CINQUIÈME LUTTE.-—LE PHILOSOPHISME VOLTAIRIEN
Les hardis réformateurs du XVIILe siècles n’ont pas osé tirer toutes les conséquences du Le qu'ils avaient posé, le libre examen. Ils se contentèrent d'en faire l'application dans l'ordre purement religieux, comme nous l’avons vu. Ils avaient besoin du secours des rois et des
rinces vour faire la guerre à l'Eglise; ils se trouvaient par là dans nécessité de remettre à un autre temps l'application de leur grand principe à l'ordre intellectuel et à l’ordre social, Mais Satan n'en
proposé l'Eglise sous le beau prétexte de la réforraer, “« la rendre plus pure, il se décida à jeter le masque. Le principe de la libre
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l'âme, la libre pensée sera à la gêne, le libre examen ne détruisant dans l'âme le sentiment intime et somme instinetif que la ralssn divies doit en tout l'emporter sur la raison humaine, Tant cette subordivation de l'homme à Dieu subsister dans le libre examens sera une contradicuon, sera ua mensonge pour cetle intullisimple de l'idée du les consciences, il Et, comme un l'ancren cahos du
Je crois la résurrection de la chair et la vie éter. elle,
La foi à la résurrection de la chair est l'affirmation la plus énergique de l'existence des corps. et rerverse le spiritualisme absolu ; comme le dogme de la vie éternelle est l'affirmation la plus forte du monde des mg et renverse également le matérialisme.
Inutile de dire que la négation de ces deux dogmes était la négation implicite de-tous les articles de la foi chrétienne.
mme on le voit, la tâche éta;’ gigantesque ; ce n'était rien moins pour Satan qu'’entreprendre de nouveau d’anéantir le christianisme, en rejetant la fin ou le terme de ses espérances, fallût-il pour cela le noyer dans son sang. Les champions de la libre pensée crurent qu’il était plus habile d’essayer d’abord de l’étouffer dans la boue ; désormais, cependant. aux ricanements et aux sarcasmes viendront s’ajouter les grincements du couperet, de la guillotine et le tonnerre du canon. oilà donc une fois de plus l’enfer à l’œuvre et la lutte qui s'engage. C'était surtout à la France catholique qu'il en voulait, elle qui avait refusé de s’enrôler sous l’étendard de Calvin. D'ailleurs, l’entrainer dans son parti pour cette guerre suprême, c'était pour lui un double ain; puisque, du même coup, il tait à l'Eglise le bras armé que la vidence lui avait donné pour la défendre au dehors ; et s’assurait
en même temps les services du plus vaillant suidat de la terre.
Peut-être aussi avait-il remarqué cette fille ainée de l'Eglise, si sainte et si savante d'ailleurs, avait péché contre le Très-Haut, en
insti Déjà dans le de la réforme s'étaient rencontrés hardis gr nt pensée, qui avaient poussé Cr sg cotes
jusqu'à la négation de la revélation et de la divinité dus Christ, D'autres, comme l'e dit un pr ge ve ordonna À ru
nouvel édifice social et scientifique qu'ils projetaient. On les vit bientôt à l’œuvre avec une habileté et une constance digne d’une sainte cause. Pendant plus d’un demi-siècle, ils battirent en brèche toutes les vérités sur lesquelles pe l’ordre social tout entier. Une légion de sophistes de second ordre leur prêtait main-forte dans l’accomplissemet de cette œuvre infernale. Et, ehcse étonnente! la Frence, la catholique France laissa ces audacieux démohsseurs travaille” tranquillement à à cette œuvre de destruction, sans avoir l'air même de se douter du cataclysme qui l’ensevekirait plus tard sous les ruines de toutes ses institutions, en commençant jar le trône et l’autel.
C’est à notre avis une des grandes fautes, ” ne pas dire un grand crime, de la part du gouvernement civil et du gouvernement ecclésiastique de la France, à cette époque, d’avoir laissé si longtemps ces apôtres du mensonge et de l'erreur renverser dans les âmes toutes les croyances, dans les cœurs tous les respects, ct couvrir de boue toutes les gloires les plus pures de la religion et de la patrie, sans les réprimer par les moyens que les lois divines et humaines mettaient à leur dispositions. C’est qu’alors dans la chambre des rois très-chrétiens, sur le lit où avait repos St. Louis, dormait Sardanapale, suivant l'énergique expression du Père Lacordaire. C’est qu'’alors, en vertu des saintes libertés Gallicanes, les soins vigilants du Père commun des fidèles ne pouvaient plus atteindre ses enfants, pour éloigner de leurs lèvres la coupe empoisonnée des mauvaises doctrines. L'autorité selutaire du tribunal de l’Index n’était pas reconnu en Fran:e. Notre conviction intime est que la violation de cette grande loi morale et sociale, qui prescrit d'arrêter les empoisonneurs, a été une des causes qui ont le plus contribué au cataclysme de 89 et 93.
