OTTAWA, CANADA
PUBLICATION No. 4
RECIER
National Library Bibliothèque nationale + of Canada du Cana
Le Canada et la llarine
Le très hon, Sir WILFRID LAURIE à: Je me lève, monsieur l'Orateur, pour exposer à la Chambre les vues de la lovale oppositior de Sa Majesté sur le projet présenté par mon très honorable ami, Peut-être serait-1l opportun de rappeler qu'il ÿ a quelques mois je leceväis, ainsi que mon très honorable ami, un document signé par quelques-uns des citoyens les plus importants du Canada, appartenant aux deux partis politiques, et qui réclamait hautement que la question de la défense impériale disparût
du programme politique des part
L’intention qui animait ces personnes marquantes et considérées est assurément digne des plus grands éloges et, pour ma part, je ne puis que l’approuver sans réserve; qu’il me soit permis toutefois de faire observer que si la question de la défense impériale a été portée sur le terrain des luttes politiques, la faute n'en saurait être imputée à aucuru des membres de la gauche. «
Comment la Question Navale est entrée dans la Politique
Lorsque, il y a quatre ans, mon honorable ami de Toronto-nord (M. Foster) résuma le sujet en une formule pratique, nous étions du côté de la majorité en cette Chambre, et l’accueil que nous fimes à sa motion n'avait rien de pointilleux. Cette motion de mon honorable ami était ainsi conque:
Cette Chambre est d'avis que le Canada, vu ses ressources abondantes et variées, sa situation géographique, et obéissant à ce sentiment de fierté nationale et de confiance en ses propres forces qui doit animer un peuple fort et progressif, ne devrait pas retarder plus longtemps de prendre sa juste part de responsabilité et de dépenses pour assurer convenablement la protection de ses côtes et de ses grands ports maricimes.
Nous fîmes à la proposition de mon honorable ami un accueil vraiment sympathique, nous permettant de lui faire observer qu’il y avait peut-être lieu d'en étendre la portée pour qu'elle s’accordât avec la conception plus vaste de la défense de l'empire eu égard surtt à la situation nouvelle qui s’accusait alors depuis un certain temps en Europe. Je dois dire que nos adversaires firent bon accueil à notre avis et qu’ils suggérèrent certains amendements que nous nous empressâmes d’agréer, Ainsi modifiée, la motion de mon honorable ami était adoptée à l'unanimité. Elle était ainsi conçue:
Cette Chambre reconnaît le devoir qui incombe au peuple canadien, à mesure que son chiffre de population et ses richesses augmentent, d'assumer dans une plus large mesure les responsabilités de la défense nationale.
La Chambre est d'avis que sous le régime des relations constitutionnelles actuelles entre la mère patrie et les colonies antonomes, le paiement de contributions fixes et régulières au trésor impérial pour des fins navales et militaires ne serait pas, en autant que cela concerne le Canada, la soluion la plus satisfaisante du problème de la défense.
La Chambre approuvera cordialement toute dépense nécessaire destinée à encourage: l'organisation rapide d’un service naval canadien en CO0pés ration et relation intimes avec la marine impériale conformément aux re-
commandations de l'amirauté faites lors de la dernière conférence impériale, et en complet accord avec l'idée que la suprématie navale de la Grande-Bretagne est essentielle à la protection efficace du commerce, à la sûreté de l'empire et au maintien de la paix mondiale.
La Chambre est fermement convaincue que chaque fois que le besoin s'en iera sentir, le peuple canadien se montrera prêt et disposé à faire tous les sacrifices nécessaires pour prêter aux autorités impériales son concours le plus loyal et le plus cordial à toute mesure tendant au maintien de l'intégrité et de l'honneur de l'empire.
Cet ordre du jour était à peine adopté que, mus par des raisons diverses et contradictoires, des conservateurs s'employaient déjà à le battre en brèche, Les uns prétendaient que la création d’une marine dé guerre canadienne ne permettrait pas au Canada de remplir dignement son devoir envers l’empire, affirmant que le problème ne pouvait être résolu que par des contributions au trésor impérial. Les autres, au contraire, bondissaient à la seule pensée d’une contribution ou de la création d’une marine canadienne, C’est ce que j'appelle porter la question de la défense de l'empire sur le terrain des luttes politiques. On déchaînait par là des passions que nous croyions äüpaisées, mais qu'on n'eut guère de peine à raviver, ainsi que nous avons pu :e constater. Peut-on nier que ces dispositions d esprit aient influé sur le résultat des dernières élections ?
