HABITE LE SUD DE LA FRANCE ET LE NORD DEL'ESPAGNE
et qui parle une langue spéciale. Les Basques ne sont probablement pas autres que les anciens vascones ; leur nom s'applique aux habitants d'un petit pays de la Gascogne française, qui comprend le Labourd et la Soûle, et dont les principales villes sont Bayonne, Saint-Jeande-Luz, et à ceux des provinces basques espagnoles, c'est-à-dire Alava, Gruipuzcoa et Biscaye ^=^.
Dans le vieil ouvrage de Postlethwayt que je consulte souvent et que j'aime beaucoup, je trouve les lignes suivantes :
" On dit que les habitants de la Biscaye, province basque, en faisant la pêche à la baleine, ont, les premiers, découvert les Grands et les Petits Bancs de morue, un siècle avant l'expédition de Christophe Colomb, aussi bien que le Canada et la nouvelle terre de Bacalao ou morue (Terreneuve) ; c'est ce qu'un biscayen, habitant de Terreneuve, a rapporté le premier à Colomb, d'après plusieurs cosmographes. "
* Convince a man against his will He^s or the same opinion still.
C'est-à-dire no hny peor sordo que el que no quiere oir (il n'y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre).
** Ceci est extrait du Dictionnaire de géographie ancienne et moderne de Gampano«
Que ces Basques soient espagnols ou français, c'est là pour moi une question secondaire. Tythagore disait : " Il ne faut faire la guerre qu'à cinq choses : aux maladies du corps, à la pauvreté de l'esprit, aux passions du cœur, aux séditions des pays et à la discorde des familles. Voilà les cinq choses, " ajoutait-il, " qu'il faut combattre de toutes se^ forces, même par le fer et le feu. " Par conséquent, disons que les Basques, espagnols ou français, mais toujours les Basques, sont les auteurs connus des premières découvertes faites au Canada, ce pays auquel nous portons tant d'intérêt.
Eeste à trouver au Canada, en Espagne ou en France, des documents qui corroborent complètement les faits déjà acquis à l'histoire. Au Canada, comme on pourra le voir dans la note ci-dessous ^, on commence à s'intéresser profondément à toutes ces questions historiques.
* Questions d'histoire du Canada. — 1. Les propriétaires du Canadian Speclalor avertissent leurs lecteurs et le public en général, que dans leur premier numéro du mois de mars, ils commenceront à poser sur l'histoire du Canada une série de questions, dont le nomlire sera de cent au plus, et qui se continueront à peu prèspenda;it dix semaines ; 2. Des prix seront accordés aux deux personnes qui auront répondu d'une manière satisfaisante au plus grand nombre de questions, le premier prix étant de $30 et le second de $[b,— (Canadian Speclalor^ Montréal, 12 avril 1879.)
Parmi les documents publiés par la Société Littéraire et Historique de Québec, j'extrais du document V, publié le 14 février 1872, ce qui suit sur les archives du Canada. Le Dr. W. J. Anderson, auteur du document, et alors président de la Société, «lisait : < Depuis quelque temps on a manifesté beaucoup d'intérêt pour la question des archives. Gomme la part que la Société Littéraire et Historique de Québec a prise à la collection des archives n'est pas généralement connue, j'en parlerai, autant que les annales de la Société, qui ont pu être conservées, me le permettent. Le Dr. Miles, du bureau de l'éducation, a lu une fois devant la Société, un écrit sur les archives. Dès que ce document fut publié, j'en adressai un exemplaire à l'hon. Joseph Howe, en le priant de nommer pour le Canada une commission du môme genre que celle qu'il avait créée dans la Nouvelle- Ecosse. Comme il s'agit d'un document qui contient l'énoncé des opinions d'un homme expert dans cette matière, j'en ferai l'extrait suivant : = i La • Confédération n'existe que depuis quatre ans. Ses annales sont si peu con- I sidérables, que leur conservation ne peut donner que bien peu d'ouvrage à
Avec cela, je termine ma préface en insérant les écrits de mes amis, M. Faucher de Saint-Maurice, M. Marmette et M. LeYasseur, trois des écrivains canadiens les
• une commission. Les pièces offici6ll69>et justificatives des anciennes prôvinn ces de Québec et Ontario sont, je n'en doute pas, dans un assez mauvais t état. Mais on en fait la remise à chaque province, et dorénavant elles seront
• sous la garde des gouvernements provinciaux. Nous avons envoyé derniè-
