‹ Le Canada et l'Exposition universelle de 1855 [microforme]Chapitre 70 sur 243 · DE L'EXPOSITION DU CANADA · texte numérisé non relu

DE L'EXPOSITION DU CANADA

L’Exposition Canadienne de 1851, à Londres, avait été aussi glorieuse qu’il était raisonnable pour le Canada de la désirer, eu égard à la jeunesse du pays, au chiffre peu imposant de la population et aux difficultés causées par l'éloignement du-continent européen.

Soixante prix et mentions honorables obtenus dans les différentes classes; un rapport spécial du jury de la classe des minéraux, plaçant la collection canadienne en tête de toutes les autres et la désignant comme supérieure à l’exposition minérale de toutes Les contrées, constataient un succès complet dans la mesure qu’il était permis d’espérer.

Le pays était satisfait; mais un bon nombre d’exposants, aux efforts desquels la réussite était due, avait enduré des pertes considérables ; et le résultat, dans l’intérêt commercial de la contrée, n'avait pas atteint toutes les proportions voulues, par le fait même qu’on avait compté exclusivement, excepté pour les minéraux, sur le zèle et le dévouement des particuliers eux-mêmes, sans donner aux travaux d’admission tout Pesprit d'ensemble qu’il est si important d’apporter dans le choix de collections de ce genre.

Profitant donc de l’expérience acquise, et désirant faire suivre au Canada le mouvement de noble émulation qui poussait les peuples vers Paris, le Comité Exécutif, chargé de préparer les choses, a voulu donner à l'Exposition Canadienne au concours de 1855, ce caractère national et d'ensemble qui manquait au concours de 1851.

Pour se réserver toute sa liberté d’action, le Comité décida que tous les articles choisis par les jurys d'admission seraient achetés par le Comité et expédiés à Paris au compte de la colonie; mais au nom des fournisseurs qui gardent le titre et les avantages d’exposants. On voit en cela que l’idée mère a été de mettre le pays aux lieu et place d’individus et par là, de montrer aux peuples étrangers les ressources de la contrée plutôt que l’industrie de ses habitants, et on sent de suite la

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