Dans les circonstances, on pourrait être tenté d’user de représailles, de profiter pour se créer de la popularité auprès du corps électoral, de ce que le cabinet se trouve dans un embarras tel, qu’un de ses membres—et non le moins marquant— a dû démissionner. Mais non; la question est trop importante. elle revêt un caractère trop sacré; nous ne voulons pas obéir à de tels mobiles; nous refusons d’acquérir la victoire par des armes semblables. Je l’ai déjà dit, je le repète encore aujourd’hui — et je crois n’avuir jamais manqué à ma parole — jamais je ne laisserai échapper un seul mot destiné à aviver la flamme que cette question a malheureusement allumée. Je l'ai déjà déclaré, je le répète encore: Nous n'entendons examiner que le seul mérite du projet formulé par le ministère,
L'autre jour, en expliquant son projet, ce qu’il fit en des termes auxquels je ne saur iver à redire, mon très honorable ami disait — je ne <ite peut-être pas textuellement ses paroles, mais j'en donne au moins le sens — qu'il n'avait d'autre but que de favoriser la prospérité du Canada et celle de l'empire dont nous faisons partie. Je dois lui dire que sur ce point nous sommes d’accord tous deux. Si nous différons d'opinions avec lui sur le programme qu'il a soumis à la Chambre. c'est parce que nous avons en notre âme et conscience la conviction profonde que la politique que nous soutenons est plus propre que la sienne à faire atteindre le but auquel 1l prétend viser.
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H n'y a pas d'urgence. L'Angleterre n’est pas en danger.
Le pays attendait avec beaucoup d'anxiété ministre devait faire et qu’il a maintenant faite ap lamirauté. M. Asquith, M. Churchill, sir Edward maintes et maintes fois que l'Angleterre n'avait vas d nemis, qu’elle était prête à faire face à tout venant, Il existait. né nmoins, quelque appréciaion lointaine que l’Angleterre ne fût, d’une facon ou d’une autre sur un
ation que le premier s'être consulté avec
point quelconque, menacée de quelque danger mystérieux. Certains allaient même jusqu’à affirmer qu'elle en était réduite à se mettre à genoux pour mendier de l'aide — assertion plus propre, assurément, à froisser l'orgueil de ceux à qui on l'adressait qu'à mériter du respect à ceux qui la faisaient. Toutes ces craintes, toutefois, se trouvent dissipées par ie document que mon très honorable ami a déposé sur le bureau de la Chambre,
L'Angleterre est toujours l'Angleterre ; elle ne ploie le genou devant personne ; elle ne s'adresse pas à nous à titre de suppliante, encore mjoins à celui de mendiante. A ja demande de nos ministres, elle a répondu : l’exposé des faits se trouve dans ce document; jugez par vous-mêmes et faites comme bon vous semblera, Voilà ce qu'on a dit, et on ne pouvait pas s’atterdre à un autre langage de la part des hommes d'Etat et du peuple anglais,
Mais à d’autres égards. nous avons li le nous réjouir, Ce document fait voir que les circonstances n'ont rien de critique, que l'Angleterre ne court aucun danger, ni imminent ni lointain: j le un état choses que nous d'iguorions point, il'est vrai, mais dont l'existence se trouve maintenant attestée par la correspondance officielle, I] fait voir que depuis quelques aunées il se fait en Eurone u: t él ho indifférents. Les an ts des grandes puissan à modifier les lignes stratégiques jusqu'à prés sa sécurité. Le document nous apprend que pour maintenir sa securité dans ses propres caux, l'Angleterre a dû retirer queques-uns de ses navires de guerre des mers lointaines. C’est bien là, je crois, ce que révèle le document que mon très honorable ami a ‘déposé sur le bureau de la Chambre. Teile étant la situation, la question qui se pose est celle-ci : Quel est le devoir de la Cham. bre des communes, quel est le devoir du peuple canadien ?
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Les Conservateurs de Québec font appel aux préjugés.
Avant de répondre à cette question, il convient de parler un peu de choses qui nous sont plus familières, de jeter un coup d'oeil sur la situation résultant de la divergence d'opinion entre les deux partis au cours de la dernière campagne électorale. A cette époque-là, les conservateurs de la province de Québec — sauf de rares exceptions que je pourrais compter sur les cinq doigts de ma main, sur mes dix doigts tout au plus — proclamaient partout que le Canada ne doit rien à l'Angleterre.
