O. BERTHELET
Président.
J. Royaz,
S. Rivarp, Secrétaires.
En conséquence, le 15 février, les Zouaves commencèrent à arriver de toutes les parties du pays ; chaque train des chemins de fer en amenait à la ville un grand nombre. En arrivant, ils allaient se présenter au bureau dun Comité, de avait été transporté, pour la réception des Zouaves,
ans les salles de l’Institut-Canadien-Français. Quatrevingt-huit se présentèrent, le 15 février, au Comité. Les uniformes leur furent distribués dans la soirée, et le lendemain, dimanche, ils assistèrent en corps à la grand’messe dans l’église du Gesü, où ils firent, par leur bonne tenue et leur piété, l'édification de toute l'assistance. Deux d’entre eux, M. le capitaine Taillefer et M. Edmond Fréchette, firent la pee pendant la messe.
Le même dimanche, 16 février, on lut dans toutes les Fe do la ville de Montréal et de la banlieue, l'annonce suivante :
Mardi prochain, à sept heures et demie du soir, il se fera à l’église de Notre-Dame un office tout spécial et très-solennel auquel vous êtes invité d'assister. ù
Il y aura un discours donné par un des évêques assistants, bénédiction d'un drapeau pour les Zouaves Canadiens et bénédiction solennelle du St. Sacrement, le tout entremêlé ou accompagné de chant ou de musique.
Il s'agit, dans cette religieuse cérémonie, de témoigner de notre profonde vénératuon, de notre vive sympatlue et de notre piété filiale envers l’auguste personne de N.S. P. le Pape, que uous savons être navré de douleurs, au milieu des commotions qui agitent la malheureuse Italie, et apporter ainsi quelque consolation à son cœur afiligé.
Comme de bons enfants, nous voulons montrer à ce bon Père que notre piété filiale ne se borne pas à des démonstrations en paroles, mais qu’elle en vient aux actions qui son: toujours la meilleure preuve de dévouement. Car l'objet de cette grande réunion est de faire des prières publiques et solennelles, pour attirer les bénédictions du ciel sur environ 150 jeunes gens qui partiront le lendemain (mercredi) pour aller s'enrôler à Rome comme soldats du Pape. C'est un secours dont il a un puissant besoin, et nous sommes heureux de pouvoir le lui procurer.
Au secours de la prière et des hommes, nous joindrons celui de l'argent, qui est un troisième moyen, pour nous, de montrer notre attachement à notre immortel Pontife et à la noble cause qu'il soutient avec une vigueur toute apostolique. .
Pour atteindre plus facilement ce but, le Comité des Zouaves Canadiens, qui a bien voulu se charger de préparer cette grande expédition, et qui s’en est acquitté avec un zèle digne de tout eloge, doit inviter des personnes respectables à se tenir en dedans de l’église, auprès des portes, avant et pendant l'Office, afin de pouvoir recueillir plus facilement les offrandes de tous ceux et celles qui entreront ; car la foule ne leur permettrait pas d’aller, selon l’usage, de banc en banc; et pour empêcher l'encombrement, chacun est prié de tenir à la main son offrande, en entrant dans l’église, pour la donner de suite sans qu'il
esoit nécessaire de s'arrêter.
Le produit de cette quête, aussi bien que le montant des souscriptions, doit être appliqué à l’œuvre des Zouaves, c’est-à-dire doit servir à aider le Souverain Pontife à augmenter son armée, pour mettre les Etats Pontificaux à l'abri des incursions des ennemis de la Religion, qui veulent s’en emparer à main armée. A la vue de cette nombreuse troupe de jeunes gens qui vont offrir à N.S. P. le Pape leurs services comme simples soldats, pour travailler, soufirir et peut-être mourir, en combattant sous son étendard, il n’est personne parmi nous qui puisse contenir ses profondes émotions. Aussi, chacun de nous se dira-t-il intérieurement : Pourrais-je ménager mon argent pendant que lant de mes fréres, de mes amis el de mes conciloyens sont décidés à ne ménager ni leurs forces, ni leur santé, ni leur vie mème pour la défense de notre Père commun? Aussi, a-t-on droit d'espérer que cette quête sera très-abondante, malgre la misère des temps; et que chacun donpre. librement, plus qu’il n’eût donné s’il lui eût fallu payer pour être aamis.
Comine cette démonstration n’est point un spectacle profane, mais une cérémonie toute religieuse, on se fera un devoir de conscience de s’y comporter, comme on doit toujours le faire dans la maison du Seigneur, et d’y observer l'ordre, la age et un religieux silence, avant comme pendant tout l'Office, dans la ju qu'il s'agit tout le temps ds prier avec ferveur pour le succès d’un voyage qui doit nous inté-
ZOUAVES PUNTIFICAUX. 49
resser au plus haut degré, et pour la conservation et le bonheur de tant de jeunes gens qui nous doivent être si chers.
Il y aura dans différentes parties de l’église des personnes respectables chargées de maintenir l’ordre, avec l'autorité nécessaire pour placer aussi convenablement que possible ceux qui n'auraient point de bancs dans l’église. Ceux qui en auront ne manqueront pas, sans doute, d'inviter les étrangers à venir s'asseoir avec eux, s'ils peuvent le faire commodément.
