EST À MOITIÉ DE BABQUE
D'après de semblables traditions, et placés ^n face de pareilles affirmations, il est difficile de conclure à la découverte du Labrc^dor et de Terreneure par les Portugais et les Anglais. Cette gloire revient aux Basquos.
Voilà, paraît-il, comment ils y seraient arrivés.
Eikprenant une carte de PAilantique du Nord, et en étudiant la marche des courants maritimes, le comte de Premio-Beal, consul général d'Espagne au Canada, croit avoir Tésolu ce problème, solution qui, si la preuve est vraie, ferait tout autant l'honneur des Banques français que des Basques espagnols*. Un courant polaire, assure-t-il, vient se heurter sut l'Islande, et là, se divisant, frappe, d'une pfirt, la côte du Labrador aux environs de Belle Jsle, pendant que, de l'autre côté, il se dirige vers la baie de Biscaye. Il se forme alors un mouvement elliptique, je l'appellerai le courant basque^^canadten, me disait le comte, qui va et vient du fond du golfe du Lion à l'entrée du détroit de Belle4sle, et qui varie de vitesse et de direction suivant l'époque de l'année. Un courant atmosphérique s'assimile à ce courant maritime ; et presque toujours, lorsqu'il se produit une tempête sur la partie des côtes d^Espagne baignée par la baie de Biscaye, le contre-coup se fait sentir à l'entrée /du goMe Saint-Laurent. Ceci étant posé, le comte de Premio-Œleal conclut en disant qu'un navire basque, entraîné par la double action du courant maritime, et du courant atmosphérique, aura suivi l'ellipse : que pourchassé par la tourmente, il serait venu s'abriter près d'une côte in« connue ; que son équipage, autant pour s'amuser que pour se ravitailler, y aurait pris de la morue, et que ce
* Vide page 6.— El C. de P-R.
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jotirJà, TerrenetiTe aurait reçu de ces pionniers du hasard le nom de Bacalao.
L'existence du courant basque-canadien, une fois prouvé au monde savant, l'hypothèse du comte de Premio-£eal devient irréfutable. Dès lors» les Portugais et les Anglais seront forcés d'abandonner aux courageux pêcheurs de la Biscaye leurs prétentions à la décou* verte de Terreneuve et du Labrador. Quant à nous, Ganadiens^françaiS) soyons sans crainte : la gloire de Jacques-Cartier ne saurait s'amoindrir au contact de celle qui reviendra alors à ces humbles matelots, et la *' descouverture " du Canada reste toujours assurée à l'intrépide capitaine malouin»
La question soulevée par la tiiéorie du courant basque-canadien, telle que posée par le comte de Premio* Keal, vaut la peine d'être mise à l'étude par ceux à qui la fortune et les loisirs permettent de s'occuper et de mener à bonne fin d'aussi grands travaux historiques. Quant à moi, qui ne suis pas appelé à me prononcer sur un aussi grave sujets je me contente de répéter ce que Parkman disait dans ses Pionniers du Nouveau- Monde :
'' Si dans la langue primitive des Basques le mot bacaleos veut dire morue, et que Cabota le découvreur anglais, l'ait trouvé en usage parmi les habitants de Terreneuve, il est difficile d'éluder la conclusion que les Basques y ont été avant lui. "
Fauohbr de Saint Maurice.