• rement à Québec, dix ou douze boîtes contenant plusieurs tonneaux t de vieux documents. Vous ne pourriez faire mieux que dé vous adresser I à M. Ghauveau, pour savoir ce que Ton se propose d*en faire. > = J'aurais cependant suivi la suggestion ; mais je dus ne rien faire, attendu qu'à cette date, 17 décembre 1870, M. Ghauveau venait d'être Frappé dans ses affections les plus chères. Le Dr* Miles, de son côté, ne crut pas devoir se borner à la simple lecture de son document. Il fit rédiger une pétition adressée au Parlement, pour faire comprendre les avantages d'une commission des archives, se rendit à Ottawa, et entra en rapport avec Sir Alexander Galt, qui se mit avec ardeur à la besogne et soumit la question dans un discours très-éloqpient à la Chambre des communes. Le comité de la Bibliothèque fit un rapport favorable. Comme il s'agissait d'une question d'argent, le comité suggéra de référer le projet à un membre du gouvernement, M. Dunkin. Malheureusement, M. Dunkin qui s'occupait alors du recensement, ne put donner à la question toute l'attention qu'elle méritait. = Pour montrer l'importance que les historienS|étrangers attachent aux archives canadiennes, je mentionnerai qu'en janvier 1870, je reçus une lettre de M Parkmap, qui, quoiqu'étranger, a réellement le droit d'ôtre regardé comme l'un des premiers historiens du Canada. J'en donne un extrait : = « Aujourd'hui, se trouvent dans nos collec-
• tiens les quatre volumes qui restent des manuscrits coUigés par M, î Papineau. Le premier de ces quatre volumes contient la Relation « de ce qui s'est passé au Canada au sujet de la guerre tant des Anglais i que des IroquoiSf depuis Vannée 1682. Ce document paraît être trèsî important. Y a-t-il lieu d'espérer qu'il sera bientôt publié ? Sinon, t me permettra-t-on de le faire copier ? Ces qpiatre volumes forment partie € de la collection PapineaUt en tout neuf ou dix volumes, qui, à part t les quatre, ont été détruits dans l'incendie de 1849. N'y a-t-il pas des I registres du contenu des cinq ou six volumes qui ont été détruits? Si t oui, les documents perdus peuvent être recopiés en France, si les bom-
• bes prussiennes ont du respect pour les archives. Veuillez avoir la i bonté de m'informer si l'on connaît l'existence de ces registres quelque € part ? I = Ne pouvant pas me procurer ces registres à Québec, à la suggestion d'une personne à laquelle je m'étais adressée, j'en écrivis à M. Papineau lui-même^ et je reçus la gracieuse réponse que voici : = c Mont- I réal, 21 février 1871. M. W. J. And^rson: — Cher monsieur, j'ai eu I le plaisir de recevoir hier votre lettre datée le 18 du courant, avec
plus distingués^ tont eijt protestant contre les éloges que ce dernier a bien voulu me décerner.
Je suis certain^ parfaitement certain» que les Basques^
< Vénroi d*ua exemt^laire dés TrànsacHohs de U Sàeiélé Littéraire et HiS' t toriqt^ de Québec de rannôe dernière ; je vous en remercie trè&^sineère-
< ment ? Je regrette beaucoup qu'il ne soit pas en mon pouvoir de vous aider t à retrouver les manuscrits que votre Société a perdus eii 1849. L*original
< ou' plutôt lés ]^remières copias vernies de Paris oiit été reçus à ht bibliothè^
< que du Parlement. Ces documents avaient^ih été ooi^és à votre gardé, ou c n'était-ce que des copies ? ......... Je suis ici durant les mois d'hiver sans ma
f bibliothèque qui reste à ma résidence d'été à Montebello, où je retourne I d'oMinaire à l'ouverture db la navigation, à la flû' d'avril Très-probable-
< ment les titres et dates de ces différents ouvrages se trouvent imprimés f dans le catalogue général de la bibliothèque du Parlement, ainsi que les « noms de ceux qui les ont copiés. Ces volumes sont sur les rayons de ma I bibliothèque comme de la vôtre, mais ne peuvent être seHatim âbsorbés-
< par ma pauvre vieille mémoire. Si, une fois de retour à ma résidence, il f est en mon pouvoir de détacher de mes notes quelques renseignements qui I puissent vous aider de quelque façon à vous faire trouver les moyens c d'arriver aux archives coloniales françaises, je n'y manquerai pas, vu
< que je regarderai comme un devoir et qu'il me fera plaisir de vous donner c ces informations. = Je suis très respectueusement. = J. Papineau. •= Gomme je n'ai pas reçu d'autre lettre de^ ce grand homme, j'ai conclu qu'il n'a pas réussi à trouver ce qu'il nous fallait. La collection Papineau faisait partie du dépôt qui nous fut confié par Lord Âylmer et dont six volumes sur les dix furent détruits dans l'incendie de 1849. = M. Parkman, dont j'ai mentionné le nom tout à l'heure, a eu l'occasion de visiter Québec l'été dernier. M. LeMoine, alors président de notre Société, et moi, nous eûmes des entrevues avec M. Parkman. En retournant aux Etats-Unis, M. Parkman a eu la bonté d'adresser de Portiand à M. LtfMoine, une lettre à propos de laquelle, le 11 d'octobre dernier, la Société Littéraire et Historique a adopté la résolution suivante: =
