‹ Le Canada et l'Exposition universelle de 1855 [microforme]Chapitre 41 sur 243 · ETES · texte numérisé non relu

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France des mémoires nécessaires à la rédaction des articles propres à donner à notre exposition le relief et la popalarité nécessaire à un entier succès. Aussi je ne crains pas d’affirmer, parce que le fait est de notoriété publique, que dans la mesure de son importance comme population, le Canada est de tous les pays celui qui a eu la plus large part de publicité non seulement en France, mais dans le Royaume-Uni, en Allemagne, en Suisse et en Belgique. ‘ On sait aujourd'hui ce qu’il ‘faut penser de ces quelques arpents de neige, cédés à l'Angleterre “ avec une si coupable légèreté par le gouvernement de Louis XV, disait au mot CaxaD4, M. le comte Jaubert, dans son ouvrage intitulé, La Botanique à l’exposition universelle de 1855.

Le succès, et le succès le plus complet a couronné les efforts faits par le pays en vue de l'exposition universelle ; ce succès est inscrit dans le rapport du jury international et dans tous les ouvrages spéciaux publiés dans l’occasion : voilà pour la réussite auprès des savants. Quant au succès de popularité, il a été proclamé d’un commun accord par toute la presse Européenne et se trouve en outre consizné d’une manière durable dans deux grands ouvrages destinés à conserver pour toujours chez le peuple instruit le souvenir du concours univer-el de Paris, savoir: dans l'histoire de l'exposition universelle de M. Chaies Robin et dans Palbum de l’exposition publié aux bureaux de l’ Abeille Impériale.

Le chapitre portant pour titre Cawapa, dans l’histoire de l’exposition universelle commence ainsi : “ Les efforts faits par le Canada, cette an- “ cienne colonie française, pour figurer dignement au grand concours de “ 1855,eflorts couronnés, du reste, d’un plein succès, et Pimportance réelle “ de ce beau pays, auquel un brillant avenir ne peut manquer d'échoir, “ nous font un devoir de lui consacrer un article à part.”

De ceite connaissance donnée à toute l'Europe des ressources de notre beau pays, de cette popularité eréée chez tous les peuples transatlantiques, de cet intérêt inspiré à tous pour les choses du Canada, il devra indubitablement résulter beaucoup de bien. Hserait naturellement difficile, si non impossible, d'anticiper quels serout les résultats sous le rapport du commerce et de l’émigration ; tout cela dépendra,dans une grande mesure, de l’énergie de nos grands négociants, et dans de certiines limites aussi, de l’action de la législature dans les dispositions qui ont trait à la vente et à l'établissement des terres publiques, aux améliorations qui concernent notre belle voie du Saint Laurent et à la réglementation de notre tarif des douanes. Mais que l’attention de l’Europe soit maintenant tendue vers le Canada, de cela il n’y a pas de doute, etdes mille faits qui le prouvent, je me contenterai de dire que c’est principalement de la popularisation en Europe des produits de nos forêts, qu'est né le décrèt impérial qui réduit à n’être plus qu'un taux nominal, l'énorme impôt qui précédemment en France frappait importation des bois et vaisseaux de construction étrangère

Les yeux du commerce européen sont ouverts sur les immenses ressources naturelles du beau pays que nous habitons. En parlant de l’exposition en général, le Times de Londres, dans un article presqu’exclusivement consacré aux produits canadiens, disait entre autres choses : “ Certainement nous pouvons espérer de mettre le Canada en état d’entrer ‘“ en compétition avec la Suède sur nos marchés, pour la production du ‘“ meilleur fer confectionné au moyen du charbon de bois.” Le reste de Particle était l'expression de la pensée que c’est surtout vers l’exportation des predui!s naturels ou de manufacture première, que nous devons tourner nos regards.

Nul coute non plus que le succès de notre exposition n’amène vers nos rives une émigration du continent Européen, et comme une preuve de cette tendance, je me permettrai de citer un passage d’une lettre que m’écrivait de Darmstad, en octobre dernier, monsieur le baron Wedekind, grand forestier du duché de Hesse et rédacteur des annales forestières de l'Allemagne. ‘ Enfin,” disait ce haut personnage, “je vous félicite ‘# sur votre Canada. Quoique le goût d’émigration ait beaucoup diminué “ en Allemagne, je conseillerai de préférence votre Canada à lémi- ‘ grant.”?

En résumé, je crois pouvoir aflirmer que le but de l’exposition est complètement atteint jusqu'ici: en retirer plus tard le plus grand profit possible n’est plus ma besogne particulière, c’est celle de tout le peuple canadien, chacun dans la mesure que sa position Jui indique et Py oblige.

Je disais plus haut, qu'autant que chargé de tout ce qui avait trait à la publicité, il entrait dans mes attributions de tenir le peuple du Canada au courant des faits principaux qui se traduisaient À Paris pendant l’exposition et en conséquence de l'exposition.

Dans ce but j'ai fourni une correspondance régulière, comprenant une étude rapide de l'exposition à deux points de vue différents, savoir : une étude d’ensemble du contenu du palais de l’industrie et de ses annexes, une nomenclature, enfin, donnée sous la forme d’un voyage à travers l'exposition ; l’autre étude est un examen naturellement limité aux conditions de temps, d’espace et de savoir à ma dispsition ; mais toujours un examen des industries représentées à Paris, classe par classe, d’après le mode de classification adopté par la commission impériale. Ces correspondances publiées dans la presse canadienne, au nombre de 48, sont annexées à ce rapport comme appendices.

