‹ Le Canada et l'Exposition universelle de 1855 [microforme]Chapitre 71 sur 243 · EE Ù · texte numérisé non relu

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sagesse d’une pareille mesure, appliquée à un pays riche de richesses naturelles.

Mais bien que l'intention ait été principalement d'illustrer les ressources qu'offre le territoire, le Comité n’a pas cru, non plus, devoir négliger l’occasion de montrer au public européen que le ciel canadien ne refuse pas à ceux qu’il éclaire les talents qui créent, perfectionnent ou entretiennent les arts; et s’il est permis de croire et de répéter les flatteuses paroles que les visiteurs de l’annexe font tous les iours entendre, les efforts ont été couronnés d’un certain succès.

Le Canada a expédié pour l'Exposition de Paris des articles de toutes les classes inscrites dans le Catalogue de la Commission impériale, à l'exception des XIXe et XXIe, qui se rapportent aux industries des cotons et des soies qui n'existent pas au Canada, si on excepte quelques établissements d’une impo:tance relativernent nulle.

Les trois premières classes, savoir : celles qui ont trait aux richesses minérales. agricoles et des forêts, sont les divisions où brillera surtout le Canada, s'il peut et doit briller à Paris. Les produits minéraux, fournis par près de quatre-vingts exposants, sont les plus nombreux ; ils sont classifiés dans l’ordre de leur application dans les arts, et sont assez complets pour donner une idée des richesses en ce genre, et en même temps faire connaître la formation géologique du pays. On peut dire que, moins le charbon, le Canada fournit tous les genres de terres, métaux et substances minérales qui entrent comme matière première dans les différentes industries métallurgiques, et dans l'art de bâtir; dans ce dernier genre, il ne faut pas oublier les marbres et les ciments.

Ces richesses ne sont presque pas encore exploitées, et pour cause de manque de bras et de capitaux ; la colonie n’en est encore qu'aux commencements dans ces différents genres d’industrie.

L'exposition des bois du Canada démontrera, il est raisonnable de le croire, que ses forêts inépuisables, qui couvrent près de 40,000 lieues de superficie, sont sans rivales dans le monde entier par la variété des essences et surtout le volume des bois de construction. Le Catalogue qui suit fera voir que, dans ce genre comme dans celui des bois pour l’ébénisterie, le Canada possède des spécialités précieuses que seul il peut fournir. Les produits de chasse et de pêche, placés dans cette classe, font aussi au pays une place à part et exclusive comme champ d’exploitation.

Il n’est presque pas besoin d’insister sur l'importance et la beauté des grains du Canada. Il suffira au visiteur de parcourir attentivement la galerie de l’annexe, qui donne sur le Cours-la-Reine, dans la section du Canada, pour de suite se faire une idée du grand nombre et de la beauté des productions agricoles proprement dites de ce pays. Les variétés des blés de printemps et d'automne, des orges, des avoines, des pois, les

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qualités panifiables de plusieurs de ces divers grains, prouveront de suite qu’un sol fertile est secondé par un climat favorable, qui permet encore la culture du maïs, du tabac et de fruits que nos hivers n’empêchent pas d'arriver à un parfait développement.

Dans les quatrième et cinquième classes de la mécanique générale appliquée à l’industrie, etles sixième et septième de la mécanique spéciale, le Canada, qui avait remporté en ce genre plusieurs prix et mentions honorables à Londres, a renvoyé à Paris des produits dignes de remarque et dont on dit déjà beaucoup de bien parmi le publie connaisseur, entre lesquels il en est quelques-uns qui ne le cèdent nullement à ceux des auires pays.

Naturellement, exposition canadienne compte peu de produits dans les classes huitième et neuvième qui se rapportent à l’industrie, se rattachant plus particulièrement aux sciences et à l'emploi des agents chimiques et physiques, par la raison bien simple, qu'une petite population ne peut créer un marché suffisant à une production d’une nature aussi spéciale,

La classe dixième a fourni au Canada le moyen de faire voir les produits remarquables dont la inatière abonde, les vernis, les colles, les huilles végétables et animales, les savons et les alcalis, les cuirs, lesteintures, les peintures. Il faut surtout remarquer dans cette classe deux produits aujourd’hui exclusifs au Canada et livrés à l’industrie par des Canadiens; je veux parler des cuirs de cétacés et du papier d’immortelle (graphalium).