En vous faisant ces recommandations, nous ne faisons que prévenir vos désirs et rencontrer vos vues. Car il n’est personne qui ne désire sincèrement que cette démonstration religieuse soit vraiment splendide, et tout-à-fait digne du Souverain Pontife. qui nous représente Notre- Seigneur Jésus-Christ ; digne de la foi catholique, qui domine en cette ville, et enfin digne du beau et noble dévouement de nos jeunes guerriers, qui s'en vont nous représenter dans la capitale du monde chrétien.
Le lendemain, mercredi, à 2 heures de l'après-midi, c'est-à-dire une heure et demie avant leur départ, qui aura lieu à trois heures et demie, les Zouaves Canadiens se rendront à J’Eglise Cathédrale, pour faireavec les évêques, les prêtres et les fidèles qui s'y trouveront réunis, les prières de l’Eglise, pour obtenir la grâce de faire un bon et heureux voyage, y entendre les dernières recommandations qu'aura à leur faire Mgr. l'Evéque de Montréal et se consacrer tous ensemble au Très- Saint et Immaculé Cœur de Marie, secours des chrétiens dans le voyage de la vie, A trois heures, tous quitteront la Cathédrale au son de toutes les cloches de la ville, pour se rendre à la gare du chemin de fer. C’est là que se feront les derniers adieux.
Pendant cette journée, 16 février, le Comité s’occupa de procurer des logements aux Zouaves. Plusieurs institutions et plusieurs familles avaient offert d'en recevoir quelques-uns, et le Comité accepta avec bonheur leur bienveillante invitation. On a retrouvé dans cette occasion la généreuse hospitalité des familles canadiennes. Il nous est impossible de donner ici une liste exacte des maisons qui voulurent bien recevoir des Zouaves ; mais voici quelques noms qui se présentent à notre mémoire :
Dr. Schmidt, F. X. A. Trudel, Sévère Rivard, A. J. Boucher, Amable Prévost, R. Bellemare, J. Royal, Mme. veuve Montmarquet, Mme. Saucier (Hôtel du Canada), H. Hogan (St. Lawrence Hall), J. Beliveau (à prix réduit}, Hiram Du clos (Montreal House), etc.
Nous avons dit que les compagnies de chemins de fer avaient bien voulu consentir à réduire leurs prix de passage en faveur des Zouaves; en vertu d’arrangements spéciaux faits avec la pe du Grand Tronc, tout
uave, se rendant à Montréal le 15, avait droit, en présentant sa feuille d'acceptation, à un billet à moitié prix.
La même faveur avait aussi été accordée aux personnes allant à Montréal, soit pe accompagner des Zouaves, soit pour assister à la grande démonstration du 18.
A mesure que les Zouaves venaient s'inscrire au bureau, ils étaient dirigés chez M. Archambault, artiste photogra: phe, qui prenait leurs portraits en costume. Ces portraits, pris d’abord un par un, ont été ensuite réunis sur un carton et copiés pour en faire un seul groupe, contenant tous les Zouaves. Malheureusement, quelques-uns d’entre eux, arrivés trop tard, n’ont pas pu poser devant l'artiste ; aussi le groupe, tel que mis en vente, le 5 mars, ne contient, avec l’aumônier, que 109 portraits.
Nous avons déjà dit que tous les jeunes gens, désireux d'entrer dans les zouaves pontificaux, avaient dû fournir au Comité un certificat de médecin, constatant que le porteur jouissait d’une bonne santé, était fort et n’était affecté d'aucune maladie de nature à le rendre impropre au service militaire. Cette formalité fut toujours exactement remplie par les candidats. Cependant le Comité, par surcroît de prudence, crut ne pas devoir se contenter de ces certificats, et, en conséquence, une commission médicale fut organisée, composée du Dr. Pierre Beaubien, du Dr. Pierre À. C. Munro et du Dr. E. H. Trudel.
Les Zouaves, en arrivant à Montréal, furent attentivement examinés par ces trois médecins, et ceux qui en furent trouvés dignes reçurent le certificat suivant:
Montréal, février 1868.
Les soussignés, médecins pratiquant de la cité de Montréal (Canada), certifient qu'ils ont examiné aujourd’hui M
Sa hauteur est de
Développement de la poitrine
Ce monsieur jouit d’une bonne santé. 11 n’est affecté d'aucune infir-
mité et il est propre au service militaire. : : PIERRE BEAUBIEN, Professeur de Pathologie interne et de Clinique médicale à la
Faculté de Médecine de l’Université Victoria, à Montréal, Médecin de l’Hôtel-Dieu.
P. A. C. Muwro,
Professeur de Pathologie interne et de Clinique chirurgicale à la Faculté de Médecine de l’Université Victoria, à Montréal, Médecin de l'Hôtel-Dieu.
E. H. Taupe,
Professeur d’Obstétrie à la Foculté de Médecine de l'Université Victoria, et Président de la même Fssulté, à Montréal, Médecin de l’Hôtel-Dieu.