‹ Le Canada et les Zouaves PontificauxChapitre 31 sur 68 · BUT QUE POURSUIT LE LIBÉRALISME · texte numérisé non relu

BUT QUE POURSUIT LE LIBÉRALISME

Sans nul doute, pour les libéraux d'aujourd'hui, comme pour les révolutionnaires, le but est le même; il n'y a de différence que dans les moyens d'y arriver, et ce but est toujours de chasser Dieu de la terre, afin de régner en sa place sur 4'humanité ! On pourra voir dans la suite de ce discours leurs divers moyens d'action.

Mais, dira-t-on, comment le libéralisme moderne avpc ses doctrines anodines, son parlementarisme et sa politique, prétend-il détrôner Dieu ?

CE QUE c'est que LE LIBÉRALISME.

Pour arriver à une réponse qui ne laisse aucun doute, remontons un peu plus haut, à quelques considérations générales qui apporteront peut-être un peu de lumière dans la présente question.

Le Seigneur, en appelant à l'existence tous les êtres qui composent l'univers, leur a assigné un but à chacun; il les a soumis à des lois. Ces lois, expressions de sa sagesse, de sa bonté et de sa puissance, soutiennent et dirigent les créatures, elles les font arriver à leur destinée providentielle. Qui n'a observé les admirables effets de ces lois dans la nature, dans la structure et la vie de l'insecte, comme dans le mouvement régulier des astres à travers l'espace. C'est à la grandeur, à la sagesse profonde, à la perfection de ces lois posées par l'Auteur de toutes choses, que nous devons le bel ordre qui existe dans toute la création pour sa conservation et pour le service de l'homme. Ces lois purement physiques cl physiologiques ont toujours suffi aux myriades 'i'êtres qui n'ont pas reçu le do.i d'une âme intelligente et libre. Mais en créant l'homme à l'i-nage de la divinité, Dieu lui donnait l'intelligence et le libre arbitre ; il lui a.ssignait, comme aux autres êtres déjà crt'es, une fin, et lui donnait dos lois qui étaient en harmonie avec sa destinée providentielle et la dignité de son àmc immortelle. Pour le chri'tien éclairé des saintes lumières de la foi, il n'y a ici nulle difliculté. L'homme n'est pas fait pour le terre ; il ne fait qu'y passer , sa

vraie patrie, c'est le ciel ; la société ici-bas n'est établie de Dieu que pour aider l'homme à parvenir à sa haute destinée. Or toutes les lois que le Seigneur a imposées à l'homme ou à la société, soit écrites, soit traditionnelles, soit naturelles, soit surnaturelles, ont été faites pour arriver là. Telle est la vérité pure et simple sur cette question, vérité aussi éclatante que le jour.

Mais l'homme et les sociétés, par une conséquence absolue du libre arbitre, ne suivent pas nécessairement comme les autres créatures les lois que Dieu a imposées. Ils peuvent pécher, piévariquer ; de fait, ils pèchent et prévariquenl ; Omnis homo memlax ; et, de la sorte, ils amènent le trouble, la perturbation au milieu d'eux, en se détournant de leur fin. Mais Dieu, dont la sagesse est impénétrable et la bonté infinie, n'a pas voulu laisser le genre humain, le plus beau de ses ouvrages, exposé à manquer son but, et à arriver, par ses transgressions et ses excès, à unô ruine complète. Il a établi, pour remédier à ce danger, une puissance régulatrice et protectrice, une société spirituelle, mais visible, devant renfermer dans son sein tous les hommes et possédant, de droit et de fait, une constiluiion divine et un pouvoir souverain. Ce pouvoir, doux et fort comme celui de la divinité qu'il représente, a le droit et la mission de commander indistinctement aux sujets et aux princes, aux individus et aux peuples ; de les gouverner tous avec une pleine et entière liberté, pour tenir par son action bienfaisante, autant qu'il est possible, sans la destruction du libre arbitre, le genre humain dans sa voie véritable, lui faire traverser sûrement les périls du temps et le rendre au port de la céleste pairie. Cette grande société spirituelle, inutile de le dire, c'est l'Eglise de Jésus-Christ, l'Eglise catholique. Le pouvoir dont nous parlons, c'est celui qui réside dans la personne du Souverain Pontife. La voix sublime du Vicaire de Jésus-Christ portera jusqu'aux extrémités du monde, aux grands comme aux petits, aux sociétés comme aux individus, la lumière et la vie. Aussi, c'est ce que proclamait solennellement N. S. P. Pie IX, dans son Encyclique du 8 décembre 1864. Il disait: Salutaris illa vu quam calhoiica Eccîesia, ex divini sut aucloris inslilutione et mandalo, libère exercere débet usque ad consiimmationernseculinonminus erga singulos homines, quam erga naliones, jwnulos summosque eorum principes. « Cette autorité forte et salutaire, l'Eglise, doit, sur l'ordre et d'après l'institution de son divin Auteur, l'exercer librement jusqu'à la fin des siècles, non-seulement à l'égard des individus, mais encore à l'égard des nations et des peuples et de leurs souverains. »