Des VOIX : Non! non!
Sir WILFRID LAURIER: Je suis bien aise que cette assertior provoque des protestations de la part de certains députés, Je ne puis accepter leur dénégation; les faits sont trop certains. Leurs protestations ont au moins l’avantage de faire voir qu'ils désapprouvent l'attitude de certains de ceux avec qui ils ont maintenant obligés de faire cause commune.
Les conservateurs de la province de Québec, je le répète — ils n’étaient pas alors partisans de mon très honorable ami: ils constituaient un parti indépendant—soutenaient que le Canada ne devait rien à l'Angleterre : et que pour s’acquitter de tout son devoir en matière de défense, il n’avait qu’à subvenir à la protection de ses propres côtes. Je suis bien aise de dire qu'un autre sentiment prévaut aujourd’hui. Envisagées sous un autre angle, les conditions ont modifié la manière de voir. Mais quand on s’est employé pendant des mois et des années à répandre des doctrines aussi malsaines,
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Cette propagande laisse une impression beaucoup plus facile à créer qu'à dissiper par la suite,
Nous avons récemment eutendu répéter par toute la province de Québec que nous ne devons rien à l’Angleterre parce que, dans notre histoire diplomatique, elle ne s’est jamais fait faute de sacrifier nos intérêts chaque fois qu’il s'est agi de quelque ’élimitation de frontière entre le Canada et les Etats-Unis, Ponr ma Part, al muintes fois déclaré qu'en css sortes de questions la diplomati: angl: > ne s’est pas couverte de gloire, Et que faut-il conclure de là? Que l'Angleterre était indift ute à notre intérêt ? Pas du tout, Qu'elle a, de gaieté de coeur, sacritié nos intérêts? lincore moins, La seule conclusion à tirer, c’est qu’en ces matières les d'plomates anglais n'étaient pas aussi bien renseignés que ceux des Etats-Unis sur chaque pouce du territoire contesté. Voilà Gui prouve de façon couc'uante qu'en toute affa ressant Un pays, mieux vaut s'en remettre au sou nement de ce pays. Il est incontestable que le Canada n’a pour ainsi dire rien eu à sacriier depuis qu'il dirige lui-même ses relations diplomatiques. Dans noue dernière ecniestation avec nos voisins, relativement à la questions des pêcheries de PAtlantique. loin de sacrifier quoi que ce fût, nous awons obtenu la reconnaissance de droits longtemps méconnus.
L'énonciaiion de {a doctrine néfaste ont je parlais tantôt à derrièrement porté quelqu'un de la province de Québec à dire que l'Angleterre, vraiment, a foulé aux pieds nos intérêts parce qu'elle ne s'est pas rangée du coté des sus | Ï Unis! Je connais fort bien le jeune i à la noblesse de sentiments en parlant ai “tain qu'il comprendra un jour — il ne l’a pas déjà cor béau titre de gloire de l'Angleterre c'est d'être demeurée neutr ses intérêts, lors du gigantesque ntre le Nord et Sud qui s'est t né par l'abolition de V’esclay les n ntribué à laver cette tache qui
i t ) puissante pour à ï “ujet anglais, en raison de craindre ou de jalouser le: succès d’aucur autre
cr aucun lieu. n'a puissance,
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La situation que le Canada occupe dans l’Empire.
iutile que nous énumérions {ei ce que nons devons à l'Angleus sommes des sujets britanniques: nous ne voulons pas être
chose, et c'est là le dernier mot de | st'e S lans la province de Québec des gens qui n’admettent pas cette vérité, je toucherai à une autre corde — à la corde sordide de l'ésoïeme. [x puis que, pur le traité de Paris en 1763, nous sommes: devenus des suis britanniques, nous avons été à l'abri des invasions du côté de l'Océan. Cependant, pouvonsnous dire aujourd'hui que nous le sommes encore ?
