ENTRAVES OPPOSÉES À L'ÉGLISE PAR LE LIBÉRALISME
Un des premiers effets du libéralisme dans les lieux où il commande, de porter l'Etat à s'emparer de l’enseignement, à ravir au père
et à l'Eglise le droit sacré et inaliénable d’instruire et d'élever l'enfant. Il y a pour cela la grande machine appelée le ministère de l'instruction publique. Par cette puissante organisation, l'Etat, qui s'inspire des idées libérales, pourra apprendre à tous à vivre, à remplir leurs rôles de citoyen sans égard à la religion ; et le libéralisme mettra la main sur les générations naissantes ou futures, il saisira les hommes à leur entrée dans la vie. On sait combien de lois touchant l'éducation ont été passées dans divers pays sous l'inspiration de l’esprit libéral depuis un certain nombre d'années. Qu'il a fallu d'efforts et de persévérance à l'Eglise pour conserver ça et là quelques lambeaux de ses droits d’instruire les générations! Bien loin de rétrograder dans cette voie, l'esprit libéral avance sans cesse. Ne le voit-on pas, dans un pays qui nous est cher, essayer d’accaparer, au grand détriment de la morale, de la famille et de la société, l'éducation de la femme et de transformer celle-ci en apôtre de l'Etat ?
Si le libéralisme est si soucieux des générations futures, il ne néglige: pas pour cela les générations présentes. Il ne sait s'appliquer, au contraire,à paralyser l’action salutaire de l'Eglise, comme nous l'avons vu, que pour la remplacer dans sa fonction de modératrice des nations. Et c'est lui qui prétend désormais présider aux destinées des peuples et donner à la terre une ère nouvelle. Que fait-il donc, quand il peut. parler et agir avec autorité dans une société ? Il commence par appliquer toutes les libertés que nous avons déjà énumérées, qui sont autant de portes ouvertes au déchainement de toutes les passions ou mauvaises inclinations de la nature. Lorsqu'il a déchainé les passions. qui devraient être reprimées, il ne manque pas de lier l'Eglise en mille manières par des lois et des décrets injustes. Il abaisse cette fille du ciel au niveau, au-dessous même de toute autre société. Il lui enlève les prérogatives, les priviléges, les droits attachés à sa grande mission, et que les siècles lui avaient accordés. Il la gène, il la contrecarre, il veut à tout prix l'empêcher de gouverner ses enfants ; il l’enferme dans un cercle tracé de sa main, en attendant un jour plus favorable pour s’en défaire. Heureuse encore, si l’on ne verse pas son sang et si on lui laisse la liberté de se plaindre! Puis il poursuit son œuvre, par l'inauguration d'un droit purement humain, d’une justice nouvelle, d'une charité absolument terrestre, qui doivent être la civilisation moderne, l'Evangile de tout citoyen. N'est-ce pas là, à la vérité, ce qui se passe dans les jours mêmes que nous traversons, où la législation des peuples et les édits des souverains libéraux sont la violation continuelle des saints canons et des droits imperscriptibles de la sainte Eglise de Dieu, et l'affirmation solennelle d’une société sans espérance. Législateurs aveugles, vous voulez,en entravant ou détruisant l'Eglise, corriger l’œuvre du Saint-Esprit ! et vous n’apercevez pas la grandeur de la folie et l’iniquité que vous commettez. h u’à quand serez-vous sans comprendre que nul ne peut imposer des lois aussi sages à des êtres que celui qui les a formés lui-même!