareil.

Dans les instruments à vent en cuivre, il paraît que la disposition arrondie et à grands diamètres des courbes, ont un effet immense sur la qualité et la quantité du son produit.

On sait quelle célébrité ont les violons italiens de la ville de Crémone, qui doit cette réputation à quatre ou cinq fabricants qui ne sont plus, mais dont le talent était tel que les grands artistes ont payé jusqu’à 22,000 francs pour un Crémone, car c’est ainsi qu’on nomme ces violons. Unfabricant de Paris, M. Vuillaume, est parvenu à imiter, de manière àne pas s'y reconnaître, la coupe, le travail, les dispositions et le vernis des Crémones, et ce qui est mieux que cela, le mérite réel quand au son de ces célèbres instruments, et à satisfaire en cela et le caprice et le besoin ; ce caprice pouvait bien ne pas en être un, et, sans ses exigences, peut-être ne sereit-on jamais arrivé là.

Nous ne dirons rien des orgues, des harmonium, des pianos, au nombre collectif de plus de 400 instruments. Personne n’ignore le nom d’Erard, dont les pianos ont la réputation des violons de Crémone. Le chef de cette maison est mort pendant l'exposition, et la direction passe au neveu du défunt, qui lui même était le neveu de son prédécesseur. Cette maison possède aujourd’hui une fortune princière, et la célèbre propriété de Passy, connue sous le nom de Château de la Muette. La maison Erard maintient une fabrique succursale à Londres,

Signalons le pianos mécaniqne de M. Debain, de Paris, dont on Joue sans être musicien comme on joue d'un orgue de barbarie avec une manivelle ; mais au moyen d’un excellent clavier de pianos (du meilleur même si on veut,) dont les touches sont mises en jeu par des notes de musique, représentées sur des plancheites par des pointes métalliques qui exécutent comme un grand maître. Ainsi, vous avez un piano mécanique de Debain, vous demandez la musique d’un opéra nouveau, on vous l’envoie notée sur une planchette avec des noires des blanches, des croches, etc.; vous adaptez cela dans le tiroir de votre piano, vous mettez quelqu'un, un garçon de chambre, à la manivelle et vous entendez l’opéra joué dans nn très belle exécution. M. Debain donne à peu près 100 livres de musique, ainsi notée sur planchettes, à ceux qui ont acheté ses pianos,

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Dans la confection des instruments de musique les contrées qui se distinguaient le plus étaient la France, l'Autriche, la Prusse, la Bavière, PItalie et la Belgique ; Naples est surtout célèbre pour la confection de ses chanterelles inimitables. Dans la confection des instruments en cuivre, l'Autriche comptait autant d’exposants que la France, c’est nous croyons la seule section, de toutes les classes et sections si nombreuses de Pexposition, où un état étranger ait offertun nombre égal d’exposants que lempire français.

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