CHAPITRE VII
Conclusion.
Certaines gens pourront peut-être dire que c’est faire œuvre antipatriotique que de pousser nos compatriotes à coloniser cette possession britannique lorsque nous avons personnellement un empire colonial assez vaste!
Certes, nous chercherons toujours à contribuer dans la faible mesure de nos moyens à l'extension de nos possessions, mais le Canada, que l'indépendance attend d'ici peu, doit compter à bien des titres dans notre politique extérieure,
I faut — et ce sera là la seule réponse que nous ferons à nos adversaires — il faut, disons-nous, que nous Sachions nous implanter dans cet immense pays et nouer avec Jui des relations non pas seulement d'amitié, mais bien d'intérêt commun, qui seront pour nous la meilleure garantie, lorsqu'il sera devenu une grande nation, de son puissant auxiliaire.
On compte aux Etats-Unis douze millions d’Allemands. À quoi attribuer, si ce n'est pas à ce fait même, l'accroissement prodigieux des produits allemands aux Etats-Unis, et l'influence de la race germanique de l’autre côté de l'Atlantique ?
Il faut détruire le plus promptement possible ces vieux préjugés qui nous font considérer Pémigration comme un appauvrissement du sol natal au profit des nations étrangères vers lesquelles elle se dirige. |
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L'émigration profite aussi bien à la mère-patrie qu'aux pays colonisés, car elle est le plus puissant propagateur des idées d’un peuple et le plus sûr descommis-voyageurs pour ses produits !
Qui done à répandu la langue anglaise dans les cinq parties du monde, si ce ne sont les émigrants ?..
Si quelques-uns ont pu réussir, sans autre ressource que leur énergie et leur persévérance, avec quelle confiance ne doivent-ils pas espérer le succès, - ceux qui, à leur arrivée, peuvent disposer d'un certain capital, si modique qu'il soit! Aussi leur disons-nous : Allez au Canada l'appliquer avec discernement, le féconder de votre travail, et vous en retirerez le quadruple du revenu qu'il vous rapporte en Europe, dont la société est agréable et brillante sans doute, mais surchargée de besoins et d'impôts.
En France, la propriété foncière est hors de prix ; elle est concentrée en un petit nombre de mains : les masses se disputent un travail qui suffit à peine à leur procurer le strict nécessaire. Là-bas, c'est l'inverse qui a lieu: la propriété est à bon marché ; chacun en a sa part, grande ou petite, et il la fait valoir lui-même :
de là résulte une meilleure perspective pour l'homme courageux qui aspire à améliorer son sort,
Tel est dans son ensemble ce magnifique pays du Canada, et plus particulièrement ces vastes contrées du Manitoba, où nous engageons ceux de nos compapatriotes que des faisons spéciales ne retiennent pas au s0l natal à aller sans crainte chercher les ressources et les richesses que les terres déjà usées de l’Europe ne peuvent leur procurer.