‹ Le Canada et l'Exposition universelle de 1855 [microforme]Chapitre 69 sur 243 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

J'ai vu plusieurs pays étrangers, disait un Canadien, et j’en ai vu de bien beaux et de bien riches, où il fait bon à vivre, mais je n’en ai pas vu qui me puisse faire regretter d’a voir à habiter le Canada.”

“ Ceux qui veulent aller habiter le Canada, disait un voyageur, peuvent s'attendre à trouver dans les villes et les établissements anciens tout le comfort des meilleures villes d'Europe, dans les défrichements nouveaux un vaste champ à leur industrie, et un retour assuré pour leur travail, surtout s’ils y viennent avec un petit capit:1.”

Voilà la conclusion de l’auteur ; pour lui, cette étude de son pays le lui fait aimer davantage ; et la conclusion qu’il tire pour ceux qui veulent laisser l’Europe pour l'Amérique, c’est que peu de pays off:ent un plus bel avenir aux émigrants et à leur postérité, surtout aux agriculteurs, et qui ont la sage détermination de le demeurer. Ce n’est pas qu’on veuille conseiller à celui qui vit à Paise dans son pays de le laisser pour courir après la fortune. Oh! non; celui-ci aurait à craindre de se voir puni du mépris d’une médiocre prospérité accordée par la Providence. Au reste, pas plus en Amérique qu’en Europe les fortunes brillantes et rapides ne sont communes; mais seulement il y a là plus d'espace, plus de champ pour le travail, Ce n’est pas non plus que le Canada soit une terre de Cocagne où les ruisseaux sont de lait et la rosée de miel. Celui qui partirait de l’Europe pour venir n'importe où en Amérique ou aller en quelque endroit du monde que ce soit, avec

l'espoir de faire une fortune brillante en peu de temps, aurait une excellente chance de se tromper. Non, l’émigrant forcé par les circonstances de quitter sa patrie doit avoir assez d'expérience du mauvais côté de le vie pour nourrir des pensées plus sobres que celles-là. Mais répétons-le encore, l’homr-e pauvre et laborieux, l'homme intelligent et honnête, le capitaliste (quelque petit que soit son capital), le capitaliste industrieux que la difficulté des placements avantageux gêne dans son industrie, tous ceux-là trouveront en Canada ce qu’il leur faut,et mieux qu'ailleurs sous bien des rapports. Le sol est va: { fertile, la nature y a fait pousser une riche récolte, la forêt qu’il peut de suite faire valoir; le climat y est remarquablement salubre ; les productions naturelles nombreuses et de tous les genres; la nature y est belle et grandiose ; les seules choses qui y font défaut sont les bras et le capital. Maintenant répondons à une question bien naturelle de ceux qui veulent émigrer qui est celle-ci : ‘Où aller, dans toute l'étendue de votre immense territoire ? Quel est le meilleur endroit ?”

Je réponds dans toute sincérité : allez où vous voudrez, je ne sache pas d’endroits beaucoup meilleurs ni moins bons que d’autres ; les uns ont des avantages et des désavantages que les autres n’ont pas, et vice vers ; partout vous trouverez un asile assuré, mais je dirai avec franchise que les émigrants parlant la langue anglaise, et les émigrants protestants, feraient mieux d’aller se fixer dans le Haut-Canada, et les émigrants parlant la langue française, et les émigrants catholiques, rencontreraient plus d'avantages à s’arrêter au Bas-Canada. Le Français, le Belge, le Suisse français se trouveront en arrivant dans le Bas-Canada, dans leur pays, surtout le Breton et le Normand. Le catholique y verra chaque paroisse surmontée d’un beau clocher portant la croix qu’il a coutume de voir. D’un autre côté, le Yorkshireman, le Higlander trouveront leur patrie transportée dans le Haut-Canada.

Les émigrants des îles britanniques ont bien senti cela ; car c’est vers le Haut-Canada que se portent leurs colons. Le Bas-Canada n’a pas reçu cinquante famiiles parlant le français depuis la conquête, et il est bien étonnant que sa population ait pu s'élever au chiffre imposant qu’elle a atteint; c’est peut-être un fait unique dans le monde que cet accroissement prodigieux des Canadiens français, et c’est un fait qui dénote Pétat moral et sanitaire de cette population.

Le !coteur voit en tout cela que le but principal de l’ouvrage, qui ne fait que traduire la pensée gouvernementale qui Pa suscité, est d’appeler Pémigration vers le Canada ; et cela dans une idée amie de l’Europe, où la population surabonde, et amie du Canada, où les bras manquent au travail.

Il a été souvent fait appel aussi, dans cet ouvrage, aux capitalistes, et de fait l’homme d’affaires qui étudiera ce petit ouvrage et le catalogue raisonné de l’exposition canadienne à Paris, qui sera incessamment publié, verra qu’il y a moyen de faire au Canada des applications superbes, et dans beaucoup de genres, mais surtout dans l’exploitation des richesses naturelles du sol, des forêts et des eaux, richesses, il est permis de le dire, que le Canada possède au point de n’avoir rien à envier à aucun pays sur le globe.

La question de l’émigration vers le Canada peut en outre présenter un côté beaucoup {plus grave et beaucoup plus important que celui de l'intérêt unique du pays ou des émigrants ; mais il n’entre pas dans les limites de ce mémoire de traiter des questions d'un ordre si élevé, qui intéressent l'Angleterre comme puissance et comme métropole, et les Français comme race et comme alliés de la première. Je me contenterai de dire aux derx pays, en terminant, que leurs intérêts sont ici communs et identiques.

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CATALOGUE RAISONNÉ

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