Bien que la remarque de Sir William Logan dans son rapport soit exactement vraie, savoir : qu’il n’est pas possible de donner une liste mathématiquement correcte, et surtout raisonnée, de toutes les récompenses accordées avant que le rapport final du jurv international soit

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publié, il est possible néanmoins de se servir des chiffres portés dans la liste des récompenses publiée par ordre de la commission impériale, comme matière à comparaison: le rapport final ne peut différer essentiellement du rapport préliminaire, rapport fait avec assez de soin pour qu’on s’en soit servi dans la distribution de toutes les médailles. D’après les listes dont je viens de parler, il appert que le Canada a

remporté 93 récompenses, parmi lesquelles on compte une grande mé-

daille d'honneur, une médaille d’honneur, treize médailles d’argent ou de

première classe, trente médailles de bronze ou de seconde classe, et

quarante-huit mentions honorables. Pour permette de juger, en somme toute du succès comparatif des diverses expositions universelles aux-

quelles le Canada a pris part en tant que le nombre des récompenses obtenues est concerné, je mets ici en regard le nombre total de ces

récompenses décernéecs aux expositions de Londres, New-York et Paris : nous avons donc obtenu :

A Londres, 67 médailles et mentions honorables.

A New-York, 63 do. do. do.

A Paris, 93 Les erreurs que peuvent entraîner ladivergeance des différents rapports ne peuvent, en aucune manière sérieuse, affectez:la proportion comparative

ci-dessus

do. do. s do.

Je ne dois pas oublier de faire remarquer que le Canada est la seule

colonie qui ait obtenu une grande médaille d’honneur; que la mé-

daille d'honneur obtenue fut accordée aux collections des bois et des

grains du Canada, et que les contributions dans ces trois classes, formant

le groupe des produits naturels, sont dues à un grand nombre de localités Ù 6

éparses et situées aux points extrêmes et mitoyens du Haut et du Bas-

Canada ; prouvant en cela, que toute la superficie de notre sol, d’une extré-

mité à l’autre du pays, est productive à un haut degré d’excellence.

Il est nécessaire de parler d’une manière spéciale d’une machine pour laquelle le comité a toujours montré une sollicitude toute particulière, et au succès de laquelle il a affecté une somme relativement cons;lérable, On comprend de suite que je veux parler du cultivateur à vapeur de

M. Romain.

Cette machine à laquelle l'inventeur a consacré sa vie

et son rare talent pour la mécanique, fut expédié sur Paris dans un état de non complétion, et il s’écoula plusieurs mois d’un travail incessant de la part de l’inventeur avant de pouvoir en faire les premiers essais. Ces essais furent tentés privément et sous mes yeux: la tentative fut finalement heureuse, en autant que le mécanisme principal était concerné; mais l’espace de temps durant lequel le fonctionnement s’opérait, était limité à quelques minutes, en conséquence d’un vice d’ap-

plication dans la construction de la chaudière à vapeur.

Plusieurs ingé-

nieurs et queiques agronomes de distinction furentadmis aux expériences, et tous ceux que j’eus occasion de consulter furent d’avis que le principe de la machine était bon et donnait la solution du problème de la charrue à vapeur ; le point en défaut était, suivant eux, une simple affaire de détail. M. Coré, mécanicien français, auteur de l’histoire de la mécanique au XIX?e siècle, s'exprimait ainsi à ce sujet au banquet spécial de l’agriculture, tenu à Paris, le 25 octobre 1855: “ J’éprouve, ‘“ messieurs, un bonheur que vous partagerez tous, en apprenant que le ‘* problème de l’application de la vapeur à la charrue est complètement ‘résolu par un mécanicien du Canada, qui s’honore de son origine ‘ française. J’ai vu ces jours derniers fonctionner cette importante ‘ machine, cette charrue menée par la vapeur, et l’expérience laisse peu ‘“ de chose à désirer.”

Sur les nouvelles qui se répandaient des expériences ainsi faites en dehors du contrôle du jury de l’exposition, la maison Croskill, d’Angleterre, expédia à Paris des agents qui offrirent à M. Romain d’acheter son invention à des conditions que l’inventeur regardait comme éminemment avantageuses pour lui et pour le succès définitif de l’œuvre à laquelle il ax voué son existance. La maison Croskill exigeait de M. Romain que la machine fut retirée du concours. Sur l’application pressante de linventeur, et après avoir reçu l'avis d'ingénieurs français et anglais, Sir William Logan et moi crûmes devoir permettre à M. Romain de pouvoir profiter des propositions que lui, M. Romuin, la personne la plus intéressée, croyait les plus propres à obtenir le succès complet de l'invention. La machine porte dans le contrat passé entre M. Romain et la maison Croskill, ou plutôt les successeurs de cette maison, le nom de CuzrivaTeur CANADIEN À VAPEUR pe Romain.

Référant, pour les détails des sujets que je viens de mentionner, aux différents appendices attachés à ce rapport, il ne me reste plus qu’à rendre compte des argents qui ont été mis à ma disposition comme commissaire à Paris. Mes comptes en détail, examinés par PAuditeur des comptes publics, et confrontés avec les reçus qui les accompagnent, ont été trouvés corrects. Voici l’état résumé de ces comptes:

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