LETTRE PASTORALE DE MGR, DE MONTRÉAL
Peu de temps après l'annonce faite par Mgr. de Montréal au sujet de M. La Rocque, une circonstance plus solennelle vint donner à l’évêque l’occasion de parler à tout son diocèse et de lui faire un appel en faveur d’un projet qui s'affirmait de plus en plus. Cette circonstance fut l'Encyclique de Sa Sainteté du 17 octobre 1867.
Dans la lettre pastorale que publia Sa Grandeur pour faire connaître cette Encyclique, Mgr. de Montréal trouva une occasion favorable, de répondre aux aspirations du public, et de parler des moyens propres à régulariser et à assurer la réussite du mouvement commencé.
Dans cette lettre, en date du 8 décembre 1867, le véné. rable évêque, après avoir cité et commenté les principaux passages de l’Encyclique, rapporte ces paroles du Souverain Pontife dans la même Encyclique :
« Nous ne pouvons Nous empêcher, Vénérables Frères, « de dénoncer à vous d’abord et à tous les fidèles confiés « à vos soins, la situation extrêmement triste et les dangers « graves où Nous nous trouvons zujourd’hui par le fait du « gouvernement Piémontais particulièrement. En effet, « a os nous soyons défendu par la bravoure et le « dévouement de notre très-fidèle armée, qui, par ses « exploits, à fait preuve d’un courage que Nous pouvons « appeler héroïque, il est évident néanmoins qu’elle ne « résistera 2 longtemps au nombre beaucoup plus cons:- « dérable de ses très-iniques agresseurs. Et, bien que « Nous ressentions une grande consolation par suite de la « piété filiale que Nous témoigne le reste de Nos sujets, « réduits à un petit nombre par de criminels usurpateurs, « toutefois, Nous sommes réduits à gémir profondément « de ce qu’eux-mêmes ressentent nécessairement les très- « | dangers dont viennent les assiéger ces bataillons « farouches d'hommes criminels, qui les épouvantent con-
«tinuellement, par toutes sort:s de menaces, les dépouil- « lent et les tourmentent de toutes manières. »
L'évêque commenta ae la manière suivante l'appel indi-
rect que fait le Souverain Pontife par ces touchantes paroles :
” « Comme vous le voyez, N. T. C. F., Notre Saint Père le Pape compte, pour sa défense, sur le dévouement de ses troupes ; et avec raison, puisqu'elles ont fait des prodiges de valeur et remporté d’éclatantes victoires. Aussi, ont-elles mérité les magnifiques éloges qu'il en fait dans lepassage de la Lettre que nous venons de rapporter. Quelle: gloire donc, pe ces héros chrétiens, d’avoir pour panégyriste Pie IX, et d’être loués dans un document religieux qui doit faire le tour du monde et être publié du levant. au couchant, et demeurer dans les Annales de l’Eglisejusqu’à la fin des siècles!
« [1 ne faut donc pas s'étonner si le Pontife-Roiï porte ainsi des regards de si grande complaisance sur la petite armée, qui vient de se couvrir de gloire dans les combatsdu Seigneur. Car il y avait réunis des divers pays de la chrétienté, des nobles et des riches, des enfants de famille: et des hommes haut placés dans la société, qui ont mis au service de la cause sacrée qu’il soutient avec tant de magnanimité, leurs biens et leurs personnes, leurs forceset leur jeunesse, et qui, pour preuve de leur généreux dévouement, renoncent aux douceurs de la famille, aux jouissances de la patrie et aux caresses de leurs tendres: mères ; qui sacrifient de bon cœur les espérances les plus flatteuses de leur avenir, pour se faire simples soldats du Pape, pour mener la vie dure des camps, s’exposer à tous. Le dangers de la guerre et affronter la mort dans les com-
ats.
« Nouveaux Machabées, ils s’écrient avec un vif enthou-siasme : « Allons à l'ennemi et s’il le faut, mourons pour le Pape et pour la cause du peuple chrétien. Surgamus et eamus ad adversarios nostros...…. et si appropinquavit tem-pus nostrum, moriamur in virtute propter fratres nostros, et: non inferamus crimen gloriæ nostræ...… erigamus dejectionen populi nostri et pugnemus pro populo nostro, et sanctis nostris.. 1 Mach. c. 3 et 9.
« Vous avez aussi remarqué sans doute, N. T. C. F., que le Saint-Père, à la vue du petit nombre de ses soldats,. émet la crainte bien me ve de son cœur paternel, que son ne ne succombe enfin sous le poids énorme du grand: nombre.