Au déclin du dix-ser puissances mari.
times en Europe: l'Angleterre, la France ct l'Espagne. En 1805, à la célèbre bataille de Trafalgar, les forces navales de la France et de l'Espagne ont été anéanties, L'Espagne ne s jamais relevés d p qu'elle avait reçu; mais la France, grâce À sa merveilleuse vitalité créa bientôt une flotte qui ne le cède qu’à la flotte d'Angleterre, La flotte française occupe le
à dit + parmi ceïles des différentes nations europé-
me siècle, 1] n'y avait que trois pui
der 1 lo tre
ennes, mais, par bone tente cordiale à tellemer l’Angleterre qu'une gui une guerre intestine,
» ous N AVONs rien à craindre de la France. L’enresserré les liens de l'amitié entre la rance et e entre ces pays équivaudrait, j'en suis certain, à aux Yeux de | une ou de l'autre jütion, hi déjà entendu dire q 1 foue reine à déclaré un j qu'elle aimerait mieux mourir que de voir éclater une autre guerre entre l'Angleterre et la France, Cette bonne reine n’a Pas vécu assez longtemps pour assister à la réalisation du rêve de toute sa vie “l'entente cordiale,” mais il a été donné à son fils de le réaliser, et nous en récoltons aujourd'hui les fruits,
Il y a d’autres puissances maritimes qui pourraient nous attaquer, bien que je ne craigne pas d'attaques de leur part et que je ne crois même pas qu’elles en projettent. Cependant, nous devons tous convenir que, étant donné l'accroissement des armements, nous ne saurions nous croiser les bras et nous croire en sécurité, notre sécurité passée ne devant pas être considérée comme une garantie de notre sécurité future,
Au cours de la dernière lutte électorale, on a dit aussi dans la province de Québec que nous pouvions nous fier à la doctrine de Mon re, Je conseil. lerais à celui qui met sa confiance dans la du trine de Monroe d'étudier les annales de Cuba depuis la guerre hispano-américaine. Les Cubains, voulant secouer le joug de l'Espagne, ont sollicité et obtenu le concours des Etats- Jnis; mais lorsqu'ils se furent soustraits à la domination espagnole, avec laide des Etats-Unis, ik constat rent qu'il leur fallait payer chèrement Païde qu’ils avaient reçue. Ils durent renoncer à un lambeau de leur indépendance, Après la guerre, la population de Cuba a voulu, naturellement, avoir son propre gouvernement national, Elle & réuni une convention et adopté une, constitution. mais celle à dû passer par Washington pour être isée et là, après un débat de trois mois, furent imposées à Cuba des conditions qui répugnaient extrômement à la population de ce pays. Cette conétitution fut adoptée par la faible majorité de cinq voix. Les stipulations suivantes furent InCorporées dans la constitution de Cuba:
Cuba ne conclura pas avec l'étranger de traité qui tendrait à mettre en péril l'indépendance de l'Ile ou une parcelle de cette indépendance: aucun emprunt ne pourra être effectué à moins q'i'un excédent de recettes ne soit disponible pour acquitter l'intérêt de ces obligations: les Etats- Unis peuvent se mêler de protéger l'indépendance de Cuba ou la vie et les biens de ses citoyens; les actes de l'administration militaire des Etats-Unis à Cuba depuis 1898 sont admis comme solides: des mesures sanitaires convenables doivent être prises pour protéger la santé publique dans l'Ile: la question de la propriété de 1 des Pins sera étudiée plus tard: des dépôts de charbon seront vendus où Jonés aux Etats-Unis, en des endroits qi seront choisis plus tard
Cela démontr. les sacrifices de son nouveau pouvoir souverain que Cuba à dû faire à a doctrine de Monroe. Nous devons contribuer non seul t à la défense de notre littoral. mais à la défense de tout l’empire. > aurions nous défendre qu'avec le concours de la métropole.
Les exigences de ’heure actuelle,
Je revien: question que je posais tantôt que révèle le mémoire de l'amirauté. Souffrez : des armements qui se poursuivent en Europe.
au sujet de l'état de choses 1e répète, Par suite Angleterre a été obligée
d'augmenter le nombre de Vaisseaux sur lesq défense en diminuant ses forces havales dun: mers éloigné Voilà la situa.lon, et quei est le remède, landera te uoUvVeau; À mon humble avis, voici le rene, Dans jus le Cluigtites où lus pays loint. ns = en Australie, au Carada ou ailleurs — part ù l’on a enlevé un vaisseau iglais pour permettre de concentrer la lans 10 eaux une Ce Vaisseau devrait être astruit, entretenu,
: cul pe P )ur sa propre
leipDiuce pu i 1 i gt et pourvu d'ur équipage par Ja L :
Si les jeunes nations de l'empire en r des vaisseaux et de Les pourvoir d’un équipage pour & mers éloïgnées, la concentraton sera facile dans les eaux euros +, ét l'amirau ziaise couait les :ônes qu’elle doit défendre.