Dans la onzième classe, une foule de produits viennent illustrer la méthode dont on se sert pour la préparation et la conservation des substances alimentaires, comme propres à l’exportation et pouvant supporter les accidents de longs voyages.

Dans la classe douzième, le Canada exhibe plusieurs plantes et substances qui font partie des nombreux articles dont il peut enrichir la médecine ; et dans la treizième, des illustrations des industries qui se rattachent à la navigation etaux constructions navales, une des principales sources de richesse pour le Canada; industrie dont l'importance peut devenir illimitée, en raison de l’abondance et de l'excellence des matériaux qui en forment la matière première

Dans la quatorzième classe, le visiteur peut voir des modèles de ces immenses travaux liés avec la navigation du fleuve Saint-Laurent, et surtout, en tant qu’intéressant les consommateurs étrangers, une foule de produits manufacturés en bois dont le prix fait l’étonnemeut de tout le monde par le bon marché.

Dans les classes suivantes, on montre les industries manufacturières des métaux et matières textiles dans des outils, instruments et ustensiles, et dans des étoiles, tissus, tricots, cordages, etc., où le fer, le cuivre, le plomb, les terres plastiques, le bois, le chanvre, le lin, la paille, entrent

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pour bases ; mais remarquons que la production est une fraction de la quantité que le pays pourrait fournir à des prix excessivement réduits, pour les raisons du bas prix de la matière brute, des facilités de transport intérieur et de la faculté de se procurer, sans limites comme sans dépenses, l’eau comme principe moteur des machines à exploitation.

Le comité a cru aussi devoir envoyer les produits des métiers, dont Pindustrie est de confectionner les différents articles de vêtement. Dans ce genre on croit devoir recommander à l’attention les étoffes en laine et en lin, manufacturées à la main et connues sous les noms de droguels et éloffes du pays, qui par leur solidité sont essentiellement propres aux habits de labeur: et cette espèce de chaussure connue sous le nom de bottes sauvages, dont la forme et la matière sont admirablement adaptées aux métiers du cultivateur, du forestier, du marin et de Phomme de guerre.

Enfin je Canada fournit aussi des peintures et dessins d’architecture et autres, des échantillons de typographie, de reliûre, de photographie et de lithographie. Dans ces différents genres, il n’est pas entré un instant dans la pensée de lutter avec les pays européens; mais le Canda devait montrer qu’il n’est pas étranger à ces arts civilisateurs.

Le visiteur qui s’attend sans doute à trouver dans l’Exposition Canadienne des produits de l’art aborigène des peaux rouges, ne sera pas déçu dans son attente ; il pourra voir ces articles de fantaisie, produits de l’industrie des Sauvages, et il trouvera parmi ces objets des broderies qui, pour la vivacité des couleurs et l’originalité du dessin, sont comparables aux plus beaux échantillons de ce genre. On ne verra pas sans surprise la reproduction .pleine de goût des fleurs et des feuilles des forêts, les lignes gracieuses de quelques-unes de ces productions où les doigts de la fille des bois ont été conduits par une imagination inspirée au sein d’une vie contemplative, par le seul spectacle d’une nature grandiose dans son ensemble autant que gracieuse dans ses détails.

Dans les commentaires et les remarques qui précèdent et qui suivront, il n’est fait mention que des produits sans égard aux intérêts des Exposants; car ce n’est pas l’affaire des individus, mais laflaire du Canada qu’on a eu en vue dans ce Mémoire.

On a imité la manière du Catalogue anglais en retranchant l'indication de la profession des Exposants et des récompenses obtenues antérieurement, soit à Londres, soit ailleurs.

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