BR.\VES JEUNES GENS
Voici l'étendard sous lequel vous allez vous rendre à Rome, pour offrir vos services à Notre Saint-Père le Pape. Il vient d'être béni par l'Eglise qui a, dans ses livres lithurgiqags, une belle et touchante prière pour consacrer les drapeaux sous lesquels ses enfants marchent au combat, avec l'espérance de remporter la victoire, par la puissance du Dieu des armées. Il a été béni dans l'église de son Auguste Mère, la glorieuse Vierge Mario, dont le nom est saint et terrible dans les combats. Il a été béni dans cette immense assemblée et au milieu de
ZOUAVES PUNTIFICAUX. US
toutes les plus splendides démonstrations de foi et de religion. Il a été béni à la demande du peuple canadien, représenté par le Comité des Zouaves, afin que vous ayez un signe éclatant pour vous rallier et vous reconnaître, en tous "lieux, sur terre et sur mer. Il a été béni pour que, par la grâce attachée à ce glorieux étendard, vous soyez toujours et partout dignes de porter le nom canadien auquel sont attachés la foi et la bravoure de nos pères.
Voulez-vous, braves enfants de la religion et de la patrie, prendre l'engagement d'honneur de ne jamais rien faire, pendant la noble excursion q^ue vous allez commencer, qui puisse imprimer quelques taches à celte divine religion et à celle aimable patrie, dont vous êtes chargés do faire rornemcnt et la gloire aux yeux des nations étrangères !
A cet appel, tous les Zouaves, ensemble et en levant la main droite vers le drapeau, répondirent à haute voix: Nous le jurons !
Cette scène solennelle et inattendue produisit sur l'assemblée l'effet d'une commotion électrique ; un courant et comme un frisson d'enthousiasme parcourut les rangs serrés de l'immense auditoire, en môme temps qu'on entendait dans diverses parties de l'église des sanglots étouffés : c'étaient les mères, les sœurs des Zouaves qui payaient ce tribut à la nature, et laissaient percer les sentiments de tristesse, mêlée de fierté, dont leurs cœurs surabondaient. Heureuses et glorieuses mères, leur généreux sacrifice sera récompensé même dans ce monde ; leurs fils feront l'honneur de leurs cheveux blancs et la consolation de leur douleur !
Aussitôt après le serment des Zouaves, Monseigneur de Montréal prit le drapeau des mains de M. le Curé, et le remit au capitaine Joseph Taillefer, du diocèse de Montréal, commandant des Zouaves pour la circonstance. Celuici le donna à M. Georges E. Hughes, du diocèse des Trois- Rivières, qui le porta pendant le reste de la soirée, escorté du capitaine Charles de Cazes, du diocèse de St. Hyacinthe, et de M. Pierre Chouinard, du diocèse de Québec. Ces quatre militaires, remarquait un journal de Montréal, sont des cadets, qui ont déjà porté les armes sur les frontières, contre les fenians ; ils porteront bien, soyons-en certains, leur noble drapeau contre les fenians d'Italie.
Après ces scènes émouvantes, on continua l'exécution au programme, dont voici les derniers détails :