LA PRESSE FRANÇAISE SUR LES ZOUAVES
Comme à New-York, on a fort remarqué en France le passage des Zouaves € , t la presse française a
Leur drapeau, leur nmiforme, leur tenue militaire, leurs
manœuvres commandées en anglais, chose qu’on n’avait pas entendu en France, sans doute, depuis l'invasion des alliés, tout a contribué à attirer l’attention publique sur nos cent trente-cinq compatriotes. Voici ce qu’en ont dit quelques :ournaux.
Le Monde du 7 mars a publié ce qui suit:
Nous avons vu passer les jeunes Caradiens qui se rendent à Rome pour la défense de l'Eglise catholique et du Souverain - Pontife : d'autres, et en aussi grand nombre, sont en route pour les suivre. Qui n’admirerait ce pieux élan? C’est l’ancienne France qui se retrouve avec son esprit de foi et ses hautes vertus. Le Canada reste fidèle à des mœurs que nous désertons chaque jour ; il n’a pas été comme la mèrepatrie, ravagé par les révolutions.
Nous lisons dans l’Union de Paris du 6 mars ;
Environ cent trente-cinq Canadiens sont arrivés hier soir à Paris, se rendant à Rome. Tous sont de beaux hommes, d’un air calme et martia}, et paraissent appartenir aux classes aisées et instruites de la société. Leur uniforme, qui n’est que pour le voyage et pour rendre la discipline plus facile, est d’un aspect sévère et élégant à la fois. Tous portaient le sac militaire, mais pas d'armes. Dans les rues où ils passaient, le public se rassemblait et l’on s’interrogeait sur l’origine de ces uniformes inaccoutumés. Les Canadiens répondaient en trèsare français, et avec beaucoup de politesse, aux questions qu’on leur adressait.
On lisait dans le Journal de Paris du 7 mars :
nd 4 ee de cent trente-cinq Zousves Pontificaux, venus du Canada, Paris hier, se rendant ? Rome. On a pu les voir hier matin, mr à la hâte les principar”. monuments de la capitale française,
en attendant le rt du co”, voi qui devait les transporter à
Ce sont, pour la Leurs, des Joanne peus eÿ L'aux meilleures familles canadiennes, des avocats, des é ts, es collégiens, et j'ai même retrouvé i eux, non sans mg ge 2 journalistes, De plus, ils sont tous des militaires de Québec et de Montréal. ils sont militairement, ce ghre vodguhe gage co Pggacetigg on suce y 224 siens, pendant qu ils se rendaient à la gars de Lyons à pied et
ee me, 'ertholique M Louis Vou:ll illot, dans Fe cu ges à L'Unisrrs. du 6 mars :
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Sulpice, ils ont traverst la ville, drapeau en tête. Ils portent un uniforme et sont déjà organisés militairement. CG sont tous des enfants de famille de noble mine et de très-belle prestance. Ils servent à leurs frais, leur voyage ni leur service ne coûteront rien au trésor pontifical ; le comité catholique canadien a pourvu à tout.
Ils se sont donné des chefs pour le voyage. Celui qui les commande, M. Taillefer, membre distingué du barreau de Montréal, est un homme remarquable par sa vigueur et sa gravité, Leur tenue est d’ailleurs parfaite. Il suflit de les voir pour reconnaitre des gens de bien qui font une œuvre de bien. Le grand sentiment qui les anime se lit sur leurs visages,
Le vénérabie évêque de Montréal, après les avoir bénis, leur a donné deux aumôniers, dont l’un est chanoine de la métropole, Leur voyage a été jusqu'ici constamment heureux. Sur mer, le temps a été si beau qu'ils ont pu avoir la messe tous les jours. Il se louent de la bienveillance &t de la sympathie qu'ils ont rencontrées partout, En Canada, leur passage à travers chaque village était véritablement un triomphe, On leur présentait des adresses toutes vibrantes des plus mâles accents de la tendresse, de l’honneur et de la foi. Nous donnons plus loin une des pièces éloquentes. On y verra que ces généreux enfants sont vraiment le cœur de la noble sation qui les envoie.
C’est un spectacle auquel Paris ne devait pas s'attendre, de voir passer une troupe de croisés. Cependant les voici.
Terminons ces reproductions par quelques extraits d’un article q'ii a été publié vers la même date dans la Semaine des Familles, revue dirigée par M. Nettement.
Nous avons vu arriver les volontaires canadiens en France, et nous avons dit l’accueil sympathique que ces nouveaux auxiliaires du Saint- Siége ont partout reçu ; les lettres et les journaux du Canada nous les les montrent au départ. Rien de plus intéressant que les détails que nous y trouvons sur l'enthousiasme de Montréal à la vue de ces braves gens, dont on peut dire, comme des Horaces, qu’ils portent en eux l’âme de tout un peuple. Le collége de Ste. Marie de Montréal a été le nid d’où cette volée d'aiglons est partie. C’est à Montréal que s’est formé le Comité Canadien qui a fait un appel à la foi et au dévouement des catholiques pour fournir aux frais de cette nouvelle croisade : nous en trouvons la preuve dans les paroles que nous extrayons de l'adresse que les cent trente-sept Zouaves, déjà rar à bord du Saint-Laurent, ont fait remettre aux membres du Comité : « Le Canada a répondu avec enthousiasme à l'appel qui lui a été fait par les principaux catholiques de Montréal, etc. »
Ah! si la grande traäition de la langue française se perdait chez nous sous l’avalanche des idées faur+ ° et des sentiments mauvais, nous savons maintenant où il faudrai : : ‘er chercher, Non-seulement le Canada a conservé le dépôt des 82... 3 doctrines, mais il parie la langue du dix-sepiième siècle,
L'écrivain raconte ensuite les cérémonies qui ont accompagné le départ des Zouaves : le discours de Monseigneur d’Anthédon, la bénédiction du drapeau, le ser-
ment des nouveaux croisés, leur communion générale, puis leur voyage à New-York et l’accueil extrêmement sympathique qu’ils y ont reçu de la part de la population catholique. L'auteur conclut son article par ces paroles si vraies et si religieuses :
Que dites-vous de ces scènes? Ne remuent-elles pas profondément le cœur? Ne parlent-elles pas à tous les sentiments généreux de l'âme? Ne vous produisent-elles pas l'effet d'un religieux et héroïque Sursum corda? Des deux côtés de l'Atlantique les catholiques s’entendent et se répondeut, Ce n’est pas sans raison que la grande voix qui s'élève à Rome envoie sa bénédiction à la ville et au monde (Urbi el Orbij. Le monde s'incline devant la bénédiction qui part de la ville éternelle, et quand le pasteur universe!des âmes est en péril, les secours lui viennent de tous les points de l’univers.
XXIL :