C’est là la politique de l'Australie qui devrait être la politique du Ca uada, J’insiste encore une fois sur ce que déclare le mémoire: les circons tances ne sont pas critiques ; il n°4 de danger. Si les circonstances 6 danger — non, je ne dirai pas cel ou deux grandes puissances d’'Eurc
ieut in
in danger ininédiat, aucun ace ent critiques, si l'Angleterre était en ; mais si elle était aux prises avec une pe — mon très honorable ami pourrait venir nou; demander, non pas 000,000, mais deux, trois ou quatre fois cette somme, Nous mettrions toutes les ressources du Canada à la disposition de l'Angleterre et il n'ÿ aurait pas une seule voix discordante.
Les deux partis approuvaient la création d'un service naval Canadien.
Cependant, nous ne sommes pas en présence d’une telle situation. L'état de choses qui règne aujourd’hui es simplement cel ‘ que je décrivais tantôt. Le mémoire que l'honorable premier minis "S 4 Soumis l’autre jour ne nous révèle aucun fait que nous ignorions Nous en connaissons tous les faits et tous les chiffres. Je le répète, nous avons discuté, il y a quatre ans, tous les frais et tous les chiffres de ce mémoire, Nous les avons discutés au mois de mars 1909, et d’un commun accord, nous en sommes venus à la conclusion que le meilleur moyen de venir en aide à lAngleterre, de faire notre devoir, c'était de créer une flotte canadienne, et non pas d'offrir une somme d'argent.
Monsieur l'Orateur, j'ai un souvenir vivace de ces évènements et ceux qui faisaient partie de la Chambr tte époque-là ne sauraient avoir oubliés. Ce problème a provoqué ! : portants débats dont Parlement canadien ait été témoin pendant les trente et quelques années de ma carrière. Je me souvi du discours du représentant de Toronto-nord (M Foster), un beau discours. l’un ‘est là un éloge bien mérité. Je me rappelle aussi Je « honorable ami, aujourd’hui premier ministre, et si jamais ler telle politique a été motivé, il l’ par mon très honorable ami dan: cotte circonstance. Vo le langage dont il s’est servi:
Je suis entièrement d'accord avec mon très honorable ami. le premier ministre, quant à l'apercu qu'il nous à donné du programme de la défense navale du Canada. D'abord, je suis fermement convaincu que ce qu'il con vient de faire à cet égard, c'est de créer des forces navales canadiennes J'ai une ranfianre ahsolne dans cette mesure, L'autre moyen a 6 mis À l'essaie par l'Australie et ia métropole, mais les résultats n'ont pas êté se
lun des plus
tisfaisants à tous les égards. En Grande-Bretagne, on a peut-être trouvé que l’action commune était plus satisfaisante. Celle-ci en dernière analyse, n'a pas été du goût de la population australienne, parce que la Grande- Bretagne a cru devoir demander à l’Australie d'étendre le champ des opérations de l'escade jusquà la mer de Chine et l'océan Indien. En agrandissant ainsi le champ des opérations les Australiens comprendraient que la somme qu'ils versaient depuis quelques années ne servirait pas vraiment à procurer à l’Australie toute la production qu’ils croyaient devoir exiger. Aussi, à l'heure qu’il est l’Australie a pour politique de se procurer des sous-marins et des torpilleurs qui, en cas de guerre, prêteraient leur con- Cours aux cuirassés de croisière et aux cuirassés d’escadre de la marine anglaise.
Notez bien ces paroles:
Aussi, à l'heure qu'il est, l'Australie a pour politique de se procurer des sous-marins et des torpilieurs. …
J'ai entendu les appeler de: vaisseaux de pacotille, +... qui, en cas de guerre, prêteraient leur concours aux cuirassés de croisière et aux cuirassés d'escadre de la marine anglaise.
Au cours de la discussion, quelqu'un fit observer que la population australienne, en se procurant une pareille flotte se procurerait une flotte qu'il serait très difficile, même impossible, à l'Angleterre d'envoyer au delà des mers, et qu'en se protégeant elle-même, l'Australie fournissait les meilleurs moyeïs de défendre l'empire.
Le représentant de Toronto-nord ne ter ait pas un langage moins énergique. Il disait:
La première et la plus grande objection que j'aie à une contribution fixe est qu’elle ressemble au louage des services d'une autre personne pour faire une chose que nous devrions faire nous-mêmes. Cela ressemble trop à un homme, à un père de famille. en pleine vigueur et santé, qui loue les services de son voisin, à tant pa* mois, pour veiller au bien-être et à la protection de son foyer, au lieu de remplir ce devoir lui-même.