• Que la Société Littéraire et Historique de Québec a remarqué avec c beaucoup de satisfaction la démarche faite par le Parlement du Canada
< sur les instances de Sir A. T. Galt, commandeur de TOrdre du Bain, sur
• une pétition présentée par la Société et demandant que dôs mesures soient f prises pour la conservation des archives historiques et publiques du Canada, c par la création d'un bureau d'archives ; et que cette Société espère
< ardemment que l'intérêt profond manifesté depuis quelque temps pour la c cause de l'histoire canadienne par l'éminent historien Francis Parkman, c tel que l'indique la lettre éloquente qu'il a adressée au président de cette c institution, aura pour effet d'imprimer une impulsion au mouvement, c Que copie de cette résolution soit transmise à l'hon. Cbr. Ounkin, à qui le c comité de la Chambre des communes a renvoyé toute la question. •
espagnols ou français, sont les premiers Européens connus de l'époque moderne, qui aient fait des décou» vertes au Canada. Si, un jour, quelque preuve évidente du contraire surgissait, franchement, tout en m'inclinant honnêtement devant elle, je le regretterais beaucoup, et j'aurais perdu une de mes illusions les plus chères. Il y a peu de gens qui n'aient entendu parler de Thysalius qui s'imaginait être le msdtre de tous les vaisseaux ([m abordaient au Pirée, et qui^ ayant été guéri de cette maladie, en témoigna beaucoup de cha. grin, en jurant, rapporte Blismon, " qu'il n'avait jamais été Bi heureux que pendant qu'il avait vécu dans cette agréable erreur. "
El Conbe de Pkemio-Ebaj;^
Canada^ avril 18Î9.
QUI A BECOIIVEET TEEKENEÏÏVE
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LE LABEADOB ?
f I TT WirHi
Le golfe âdnt-Laurelit était-îl ftéqtienfé âtant Id prise de possession de Jacques-Cartier ?
Oui, cela est incontestable. Cartier écrivant, pendant qu'il est sur la côte du Labrador, à son iJremier royage en 1684, rapporte ceci t " Nous advisâmes xine grande nave qui estait de la Bochelle, laquelle aVait la nuit précédente passé outre le porf de Brest, " aujourd'hui Old Forl^ " où ils pensaient aller pour pescher. "
Les gens dé la Rochelle connaissaient donc depuis un temps immémorial les côtes du Labrador, ainsi que celles de Terreneuye, où les attiraient les avantages dé la pêche à la morue ; mais ils n'étaient pas les seuls à exploiter ces parages de brumes^ de richesses et de mystères.
Les Basqttes avaient aussi un pied à Terreneuve, ^t une série de pièces intitulées Jugements (tOléron. P. 151-162 contient ce curieux commentaire :
^* Les grands profits, et la facilité que les habitants ** de Capbreton près Bayonne et les Basques de Gui- ** enne ont trouvé à la pescherie des balènes, ont servi " de leurre et d'amorce à les rendre hasardeux à ce " point, que d'en faire la queste sur l'Océan, par les ^' longitudes et les latitudes du monde. A cet effet ils " ont cy-devant êquippé des navires pour chercher le " repaire ordinaire de ces monstres. De sorte que sui- " vaut le grand et le petit havre des morues, les terres "de Terre-neufve, de Capbreton et.de Bacaleos ^ (gai
^' est à dire morue en leur langage) où c'est que les
*' mers sont abondantes et foisonnent en balènes. "
Puis, continuant leurs commentaires, les Jugements (TOléron ajoutent ^que ** CWvteeYfe Wjf^tfliet et Anthoine ** Magin^ cosmographes flamands, ensemble jF» Antonio ^' jS. Roman^ Monge de San Benito, " Historia gênerai de la India^ lib. 1* cap. 2. page 8, — avouent " que le
pilote, lequel porta la première nouvelle à Christophe
Cplomb, et lui doni^^ la 4)pi^nai^ance Q,t , rad];esse de ^' ce monde nouveaiU, FUT Uff ;pp sos^i^Qt^SB T^B<îii;»
Lescarb^t, le gai çomp^non de .Sai^i^^l ;de ;Gham* Pjlain, parlftiit à sqii iour d^ r,étyiii^lpgie.d<Ui|i9mjbasque doi^né jadis, à l'ile 4e '^err^neu.v^, 4crit :
'* Qua^t au nom dé Bqc^Iqs, il /est de l'imposition de
^^ nos Basquefs lesquels iappelleùt nnp morme bacaillosy
" et à leur imitation) nos peuples de 'la Nouv^le»
* France ont appri3 à nommer» aussi laimotueiiizcat/fo^,
^Vquqiqu!en leur la^gf^ rie ni«mr propre de morue soit
* L'orthographe véritable dm mot est ôodatoo; j- ai ctutleVoir conserver à ce mot Tépellation que lui donnent les a&ciens auteurs que Je oito»
** apegé. Et ont dès si longtemps la fréquentation des '' dits Basques QUE le langage des pbemièkes tebbbs