CHAPITRE IV
L’Agriculture.
C'est principalement au point de vue des questions agricoles que le Canada doit attirer notre attention.
Le sol produit, avec un rendement si ce n'est supérieur, tout au moins équivalent à celui des pays agricoles les plus en réputation, toutes les céréales et tous les légumes des climats tempérés.
[Il y à également des vergers de 10 à 20 hectares qui abondent en poires, en prunes et en pommes de toutes sortes, Ces dernières passent, avec juste raison, pour les meilleures de l'Amérique et commandant les plus hauts prix sur tous les marchés du Nouveau-Monde,
L'élevage se fait également dans des conditions merveilleuses, malgré la nécessité où l'on se trouve de nourrir les animaux à l’étable pendant quelques mois. Les chevaux canadiens, notamment, doués d'une vigueur exceptionnelle, sont très recherchés sur les marchés américains, Les races bovines, ovines, porcines et autres acquièrent au Canada un tel développement que souvent de grands éleveurs anglais viennent y chercher les produits améliorés d'animaux dont ils ont, quelques années auparavant, fourni la souche, Les pâturages de certaines régions peuvent avantageusement être comparés avec les plus plantureux pacages de la Suisse,
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Déjà plusieurs personnes, telles que MM, Allan et Cochrane, ont essayé de faire de l'élevage. L'année dernière ces deux éleveurs ont réalisé un bénéfice de 33 0/0.
La dernière statistique que nous ayons sous les yeux, bien qu’elle soit assez éloignée déjà, mentionne que l'exportation des chevaux, des bêtes à cornes et des moutons a produit, en 1881, un assez fort montant, “ ainsi que l'indique le tableau ci-dessous ;
Nombre, Valeur.
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Chevaux. 21.993 10.470.185 francs.
Bêtes à cornes.,... 62.277 17,324,355 Moutons 354.155 6.850.635 —
Pendant cette même année, le Canada a exporté
17,649,491 livres de beurre et 49,255,523 livres de fromages,
Ces deux seuls produits (beurre et fromages) ont rapporté, en 1885, une somme de 52,888,063 francs. Cependant, si des colons français y apportaient le secret de leur industrie, il est bien certain que la laiterie canadienne donnerait une bien plus grande variété d’excellent fromage.
Si l’on veut avoir une idée des propriétés que les grands cultivateurs peuvent s’y tailler, nous mentionnerons la ferme Bell, qui est située dans la région qu'arrose la rivière Qu'’appelle. Elle comprend 23,470 hectares, dont 15,000 étaient en culture l’année dernière. La moyenne de rendement du blé a été de 12,727 hectolitres, sans compter les autres productions, ainsi
et
que les excellents et immenses pâturages de cette magnifique ferme, "
M. Bell lui-même a: déclaré que, toutes dépenses comptées, son blé lui revient à 3 fr, 25 l'hectolitre, Le transport d'un hectolitre de blé de Winnipeg au Havre, grâce au chemin de fer du Pacifique canadien, n’'excédera pas 3 fr.; ajoutez 50 centimes pour le transport du fond du Nord-Ouest à W innipeg, et vous aurez un coût total de 3 fr. 50; ce qui,au prix où se vend le blé sur le marché européen, laisse un profit net de 2 francs par hectolitre au marchand, et de 9 francs au cultivateur, Au bout de l’année, les 12,727 hectolitres de M. Bell lui avaient donné, clair, le joli revenu de 114,543 francs. k
M. Bell disait dernièrement, dans un voyage qu'il a fait à Londres, à un reporter du Pall Mall Gazette qui l'avait interviewé : « Cette année, nous ne vous enverrons guère, du Nord-Ouest, que 4,000,000 de minots; mais vous ne devez pas oublier que, à peine deux ans passés, il n'y avait pas une seule habitation dans un rayon de 200 à 300 milles (300 à 400 kilomètres) autour de nous. Dans cinq ans d'ici, nous vous
enverrons facilement 20,000,000 de minots (7,300,000
hectolitres), Le commerce du blé du monde entier doit inévitablement tomber dans nos mains, Vous ne me croyez peut-être pas, mais rappelez-vous que Sir John Mac-Donald (le premier ministre du Canada) disait derniérement qu'un Anglais en savait aussi long sur le Canada qu'une morue sur les sections coniques, »
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