TRAVAUX DU COMITÉ
Le Comité avait envoyé un de ses membres à New- York, .pour s'enquérir des conditions les plus avantageuses dans lesquelles pourrait se faire la traversée des zouaves canadiens. Plusieurs offres furent faites ; le Comité se décida à accepter celle de la Compagnie Générale Transatlantique, qui parut présenter, avec une économie égale, les plus grandes garanties de comforl, de sûreté et de protection. Les agents de cette ligne s'engagèrent à réduire, pour un nombre d'hommes qui ne devait pas être moindre de 50, ni plus de 150, les prix de leur seconde classe, qui .sont orduiairement de $88, à $40, et même de conduire les Canadiens pour cette somme jusqu'à Paris. Le baron Gauldrée-Boilleau, de New-York, contribua beaucoup sans doute à obtenir des conditions aussi favorables ; du reste, cet honorable monsieur s'est montré d'une bienveillance extrême chaque fois que le Comité eut besoin de recourir à son expérience ou à son autorité. C'est pour nous un devoir bien doux que de lui offrir ici l'expression sincère de notre reconnaissance.
M. l'abbé Rousselot, curé de Notre-Dame de Montréal, avait généreusement offert de donner lui-môme un drapeau au premier détachement des zouaves pontificaux du Canada, laissant, du reste, avec une abnégation parfaite, au Comité," le droit de régler tous les détails de ce idrapeau. Le Comité chargea M. Napoléon Bourassa de
préparer un dessin approprié. Cet artiste donna celui que l'on a pu admirer sur le drapeau béni par Mgr. de Montréal le 18 février dernier, et qui se trouve reproduit en tête de cette brochure.
L'idée de ce dessin est empruntée à un jeune zouave qui, blessé à mort dans un des derniers combats contre les garibaldiens, trempa son doigt d?ns le sang qui coulait à gros bouillons de sa blessure, et écrivit sur un mur ces paroles si catholiques, et dont sa mort était une frappante réalisation : « Aime Dieu et va ton chemin. » M. Bourassa a été heureusement inspiré en s'emparant de cette pensée, qui exprime si bien le dévouement dont sont remplis ceux à qui ce drapeau a été donné. Cette devise est écrite en lettres rouges sur le fond de l'écu qui est au champ d'azur, traversé d'un chevron d'argent sur lequel on voit deux feuilles d'érable, et au milieu un castor, emblèmes canadiens. Supportée par l'écu est une croix d'argent entourée de feuilles de lauriers ; c'est la croix dans la gloire. Der rière l'écu se croisent deux haches d'armes, dont les bouts dépassent de chaque côté. Tel est l'écusson des zouaves pontificaux du Canada, qui est placé sur une soie blanche très-forte, entourée d'une frange en or. De l'autre côté, se trouvent les armes du Souverain Pontife, la tiare et les clefs, le tout brodé en or et d'une grande richesse. Ce drapeau est de la grandeur des drapeaux militaires ordinaires, de trois pieds neuf pouces par trois pieds. Il a été brodé par les Dames de THôpital-Général de Montréal, et particulièrement par la Révérende Sœur Mayler ; il n'est que juste de rendre ici hommage au talent artistique déployé par ces excellentes reUgieuses.