Or, cette autorité salutaire de l'Eglis^', qui lie toute la société chrétienne et la soutient dans sa marche, déplaît à l'homme orgueilleux, choque le prince superbe, irrite le grand ennemi du genre humain. Satan s'agite ot se venge ; il pousse les individus, les princes et les sociétés à briser les liens, à rejeter le joug de cette autorité sainte. Voilà pourquoi nous entendons de toutes parts, et depuis si longtemps, ce cri étourdissant : Dirumpamus vincula eorinn, ci projiciamus a nobis jugum ipsorum (Ps. 2.), tel que prédit par le prophète. Brisons les liens que nous imposent les prêtres, les évèques, le Pontife romain ; débarrassons-nous toul-à-fait de leur joug ; revendiquons nos libertés, nos droits inaliénables, les libertés de l'homme, les libertés de l'Etat. Ainsi, c'est là une lactique merveilleusement calculée ; ce n'est pas à Dieu directement, on feint de le respecter, qu'on veut en ce moment faire la guerre, c'est à l'autorité de l'Eglise, à son droit de gouverner le monde, à l'autorité de l'Eglise qui dit à l'homme : Dieu est ta fin

suprôme ; et à la société : Ta fin est d'aider l'homme pour arriver plus sûrement à Dieu. Ainsi, et veuillez le bien remarquer, s'alTranchir de l'autorité salutaire par laquelle l'Eglise dirige même dans l'ordre temporel l'homme et la société vers leurs fins, telle est l'essence même du libéralisme, telle est la nature du combat d'aujourd'hui. C'est aussi de la sorte que notre St. Pontife Pie IX a caractérisé,dans l'Encyclique dont nous venons de parler, la tendance des erreurs de notre temps : Qux fahx ac perversx opiniones eo inagis deleslandx sunt quod eo potissimum spcclanl ut impedialiir et amoveatur salularis illa vis quam

cathotica ecclesia exercere débet, etc. cCes opinions fausses et

perverses, dit-il, sont d'autant plus détestables qu'elles tendent à empêcher et à écarter l'action de cette puissance salutaire que l'Eglise catholique doit librement e.xercer sur les peuples et sur les princes, comme sur les individus, jusqu'à la lin du monde, i Or, si ce n'est plus l'Eglise, mes frères, qui conduit dorénavant le monde, qui le conduira ? Les passions humaines, au profit de l'enfer, comme au temps du paganisme ; alors, que devient le règne de Dieu parmi les hommes '?

Arrêtons-nous ici à considérer comment procède l'esprit du mal, dans cette lutte hypocrite, commenc il subordonne le spirituel au temporel, l'éternité au présent, pour régner lui-même en dominateur.

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C03OrE>-T LE LIBÉRALISME ATTAQUE L' AUTORITÉ DE L'EGLISE.

Nous verrons qu'il s'efforce, premièrement, d'empêcher l'autorité de l'Eglise d'être reconnue dans l'ordre temporel, c'est le travail qui se fait depuis plusieurs années; deuxièmement, de la faire disparaître au milieu des nations, moyen radical qui est l'objet de toutes les violentes attaques de l'heurtf actuelle. Les paroles énergiques de notre Saint Pontife: ut impcdiatur et amoveatur salutaris illa vis, afin d'entraver et d'écarter cette salutaire puissance, etc., nous peignent avec une admirable perfection les péripéties du combat.

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