Voilà, à mon avis, À quoi se résume l’objection maîtresse qui se dresse contre l’aide accordée sous cette forme. Mais ce n’est pas tout. Disons que, cette année, vous accordiez votre concours financier et que l'année prochaine et chaque année subséquente, vous renouveliez cette aide; au bout de dix, vingt et trente ans, vous aurez ainsi versé une somme énorme. Sans doute devant cette période de temps, le pays aura bénéficié de la protection de la flotte; mais, au Canada même, vous n'aurez rien créé de durable; vous n'aurez ni préparé le sol, ni jeté en terre de semence se manifestant par le développement de nos moyens de défense. Et cependans, un jour ou l’autre, destinés que nous sommes à devenir une nation avec une population sans cesse croissante, il nous fandra nécessairement des forces navales pour la défense de nos côtes et de l'intérieur.
Ce qui a motivé l'adoption d’une politique hybride.
I y a quatre ans, mon très honorable ami disait: Il faut agir et
nous agirons, Aujourd ne dit plus cela; IS nous, de ce côté-ci de la Chambre nous continuons à dir T1 faut agir et nous agirons. Or, je demande, monsieur l'Orateur, Pourquoi mon très honorable ami et son pre-
mier lieutenant, les chefs de l'opposition d'alors, qui ont aujourd’hui la responsabilité du pouvoir, ne mettent pas en pratique la politique qu’ils proposaient avec tant de force, au lieu d’une politique en vertu de laquelle, ainsi que le dit mon très honorable ami, le sol ne sera pas préparé, et qui ne sera ni la semence ni la végétation de l'arbre de la défense? Ii n'est pas nécessaire, monsieur l'Orateur, de chercher bien longtemps pour en trouver la raison. Elle est bien connue; il y en à une et elle est unique: c'est que la question de défense impériale a êté jetée en päture aux partis politiques. Elle est le résultat de ance, de cette alliance malsaine contractée par les honorables membres de la droi ;
Quel est le sens de cette contribation qu'on nous dénande aujourd'hui de voter? Elle représente une somme considé able; c'est un gros chiffre. Sous d’autres rapports est-elle aussi considérable qu'elle devrait l'être? Je le demande à tous les membres de cette Chaml :; je m'adresse à ceux qui siègent aujourd’hui sur les banquettes ministérielles, monsieur 1 Orateur, et je leur dis: Vous proposez de donner u leux où trois dreadnoughts, dont le coût sera payé par iais qui devront être appareiliés, entretenus, et manœuvrés par terre. Est-ce que j'ai dit manœuvrés par l'Angleterre ?
mon très honorable ami, je dois donner quelques 1 qu'il nous a dit qu’il avait obtenu des auto des officiers canadiens pourraient servir à b si tories et si loya 1x, est-ce là tout le sacrifice l Vous voulez bien fournir des amiraux, des om ficiers de t
Je dois expliquer ces mots, En justice pour ots d’explic
tion; parce : privilège que Oh! vous
à faire?
‘aines, les
ons d'or, mai
les
na
it grade, des panaches, des pl ngleterre le soin de Ï Vous dites que ces navires po ve qu'ils auront de eanadiens, Vous faites cenaires ; en d'autre vous êtes pr Est-ce là, monsieur l'Orateur, la vé
Quelques VOIX: Non, non,
Sir WILFRID LAURIER.
politique hybride, c'est un croiser A moins « je ne me trompe sur le n'ait cha d'idéal, et s'il n’a pa que soit la province qu'il habite, pas de cette politique hybride, mais qu'il insistera pour que la contribution du Canada * l'Angleterre soit une contribution en argent et en hommes à la fois ainsi que le stipulait notre résolution de 1909.
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La bonne politique exige un Service Naval Canadien.
Monsieur l'Orateur, ce n’est pas
le moment. Jamais elle n° trésor déborde. C'e dont el ments (le ses sujets dans ] vrai, que © ccntribution géné créera une impression profonde che J'espère que cet. prédiction se réa
t qui manque à l'Angleterre dans e qu'elle l’est aujourd’hui: son le cœur, l'énergie et le dévoue-
été plus ri
e a bescin
e monde er On a dit. j'espère que ce sera