Mais revenons à nos démolisseurs.
Le mot d'ordre, tout le monde le sait, était: Ecrasons l'infâme et à la s tion ! Dans leur langag», d'autres diraient, dans
eur jergon ique, c'était le Christ et sa religion qui étaient
par , un peut le voir, ce qui caractérise surtout cette ine gene Mag g dog e conire tout ce qui se raltache au christ , ét son ration exagérée des producticns
De la région des idées, la révolution ne pouvait tarder à descendre dans celle des faits. Les mugissements d’une tempête formidable commencèrent bientôt à se faire entendre. Et Dieu, qui voulait encore donner une.grande leçon au monde, lui prouver une seconde fois, l'impuissance radicale de la ser ralionaliste, à conduire et sauver l'humanité, permit à l’esprit du mal de prévaloir pendant quelque temps. La Providence voulait châtier d'abord et instruire ensuite la nation qui avait fait l'énorme faute de laisser peudant si longtemps ses enfants s’abreuver à la coupe empoisonnée d’une philosophie athée. L'heure du châtiment était sonnée. L’'ouragan se déchaine avec une fureur inouïe et rien sur toute l'étendue du sol français ne résiste à son souffle puissant. Le trône de St. Louis, quatorze fois séculaire, croule avec un fracas épouvantable, les temples sont envahis, les autels profanés et détruits; en quelques années, tout a disparu dans le gouffre béant de la révolution.
Alors commencent les douceurs du règne de la philosophie rationaliste. Elle règne en maitresse sur la France. Siégeant en permanence sur la gilets, elle D à me par des massacres réguliers et en masse, à passer philosophiquement le bienheureux niveau sur tous les rangs de la société, Mais ce qui délecte merveilleusement la fraternité philosophique, c’est le sang des prêtres et des nobles, c'est le sang royal surtout. La bienfaisance philartropique, qui doit désormais remplacer la charité, s'imaginait enterrer délinitivement la royauté avec l'infortuné Louis XVI. Epoque à jamais mémorable où mûânes remvolaçment les dmes, et le contrat social, l'Evangile. La France put gouter alors à satiété toutes les délices d'un gouvernement de philosophes athées,
Mais que dis-je ? l'athéisme, l'athéisme sincère est i ble, même aux philosophes qui le désirent dans toute la force de la perversité de leur cœur; et, c'est cette leçon là même le Seigneur voulait donner
au humain,dans les faits et actes de ces fiers de la divinité, Ils ignoraient dans la pe ad me ge porn amet que la bre loi de la nature humaine, loi qu'ils n'effaceront jamais de
adoration, Aussi ne avalent-ils renverse
langage 1. bb ts todos ke
“vers le Dieu créateur et conservateur de toutes choses. La semaine qui rappelait la création dut ainsi faire place à la décade ; c'était là un ‘hommage dû à la :cience des chiffres. Que n’aurions-nous pas à dire de toutes les folles et criminelles transformations qui s’opérèrent ?
Etait-il possible, nous le demandons à tout homme sincère, était-il possible de réaliser plus littéralement cette célèbre mais désolante prophétie de Daniel, que nous venons de citer ?
C'en était donc fait de la noble et catholique France, si Dieu eût permis à ces hommes de pêché, de la fouler plus longtemps à leurs pieds. Mais Dieu dans sa miséricorde suscita un homme auquel il donna la puissance de l'épée et le génie de l’organisation. Napoléon Bonaparte parut. D'une mainil balaya d’abord cette tourbe révolutionnaire ou voltairienne, et de l’autre il s'empressa de relever le trône et l'autel. Reconnaissant solennement en face de ce cataclysme sans précédent l'impossibilité de tout PO qui n'a point la religion pour première pierre d’assise, il se hâta de rendre à ce peuple ses temples et ses prêtres. Puis s'adressant au saint Pape qui gouvernait alors l'Eglise, il en obtint la reconstruction hiérarchique de l'Eglise de France, qui sortit plus pure ct plus radieuse de ses ruines, où elle avait laissé la tâche jansénistes et gallicane,
C'est ainsi que l'Eg'ise triom enfin dans cette lutte, la plus affreuse qu'elle ait soutenue depuis la sanglante persécution des Néron et des Dioclétien.