CONTINUATION DE L'ORGANISATION
A la séance du 1 février, il fut décidé de donner à nos zouaves pontificaux, un costume provisoire pour le voyage. Il y a, dans un habillement uniforme, quelque chose qui inspire aux hommes l'idée de la discipline et leur imprime l'esprit de corps. Le costume qui a été donné consiste en une tunique ample de drap gris, se boutonnant au pantalon un peu large et de même couleur; des parements bleu foncé, au collet et aux manches, tranchaient bien sur la couleur de l'uniforme. Des guêtres blanches et un petit turban en feutre, de même nuance, complétaient le costume et donnaient un air tout à fait dégagé aux hommes. Une couverte bleu roulée, attachée au dos par descourroies de cuir jaune, qui servaient en même temps de bretelles pour soutenir les pantalons ; un sac à provision en toile blanche, complétaient l'uniforme, qui a coûté au Comité, en tout, $8 par homme. Le drap qui a servi à confectionner les tuniques et les pantalons est un drap léger, quoique fort, de facture canadienne.
Il est juste d'ajouter que ces habillements n'ont pu être fournis à aussi bas prix, que parce que le Comité n'a pas eu à en payer la couture. Le fournisseur dont la soumission avait été acceptée, M. Patton, ne faisait que tailler les uniformes et donner les fournitures nécessaires pour les compléter; les différentes communautés de femmes
de Montréal, à la demande de l'évêque, avaient bien voulu se charger de les coudre. Dès le 8 décembre, Sa Grandeur, qui prévoyait que ces religieuses seraient heureuses de contribuer de cette manière à l'œuvre des zouaves pontificaux, leur avait adressé les belles paroles suivantes.
Après avoir parlé de tous les sacrifices que suscite dans le monde la cause pontificale. Sa Grandeur ajoutait:
« Il va sans dire que vous voudrez ajouter votre obole à toutes les oblations du monde entier, et faire couler vos petits ruisseaux de charité dans ce vaste océan de contributions volontaires, qui alimentent le trésor pontifical. Si vos ressources pécuniaires ne vous permettent pas d'offrir tout ce que vos cœurs voudraient déposer aux pieds de votre vénérable Père, peut-être que vos mains et celles de vos élèves, orphelins et infirmes, y pourront suppléer, en travaillant à faire quelques habits aux zouaves canadiens, qui se préparent à partir, pour aller représenter leur pays' dans l'armée pontificale. Vous serez sans doute heureuses plus tard d'avoir ainsi contribué à équiper ces généreux soldats du Pape, si l'on avait à vous apprendre un jour qu'ils ont honoré et respecté, par la pureté de leurs mœurs, des habits et des linges qui leur auraient été préparés par des mains vierges, par leurs sœurs en Jésus Christ, par des concitoyennes qui, en religion, sont des héroïnes, comme ils pourront être des héros dans l'armée du Sei gneur. Vous seriez de môme heureuses d'apprendre que, sous ces habits, ils ont vaillamment combattu pour le triomphe de la Foi, pour l'honneur de la Rehgion, pour la gloire du St Siège; et qu'ils les ont môme teints et arrosés de leurs sueurs et de leur sang. Dans ce cas, vous aimeriez à imiter une glorieuse vierge, Ste. Praxède, qui est représentée dans son église à Rome, tordant de ses mains pures et innocentes les habits des martyrs qu elle avait encouragés à la mort, pour en faire couler le sang dans un puits, qui se voit encore. »
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